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Pour démontrer l'absurdité des propos de Trump, des architectes réalisent son projet de mur en 3D

Afin de démontrer l'absurdité et la mégalomanie du grand mur anti-immigration voulu par Donald Trump à la frontière américano-mexicaine, un cabinet d'architectes l'a réalisé de façon virtuelle en suivant à la lettre les propos du candidat républicain. 

Estudio 3.14 est un studio de design et un cabinet d'architectes mexicain basé à Guadalajara, dans l'État de Jalisco. L'un de leurs derniers projets, intitulé "The Prison Wall" (le mur de la prison), consiste à reprendre ironiquement au pied de la lettre les propos de Donald Trump sur la construction d'un mur séparant les États-Unis du Mexique. Une frontière que le candidat républicain à l'élection présidentielle souhaite "impénétrable", "grande", "belle", "puissante". Un groupe de stagiaires du cabinet d'architectes s'en est donc donné à cœur joie pour donner vie à ce "rêve" républicain.

"Nous nous sommes basés sur les déclarations de Donald Trump, sur les aspects économiques, financiers et environnementaux sur lesquels nous nous sommes interrogés. Bien que cela ne soient que des déclarations verbales, en tant qu'architectes et designers nous avons la capacité d'imaginer et d'interpréter ce que Trump dit, et nous sommes convaincus que si nous pouvons donner à voir aux gens le résultat, ils pourront mieux évaluer ses propos et la perversité de son projet", expliquent-ils dans des propos rapportés par le site Designboom.

Le mur de la honte poussé à son paroxysme

Souvent qualifiée de "mur de la honte" (à l'instar de la plupart des édifices de ce type existants ou ayant existé), la clôture États-Unis-Mexique est actuellement longue de 1 300 kilomètres, pour 5 mètres de haut, rehaussée de 1 800 tours de surveillance, et surveillée par 18 000 hommes.

Une structure que le candidat républicain souhaite étendre à plus de 3 000 kilomètres s'il accède à la présidence, allant même jusqu'à évoquer sa surélévation de 20 mètres en février 2016. Des calculs et des coûts approximatifs qu'il évaluait alors à 10 milliards d'euros quant les experts tablaient plutôt autour de 23 milliards d'euros en dehors des frais de maintenance et de surveillance.

Une projet probablement irréalisable donc, et dont le but est d'enrayer le flux de millions d'immigrants mexicains sans-papiers. Un projet hors-norme que le cabinet d'architecture a souhaité pousser à son paroxysme en imaginant une frontière-prison où les immigrants illégaux seraient détenus pour financer le mur. Ils ont ainsi extrapolé les idées de Donald Trump, selon qui le Mexique doit mettre la main au portefeuille :

"La prison serait entièrement autosuffisante, avec ses unités de sécurité, son administration, ses infrastructures de santé et ses fabriques de textile où les immigrants travailleraient jour et nuit gratuitement pour financer la construction du mur en seulement seize ans", explique le cabinet d'architectes.

Un scénario fascisant qui souhaite surtout mettre en exergue la relation potentiellement malsaine entre architecture et politique et montrer comment celle-ci peut parfois donner vie aux pires projets mégalomaniaques.

Par Jeanne Pouget, publié le 21/10/2016

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