featuredImage

Amazon-Killer, l'extension qui veut sauver les libraires

Pour riposter face à Amazon, il y a l'extension Amazon-Killer. Un outil Internet tout bête afin de redécouvrir le plaisir de consommer de la littérature en librairie.

Oui, Amazon écrase les librairies. Petits prix, catalogue quasi-exhaustif, plus besoin de sortir de chez soi... le géant américain de la vente met peu à peu les librairies indépendantes en péril – et rappelle, comme certains l'ont déjà dit, que le politique ne peut pas tout.

Les Inrocks nous rafraichissent la mémoire : en juin, le gouvernement a tenté d’intervenir pour les protéger avec une loi interdisant les frais de port gratuits. En guise de réplique, Amazon a tout simplement fixé son tarif de livraison à 1 centime d’euro.

Pourtant, on peut assez aimer la littérature pour avoir envie de se rendre là où on la vend. Envie de sentir à nouveau l'odeur de papier vieilli d'une librairie ? De découvrir de vos yeux les découvertes proposées en tête de gondole par le tenancier du lieu ? De toucher de vos doigts les couvertures des ouvrages convoités ? Dans ce cas, faites confiance à Amazon-Killer. Cette extension pour Google Chrome (à télécharger ici) est sans doute la meilleure riposte à l'entreprise de Jeff Bezos. Justement parce qu'elle utilise sa plateforme. On vous explique.

D'Amazon à la librairie

Et c'est tout bête. Après installation, il suffit d'aller sur Amazon et de choisir le livre de votre choix. Au hasard, La Mort de Bunny Munro de Nick Cave. On clique sur l'icône de l'extension et elle nous envoie depuis Amazon sur le site Place des Libraires, sur lequel vous apprendrez que des dizaines de librairies de par la France peuvent vous vendre en mains propres cet ouvrage.

De quoi se familiariser avec l'extension Amazon-Killer dans cette très courte vidéo explicative :

Cette extension Chrome est le fruit du travail d'un jeune homme qui n'a rien d'un inconnu : Elliot Lepers, ancien présentateur de l'émission L'Oeil de Links, "activiste-designer" et derrière le projet Macholand.

Aux Inrocks, il explique ce qui l'a poussé à trouver la parade face à l'hydre Amazon : "Paris est la ville d’Europe où il y a la plus grande densité de libraires, et c’est là qu’on achète le plus sur Internet. Les libraires n’ont plus que quelques années à vivre."

Au bout d'un moment, c'était tout simplement un peu fort pour lui. Aussi, les frais de port à un centime d'euro proposés par Amazon l'ont mis "hors de [lui]". Il poursuit :

J’ai trouvé ça d’une telle mauvaise foi que j’ai voulu chercher un moyen d’ajouter ma pierre, j’ai codé ce truc basique, je l’ai mis sur une plateforme de partage de développeurs. Et puis, il y a une semaine, je l’ai publié sur mon Facebook. Je ne pensais pas que ça prendrait aussi bien. Ça révèle une vraie volonté de se battre contre Amazon.

"Aussi rapide que soit Amazon, il ne vous livre que le lendemain"

Pourtant, de son propre aveu, il n'a pas eu besoin de déplacer des montagnes pour affronter Amazon. Comme il le raconte à l'hebdomadaire, il en serait le premier surpris :

C’est assez drôle, je n’ai pas fait grand-chose. Il y a une base de données, celle de la Place des Libraires, et il y a Amazon. J’ai juste fait un petit pont entre les deux. Il y a aujourd’hui une volonté affichée par les commerçants en ligne d’être les plus rapides, les plus pratiques. Mais si on prend le métro, en moins d’une heure on a son bouquin. Aussi rapide que soit Amazon, il ne vous livre que le lendemain.

Toujours selon Les Inrocks, le syndicat des libraires français se réjouit d'une telle initiative et ceux des autres pays de l'UE auraient déjà contacté Elliot Lepers afin d'envisager la possibilité d’étendre ce service partout en Europe.

Par Théo Chapuis, publié le 29/12/2014

Copié