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Ce court métrage illustre à la perfection la peur du sexe et de la nudité

Après avoir tourné un an dans les festivals du monde entier, le court métrage Naked est enfin disponible sur la Toile. On a parlé avec son réalisateur de censure, nudité et Manif pour tous.

"À mesure qu’il s’enfonce dans les ténèbres, au cœur de la forêt, un groupe de chasseurs, accompagné d’un loup, s’approche à chaque pas davantage de la source du péché originel."

Voilà pour le scénario de Naked, un court métrage réalisé par Laurent Pratlong qui utilise, au cours de quatre minutes d'images, le procédé du slow motion. Son objet ? "La nudité et la censure, des thèmes qui raisonnent particulièrement en cette période troublée", nous précise le réalisateur.

L'idée de Naked, présenté dans des festivals comme Miami ou Cannes depuis un an, est venue à Laurent Pratlong lors du tournage d'un clip pour De la Romance :

"Je passais 6 à 10 heures par jour dans les marais et lorsque, tôt le matin ou tard le soir, j’apercevais les infos, j'y voyais des hordes de manifestants en colère arpenter les rues. C’était la Manif pour tous. Pas vraiment l’idée qu’on se fait d’un pays progressiste ayant connu sa libération sexuelle au siècle dernier. La France semblait plutôt compter, comme beaucoup de pays du monde, son lot de barbares, apeurés et donc dangereux."

"Un manifeste pour ceux qui ont peur des fesses"

Le réalisateur a alors envie de réaliser un film illustrant de manière littérale ce "sentiment de peur vis-à-vis du sexe et de la nudité. Une sorte de conte, doté d’un rendu très pictural et chargé d’éléments symboliques. Un manifeste pour ceux qui ont peur des fesses". Mais pas seulement : Laurent Pratlong entend interroger le spectateur sur la manière dont le corps devient un sujet à part entière : où se situe-t-il, entre quelles frontières ? Est-il présenté de manière naturelle , sexy ou sexiste ?

Côté mise en forme, voilà ce qu'il en dit : 

"Je trouvais intéressant de réaliser un film narratif intégralement en slow motion pour contrôler au maximum l’impact de chaque plan, et renforcer l’aspect pictural de l’ensemble. J’ai donc effectué un découpage extrêmement précis, que nous avons mis en image avec mon story-boarder Philippe Auger. Nous avons tourné les 25 plans de Naked en une nuit, dans la forêt de Sénart illuminée par 40 kilos de lumière."

Par Louis Lepron, publié le 09/03/2016

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