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30 ans après, les archives du procès de Klaus Barbie sont ouvertes au public

Publié le

par Théo Mercadier

Ces archives doivent permettre à la recherche, mais aussi au grand public, de revivre ces neuf semaines d’audiences hors normes.

C’est probablement l’un des procès les plus retentissants du siècle passé. Il y a trente ans, Klaus Barbie, chef de la Gestapo lyonnaise, était reconnu coupable de 17 crimes contre l’humanité au terme d’un procès aussi historique que médiatisé. Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité le 4 juillet 1987, il mourra en prison quatre ans plus tard. Le procès Barbie, c’est aussi celui de la collaboration, du nazisme en France, de l’inhumanité la plus totale.

Un héritage lourd mais nécessaire au travail de mémoire. C’est pourquoi les ministères de la Justice et de la Culture ont annoncé que les archives des audiences sont rendues publiques et accessibles à la recherche. Si, comme le souligne Le Figaro, les archives filmées étaient déjà visibles depuis mars dans une exposition au Mémorial de la Shoah, à Paris, depuis ce 4 juillet, l’ensemble des documents, y compris les actes de procédures, est désormais ouvert au public.

Le procès de Klaus Barbie avait en effet été filmé, à l’instar d’autres grands procès, comme ceux de collaborationnistes tristement célèbres comme Paul Touvier et Maurice Papon, rappelle Le Monde. L’ouverture au grand public de ces archives judiciaires doit permettre de "favoriser toujours davantage le travail de mémoire […] de progresser dans la connaissance de ce procès aussi retentissant qu’emblématique" et de "lutter contre le révisionnisme et l’oubli", est-il écrit dans un communiqué du gouvernement. Les pouvoirs publics ont d’ailleurs décidé d’avancer de 45 ans l’ouverture de ces archives.

Le "Boucher de Lyon"

"La communauté juive de Lyon n’a pas oublié les milliers de déportés sous le règne de Klaus Barbie", peut-on entendre dans un reportage réalisé le jour de l’ouverture du procès, en mars 1987. À la tête de la Gestapo de Lyon, le tortionnaire de Jean Moulin avait en effet organisé de sang-froid la rafle de milliers de personnes. Le 6 avril 1944, il commandite ainsi celle de 44 enfants juifs à Izieu, ainsi que de leurs sept instructeurs, tous déportés dans les camps de la mort. Le télégramme de commandement, venu directement de Klaus Barbie lui-même, constituera la pièce maîtresse de l’accusation et prouvera qu’il savait pertinemment le sort qui attendait les victimes, souligne Le Point.

Les audiences avaient déjà été longuement décrites par Alain Jakubowicz, actuel président de la Licra. À l’époque, il était avocat du Consistoire israélite de France et du Comité de coordination des communautés et organisations juives de Lyon, qui figuraient parmi les principales parties civiles. Un témoin rare de ces neuf semaines d’audiences, dont il a méticuleusement retranscrit les grandes lignes sur son blog. Aux férus de droit comme aux autres, on ne saurait trop conseiller de se plonger dans ce pan d’histoire.

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