Comment Anonymous a corrigé le Ku Klux Klan sur son propre terrain

La guerre 2.0 est déclarée. Le mouvement de cyberactivistes a lancé des attaques contre des sites du triple K avant de pirater son compte Twitter officiel, l'humiliant au passage. 

Anonymous a déclaré la guerre au Ku Klux Klan après que ce dernier a menacé de mort les personnes souhaitant manifester à Ferguson, dans le Missouri, où un policier a abattu Michael Brown, jeune afro-américain de 18 ans, le 9 août dernier. Oui, des menaces de mort, annonçant qu'il utiliserait la "force létale" contre les pacifistes.

Et rien de mieux qu'Internet, le terrain de jeu préféré du mouvement hacktiviste, pour remettre en place le "groupe terroriste" et "raciste" né aux États-Unis, comme le qualifie Anonymous.

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Une définition qui colle parfaitement aux agissements du KKK, qui prône la suprématie de la "race" blanche sur les autres "races" : un appel à la haine, tout simplement, que ce soit envers les Noirs, les Asiatiques, la communauté Arabe, mais aussi les Hispaniques. Ça en fait beaucoup, surtout si on ajoute à tout cela l'antisémitisme, l'anticatholicisme, l'homophobie, la xénophobie des "Klansmen".

En plus de ses actions sur le terrain – comme avoir brûlé des églises et écoles fréquentées par des Noirs –, il suffit d'aller jeter un oeil sur son compte Twitter officiel – @KuKluxKlanUSA – pour se rendre compte de la virulence du groupe, entre tweets et retweets :

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"À notre tour de jouer avec vous"

Son compte Twitter, justement. C'est sur ce terrain-là que le Ku Klux Klan, d'abord serein, a été humilié par Anonymous. Tout a commencé par quelques échanges entre un compte appartenant à des membres d'Anonymous et le compte officiel du triple K :

"Vous avez déconné avec nous, c'est maintenant à notre tour de jouer avec vous", avait lancé Anonymous Australie, auquel le KKK a répondu : "Bien, nous vous attendons <:)".

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L'assurance du Ku Klux Klan a pris un sacré coup quand dimanche 16 novembre, Anonymous a pris le contrôle de son compte Twitter, comme il l'avait prévu. Entre quelques attaques contre plusieurs sites appartenant à l'organisation extrémiste – mettant notamment hors service "kkk.com" –, les hackers ont balancé un premier tweet :

Vous auriez dû nous voir arriver. #OpKKK continue d'être un succès. La liberté prévaudra.

Anonymous se lance alors dans une petite enquête, annonçant dès le lendemain et toujours sur le Twitter du KKK avoir démasqué la personne qui gère ce compte :

Sur la base des messages directs envoyés et reçus par ce compte, nous pouvons confirmer que ce compte a été géré par un membre officiel du Klan.

Ils en ont profité pour dévoiler l'identité de plusieurs membres du triple K et certaines de leurs photos privées au passage. Il suffit de taper le mot-clé #HoodOFF ("faire tomber la capuche", en réponse au #HoodON des Klansmen) sur Twitter pour s'en rendre compte.

"Que la cyberguerre commence"

Le lendemain, mardi 18 novembre, Anonymous publie un communiqué pour expliquer ses actes, noir sur blanc. Et aussi pour répondre à ceux qui ont qualifié leur intervention de "menace pour la liberté d'expression", comme le rapporte The Guardian. Voici le communiqué publié par Anonymous :

Nous ne vous attaquons pas pour ce en quoi vous croyez, puisque nous croyons en la liberté d'expression. Nous vous attaquons parce que vous menacez d'utiliser la force létale contre nous dans les manifestations de Ferguson.

Le Ku Klux Klan est un groupe terroriste. Ses membres ont le sang de milliers d'êtres humains sur les mains. Le KKK n'a plus le droit d'exprimer ses opinions racistes.

Voilà qui est dit. "Que la cyberguerre commence. Nous sommes légion. Nous n'oublions pas. Nous ne pardonnons pas." Et voilà qui est redit.

Enfin, pour terminer en beauté (et en douceur), les vengeurs masqués ont donné encore plus d'ampleur à la fessée 2.0 qu'ils ont publiquement infligée au Ku Klux Klan :

Et finalement, voici une licorne 🙂

Par Rachid Majdoub, publié le 20/11/2014

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