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Après Charlottesville, le maire de New York décide d’enlever tous les "symboles de haine" dans sa ville

Publié le

par Cyrielle Bedu

Dont une plaque en l’honneur du maréchal Pétain, située à Broadway.

Aux États-Unis, les manifestations racistes de Charlottesville n’en finissent plus d’émouvoir les politiques américains de tous bords. Ces derniers sont en effet de plus en plus nombreux à se désolidariser de Donald Trump, considéré comme trop complaisant avec les manifestants néonazis et les suprémacistes blancs.

Certains politiques ont même décidé d’aller plus loin que la simple condamnation des propos du président américain. Le maire de New York, Bill de Blasio, a par exemple annoncé le 17 août sur Twitter qu’il ferait retirer "tous les symboles de haine" se trouvant actuellement dans sa ville. À Charlottesville, c’est en effet l’annonce du déboulonnage d’une statue controversée qui a déchaîné les passions : celle du général Robert Lee, chef des armées confédérées pendant la guerre de Sécession, fervent partisan de l’esclavage et personnage aujourd’hui iconique des mouvements d’extrême droite américains.

Pétain célébré à Broadway

"Après les violents événements de Charlottesville, New York City va passer en revue pendant 90 jours tous les symboles de haine présents dans la ville", tweete ainsi Bill de Blasio.

"L’hommage au collaborateur nazi Philippe Pétain, situé sur la promenade 'Canyons of Heroes', sera le premier retiré."

Car oui, le maréchal Pétain a une plaque en son honneur sur un trottoir du quartier de Broadway… Cette plaque, installée en 1931 à l’occasion d’une visite de Pétain à New York, rend hommage aux actions "héroïques" du maréchal pendant la Première guerre mondiale. En 1940, soit neuf ans après la pose de cette plaque, Pétain devenait pourtant le dirigeant de la France de Vichy et collaborait ouvertement avec le régime nazi. Sa plaque n’a jamais été retirée. À côté de celle-ci, toujours à Broadway, on peut également trouver un hommage à Pierre Laval, autre figure française de la collaboration avec l’Allemagne nazie.

Depuis 2013, il n’existe plus de rue portant le nom du maréchal Pétain en France métropolitaine. Il en existe cependant encore toujours une douzaine aux États-Unis.

"Des vauriens"

D’après le New York Post, c’est un groupe "d’experts et des leaders communautaires" qui décidera des critères à prendre en compte pour retirer les plaques, statues ou monuments d’hommage se trouvant à New York. Ce sont ces mêmes personnes qui recommanderont aussi les hommages à enlever.

"Les symboles de haine évidents et douloureux, tels que des statues ou des plaques commémorant des collaborateurs nazis ou des partisans de l’esclavage sont diamétralement opposés à tout ce que notre ville défend", justifie au New York Post Dov Hikind, membre de l’Assemblée de l’État de New York. "Les statues et les plaques dédiées aux vauriens n’ont pas leur place dans l’espace public à New York".

Pour le président Donald Trump, les récents efforts pour retirer les statues de personnages historiques controversés, dont ceux de la Guerre Civile américaine, sont cependant "stupides". Le 17 août, le président américain indiquait ainsi sur Twitter :

"C’est triste de voir l’histoire et la culture de notre grand pays être déchirées avec le retrait de nos belles statues et de nos beaux monuments."

"On ne peut pas changer l’histoire, mais on peut en tirer des enseignements. Robert E Lee, Stonewall Jackson - qui sera le prochain ? Washington, Jefferson ? C’est tellement stupide !"

"Et la beauté qui a été retirée de nos villes et de nos parcs nous manquera, elle ne sera jamais remplacée de la même façon".

À lire -> "Des gens très bien des deux côtés" : indignation après la volte-face de Trump sur Charlottesville

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