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Après cinquante ans de guerre civile, les Farc ont (enfin) rendu leurs armes

Publié le

par Théo Mercadier

Une cérémonie qui a entériné la fin de ce long processus de paix en Colombie.

Ce sont cinquante-trois ans de conflit meurtrier qui prennent fin ce mardi 27 juin. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) ont en effet rendu leurs armes, conformément à ce qui était prévu par l’accord de paix ratifié en novembre 2016. Actuellement stockées par la mission de paix de l’ONU, les 7 132 armes à feu seront fondues et remodelées en trois monuments : un à New York, un autre en Colombie et le dernier à Cuba, l’île ayant servi de zone d’accueil pour les négociations, comme le rappelle Le Monde.

Sur Twitter, le chef de la guérilla a dit ressentir "une grande émotion et de grandes attentes". Rodrigo Londoño, alias Timochenko, était arrivé la veille par hélicoptère pour participer à la cérémonie officielle, qui s’est tenue à 17 heures (heure française) en compagnie du président colombien, Juan Manuel Santos. "Le désarmement marque le début d’une nouvelle Colombie qui avance vers la paix. Merci à la mission de l’ONU pour son soutien et son travail", a tweeté ce dernier, qui avait reçu le prix Nobel de la paix en 2016.

Guérillas, forces de l’ordre, narcotrafiquants, bandes mafieuses et paramilitaires se sont affrontés sans répit pendant plus de cinquante ans, meurtrissant toute une population : 7,1 millions de déplacés, 260 000 morts et au moins 60 000 personnes portées disparues. Le retrait du conflit de la plus importante guérilla marxiste laisse donc espérer le début d’une nouvelle ère pour la Colombie.

Une amnistie totale pour certains membres des Farc

Mais ce retour au calme n’est pas du goût de tout le monde. Le 17 juin dernier, une bombe explosait dans les toilettes d’un centre commercial de la capitale, Bogota, tuant sur le coup trois personnes et en blessant une dizaine d’autres. L’attentat ciblait délibérément les populations urbaines et est vu par beaucoup comme une volonté de déstabiliser l’ensemble du processus de paix. Les villes ont en effet massivement voté pour le "non" au référendum d’octobre 2016, à l’occasion duquel les Colombiens devaient s’exprimer sur la réintégration des Farc dans la société. Malgré tout, le processus de paix a suivi son cours, mais un tel événement pourrait faire basculer ces millions de personnes dans une opposition franche et hostile.

Les membres des Farc qui se sont rendus coupables de crimes de guerre seront jugés par une juridiction spéciale créée pour l’occasion. Les autres bénéficieront d’une amnistie totale et auront alors le choix entre s’intégrer à la société civile ou participer à la création d’un parti indépendant. Un congrès est prévu pour le mois d’août, avec en ligne de mire l’élection présidentielle de 2018.

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