Quand des armes destinées au cinéma sont remilitarisées

Selon Le Parisien, des armes neutralisées destinées au départ au cinéma font l'objet d'un trafic important en France et en Europe. 

Capture d'écran du film Lord of War d'Andrew Niccol.

Capture d'écran du film Lord of War d'Andrew Niccol.

Des pistolets Walther pour 15 euros, des fusils Norinco pour 250 euros ou encore des AK-47, fameuse kalachnikov,  pour moins de 400 euros... Voilà ce que l'on peut trouver parmi les merveilles proposées sur le site Internet de la compagnie slovaque AFG Security.

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Ces "pièces uniques d'une valeur historique qui rappellent les célèbres batailles de guerre ou des anciens régimes gouvernementaux" ont été modifiées par des spécialistes afin de les rendre non létales, au grand bonheur des collectionneurs et metteurs en scène avides de proposer à leurs acteurs de vraies armes, devenues inoffensives, comme le rappelle le site Internet :

Les armes à feu que nous vendons sont d'origine neuves ou utilisées par les forces armées du monde entier. Elles ont été réarrangées afin d'être utilisées pour pratiquer le tir pour le plaisir ou la reconstruction des combats.

Dans l'article du Parisien, on apprend également que les armes vendues ont une acoustique très similaire au bruit produit par la détonation d'une arme létale. On comprend alors encore mieux l'intérêt pour les metteurs en scène et collectionneurs de se procurer ces armements neutralisés devenus factices pour une utilisation en toute sécurité.

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Capture d'écran du site AFG Security.

Capture d'écran du site AFG Security.

Des armes remilitarisées

Malheureusement, ces armes font régulièrement l'objet d'une remilitarisation, nous apprend Le Parisien. En effet, une fois retapés et remis dans le circuit, ces engins de guerre se vendent trois ou quatre fois plus cher et surtout permettent à nouveau de tuer. Une vaste opération de police menée par Europol a donc été déployée afin de stopper ce trafic, qui aurait permis à Amedy Coulibaly, auteur de la tuerie de l'Hyper Casher, porte de Vincennes, de s'armer...

Si désormais AFG Security n'a plus le droit de vendre en France et que plus d'une centaine d'armes ont été retrouvées, de nombreuses remilitarisées sont encore en circulation en Europe. S'il est impossible de connaître le nombre de ces armes qui circulent actuellement selon les sources du Parisien, reste à espérer qu'elles ne tombent pas entre de mauvaises mains.

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Par Anaïs Chatellier, publié le 06/07/2015

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