Apple accusé de supprimer délibérément la musique de certains iPod

Apple se trouvait devant la justice américaine mercredi 3 décembre, attaqué par des utilisateurs d'iPod. Ceux-ci accusent le constructeur d'avoir, pendant des années, délibérément supprimé leur musique dès lors que celle-ci était téléchargée sur un site concurrent d'iTunes.

Les plaignants affirment qu'Apple aurait supprimé leur musique pour étouffer la concurrence.

Les plaignants affirment qu'Apple aurait supprimé leur musique pour étouffer la concurrence.

On dirait qu'Apple aime souffler le chaud et le froid sur ses clients. Après avoir agacé les possesseurs d'iPod et d'Ipad en septembre dernier en les forçant à télécharger le dernier album de U2, la marque à la pomme se trouve accusée d'avoir fait exactement l'inverse, nous apprend un blog du Wall Street Journal.

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Des utilisateurs ont porté plainte mercredi contre la multinationale. Selon les avocats des clients furieux regroupés en class action, Apple aurait, entre 2007 et 2009, systématiquement effacé la bibliothèque musicale de leurs iPod, lorsque ceux-ci contenaient de la musique téléchargée à partir de services concurrents.

Selon l'avocat Patrick Coughlin, la suppression des données avait lieu pendant la synchronisation d'un iPod avec le service iTunes. Apple affichait alors un message d'erreur priant l'utilisateur de restaurer les paramètres d'usine de son appareil. Quand celui-ci s'exécutait, l'opération entraînait alors l'effacement de tous les fichiers musicaux provenant de sites concurrents.

Devant la cour de justice d'Oakland (Californie) mercredi, l'avocat n'a pas mâché ses mots quant aux intentions supposées d'Apple, reprochant à la firme d'avoir "décidé d'offrir [à ses clients] la pire expérience utilisateur possible et d'envoyer valser" leurs musicothèques. Et d'ajouter que la manœuvre a été conçue par Apple de façon à "cacher aux utilisateurs l'origine du problème". Près de huit millions d'utilisateurs seraient concernés.

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Apple ne voulait pas "embrouiller" les utilisateurs

Apple se défend en affirmant que les suppressions de données étaient de simples mesures de sécurité, rapporte le Wall Street Journal. Devant les juges, le directeur de la sécurité informatique d'Apple, Augustin Farrugia, a justifié le flou du discours de la firme, en affirmant que celle-ci ne voulait pas "embrouiller" les utilisateurs en leur donnant trop d'informations, et que les nombreux cas de piratage avaient rendu le constructeur "vraiment paranoïaque" concernant la protection d'iTunes.

Un argument que les plaignants n'entendent pas de cette oreille. Selon eux, Apple a tout simplement voulu étouffer sa concurrence et les obliger à dépenser plus d'argent sur iTunes. Ils réclament ainsi 350 millions de dollars (environ 285 millions d'euros) de dommages et intérêts. Une somme que les lois antitrust américaines, qui sanctionnent la concurrence déloyale, pourraient faire tripler.

Par François Oulac, publié le 05/12/2014

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