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Allemagne : Mark Zuckerberg visé par une enquête pour incitation à la haine

Le directeur de Facebook est actuellement visé par une enquête en Allemagne, son réseau social étant accusé de véhiculer des messages racistes et des appels au meurtre.

Il n'y a pas qu'en France qu'un climat hostile règne sur les réseaux sociaux. L'Allemagne, qui a accueilli 800 000 réfugiés en 2015, est également victime de ce phénomène de libération de la parole raciste et xénophobe. Face à l'urgence de la situation, un avocat allemand, Chan-jo Jun, a décidé de déposer une plainte contre Mark Zuckerberg et neuf autres dirigeants du réseau social, pour incitation à la haine raciale. Pour appuyer sa plainte, il a compilé 438 messages potentiellement incriminants : appels au meurtre explicites, aux violences contre les étrangers, négationnisme...

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Il les accuse notamment de ne pas s'investir suffisamment dans le contrôle des messages haineux pourtant régulièrement signalés par des internautes vigilants. En mai, le réseau social avait promis à la Commission européenne, aux côtés de Twitter et YouTube, de tout mettre en œuvre pour limiter la portée publique des commentaires haineux. Leur objectif annoncé était alors de traiter ces commentaires dans les 24 heures suivant la signalisation. Un engagement dont il semble aujourd'hui qu'il soit loin d'être devenu une priorité pour Facebook. Une enquête des autorités fédérales allemandes a ainsi démontré qu'en 2016, seuls 46 % des messages signalés avaient effectivement été supprimés.

Prise de conscience allemande

La plainte vise spécifiquement Mark Zuckerberg, et non sa société, car en Allemagne le statut de "personne morale" n'existe pas pour une entreprise, à l'inverse de la France. En cas de plainte, c'est donc la direction de l'entreprise qui est visée. Selon le code pénal allemand, l'incitation à la haine à l'encontre d'une minorité est passible de 5 ans de prison.

L'enquête n'en est qu'à un stade préliminaire, mais le parquet de Munich précise que, pour l'instant, il cherche seulement à savoir si un "agissement pénalement répréhensible peut être identifié" et surtout si "le droit allemand peut s'appliquer". Cela n'avait pas été le cas lors des dernières plaintes déposées, pour la même raison, par Chan-jo Jun.

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"Contre la haine anti-réfugiés : Bild met les haineux de Facebook au pilori !"

En 2015, le journal Bild, l'un des plus lus d'Allemagne, avait publié son propre mur de la honte : en une du journal, les profils Facebook et adresses des personnes ayant tenu des propos de ce genre sur les réseaux sociaux. Une action coup-de-poing qui avait attiré l'attention de l'opinion publique sur la question.

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Par Théo Mercadier, publié le 07/11/2016

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