#Calexit : après la victoire de Trump, la Silicon Valley rêve de sécession

Au lendemain de l'élection américaine, plusieurs investisseurs de la Silicon Valley ont revitalisé le mouvement indépendantiste californien.

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Social Network (© Sony Pictures Home Entertainment)

Les noms ont beau différer sur les fils de discussion – on utilise le hashtag #Calexit, #Califrexit ou #Caleavefornia –, l'idée reste la même : alors que l'accession de Trump au poste suprême menace le secteur de la haute technologie, la Silicon Valley californienne se prend à bruisser au souffle d'un alizé sécessionniste. Territoire profondément démocrate (61 % des Californiens ont voté Clinton), la Californie est l'État le plus riche du pays : son PIB, de 2400 milliards de dollars en 2015, la place au sixième rang des économies mondiales (onzième rang si l'on prend en considération le coût de la vie). Trump, qui souhaite à la fois réduire l'embauche de main-d'œuvre étrangère qualifiée (le programme de visa H-1B) et taxer les produits de la haute technologie importés de Chine pour forcer ses acteurs (Apple en première ligne) à assembler leurs produits aux États-Unis, y est méprisé et craint. À raison : comme le résume TechCrunch, la présidence Trump n'annonce rien de bon pour l'industrie de la high-tech. Cet été, une centaine d'entrepreneurs de la Silicon Valley avaient cosigné une lettre ouverte contre la candidature de Trump, décrivant son accession au pouvoir comme un "désastre pour l'innovation".

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"La chose la plus patriote à faire"

Fort de ce constat, certains acteurs de l'industrie ont donc opté pour une solution radicale : une campagne indépendantiste. Avant même les premiers résultats, Shervin Pishevar, investisseur d'Uber et cofondateur d'Hyperloop, annonçait sur Twitter son projet de financer "une campagne légitime pour que la Californie devienne sa propre nation". Une fois la défaite de Clinton actée, Shervin Pishevar renchérissait au micro de CNBC, précisant que la nouvelle nation serait baptisée New California et que l'indépendance serait "la chose la plus patriote à faire".

Si l'initiative de Shervin Pishevar est encore bien marginale, l'investisseur a néanmoins trouvé quelques soutiens : le business angel Jason Calacanis, par exemple, ou le député californien démocrate Evan Low, qui tweetait qu'il "explorerait l'introduction d'un projet de loi pour la sécession de la Californie", précisant "#jerigolemaisenfaitnon". Selon CNNMoney, d'autres figures du secteur commencent à se rallier à l'initiative. Au-delà de son aspect un brin délirant, le projet de Shervin Pishevar rejoint une campagne lancée en 2015, la Yes California, qui vise à lancer un referendum sur l'indépendance en 2019, basé sur le modèle catalan. Et si des figures de la Silicon Valley rallient le mouvement, celui-ci devrait voir son exposition médiatique exploser. Pour autant, peu importe le nombre ou le poids des soutiens, il semble difficile d'imaginer un scénario dans lequel la Californie, moteur économique des États-Unis, accéderait à l'indépendance. La Silicon Valley doit plutôt s'attendre à vivre des années compliquées.

Par Thibault Prévost, publié le 10/11/2016

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