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L’apparition d’un trou gigantesque en Antarctique interroge les scientifiques

Publié le

par Jeanne Pouget

La polynie de Weddell, le 25 septembre 2017. (©EARTHDATA/NASA)

Une mystérieuse cavité de 80 000 km2 découverte dans l’Antarctique laisse les scientifiques sans voix.

La polynie de Weddell, le 25 septembre 2017. (© Earthdata/Nasa)

Un trou gigantesque qui s’étend sur l’équivalent du territoire belge a été découvert en mer de Weddell, en Antarctique, grâce aux satellites des chercheurs de la région. Mais les scientifiques peinent à en expliquer la cause. Ce phénomène rare a pourtant déjà été observé sur le continent de glace dans les années 1970.

Ce trou est une polynie, c’est-à-dire une zone au milieu de la banquise qui reste libre de glace ou couverte d’une très fine couche de glace et pouvant atteindre plusieurs milliers de kilomètres carrés. Leur formation serait due à un processus thermodynamique qui survient quand de l’eau dont la température est supérieure au point de congélation remonte à la surface. Ce qui entraîne une diminution de la production de glace, voire son interruption malgré le froid. 

Elles jouent un rôle important dans l’écologie de l’océan et offrent une zone d’eau libre aux mammifères marins et aux ours polaires qui ne migrent pas durant l’hiver.

"Si nous n’avions pas de satellites, nous n’aurions pas su qu’il était là"

On trouve ces mystérieux trous en Arctique et Antarctique, et particulièrement dans la région de la mer de Weddell. Celui-ci intrigue en particulier, car il est "profondément enfoui dans la banquise", selon le professeur Kent Moore, interrogé par le site Motherboard :

"C’est à des centaines de kilomètres du bord de la banquise. Si nous n’avions pas de satellites, nous n’aurions pas su qu’il était là."

S’il est tentant d’attribuer ce trou gigantesque au réchauffement climatique, les chercheurs se veulent pour l’instant prudents. Mais ils envisagent néanmoins un impact de cette polynie sur les océans dans le futur.

La bonne nouvelle est que les scientifiques disposent désormais des outils et des données nécessaires pour approfondir leurs travaux sur le phénomène, contrairement à ce qui s’était passé après la découverte de la polynie en 1974, qui n’avait pas donné lieu à des études très poussées.

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