AccueilÉDITO

Après la claque de la défaite, le Parti socialiste repart en campagne contre le Front national

Publié le

par Théo Mercadier

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a annoncé le lancement d'une vaste campagne nationale de soutien à Emmanuel Macron. L'objectif affiché : battre l'extrême droite au second tour.

"C’est une lourde défaite, nous l’assumons" : le patron du Parti socialiste (PS) ne se voile pas la face, à quoi bon ? En récoltant seulement 6,3 % des suffrages exprimés, Benoît Hamon n'a pas pu éviter à sa famille politique la défaite annoncée de longue date. Mais avec le Front national aux portes du pouvoir, pas le temps de panser les plaies. L'heure est à l'action, et les socialistes comptent bien peser de toutes leurs forces dans la balance électorale pour faire barrage à la xénophobie mortifère de Marine Le Pen. Deux semaines, c'est ce qu'il leur reste pour sillonner la France et faire campagne pour son adversaire, Emmanuel Macron.

"Nous allons nous lancer pour faire triompher la République le 7 mai prochain, a ainsi déclaré Jean-Christophe Cambadélis. Dans quelques heures, un tract sera publié à 4 millions d’exemplaires, plusieurs centaines de milliers d’affiches seront imprimées et placardées partout en France, des milliers de porte à porte et des centaines de réunions seront organisées par nos élus et militants tout au long des deux prochaines semaines."

"Qui pour battre madame Le Pen ?"

Loin de la torpeur post-défaite qui frappe habituellement les équipes des candidats malheureux, le PS fait donc le choix de battre à nouveau la campagne, et ce même sans candidat. Un déploiement de moyens révélateurs de l'inquiétude que soulève le Front national, a fortiori quand sa candidate finit à la seconde place du premier tour avec 21,53 % des voix. "Le Front national est un danger pour la République et pour la France et donc bien entendu pour les Français", dénonce le premier secrétaire du PS : "Le FN est un péril, ce n’est pas uniquement par rapport à son passé, ou à ce qu’il fait au présent dans les collectivités, c’est aussi et surtout par rapport à l’avenir qu’il nous promet."

Un avenir que seul Emmanuel Macron semble aujourd'hui en mesure de conjurer, selon Jean-Christophe Cambadélis. "Le 7 mai prochain je voterai, nous voterons pour Emmanuel Macron", affirme-t-il ainsi dans son communiqué, fidèle à la tradition du front républicain à laquelle s'est toujours vouée le PS, aussi bien aux élections locales que nationales. "Je le ferai sans hésiter, sans détour et surtout sans condition, comme nous l’avions fait pour Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen".

Car entre le père et la fille, quelle différence ? Aucune, à en croire le chef du PS, plus que jamais décidé à mobiliser son parti pour faire barrage à l'extrême droite dont il dit craindre la "xénophobie", et sa traduction dans les urnes. "Il est vrai qu'aux lendemains du Brexit, de l’élection de Trump et sur fond de montée générale du nationalisme en Europe, chacun se demande si le tour de la France n’est pas venu". Pas si le front républicain nous prouve, une fois de plus, que la société française refuse de confier son avenir au parti de l'obscurantisme.