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Sachez-le : certains alcools mettent de pires gueules de bois que d'autres

Publié le

par Thibault Prévost

Si la quantité d'alcool consommée influe sur la gueule de bois, sa qualité aussi : plus l'alcool est distillé, moins fort sera le mal de tête du lendemain.

Vous le saviez pourtant, en achetant ce cubi de pinard poussiéreux dégoté tout en bas du rayon que vous alliez le regretter le lendemain, comme chaque premier de l'An. Oui, vous le saviez, et vous y repensez maintenant avec amertume, à moitié comateux sous vos draps, trois cachetons de citrate de bétaïne ingurgités, la bassine précautionneusement posée au flanc du lit tandis qu'un orchestre philharmonique  joue à pleine puissance entre vos tempes. Tout est de votre faute. Et le pire, ce n'est même pas que vous avez trop bu (bon, d'accord, peut-être), mais que vous avez mal bu. Car en alcool aussi, la qualité est plus importante que la quantité.

À l'occasion de la Journée mondiale de la Gueule de bois nouvelle année, Quartz nous rappelle les quelques certitudes scientifiques collectées au fil du temps par les chercheurs pour comprendre son origine et son fonctionnement. Techniquement, la gueule de bois (ou "veisalgie") est une manifestation physique, relativement bénigne, du manque d'alcool. Elle débute lorsque le taux d'alcool dans notre sang commence à décroître et atteint son paroxysme lorsque l'alcool a totalement disparu de notre système. La fonction diurétique de l'alcool contribue à nous déshydrater – si vous ne respectez pas la sacro-sainte règle d'un verre d'eau pour chaque verre consommé –, ce qui aggrave les symptômes.

Saloperies de congénères

Enfin, le principal suspect de la gueule de bois s'appelle l'éthanal, qui est le résultat de l'éthanol transformé par notre corps. C'est lui qui serait responsable des vomissements, du mal de crâne et des suées que vous ressentez peut-être en lisant cet article (si c'est le cas, courage, et hydratez-vous). Et c'est là que la qualité de l'alcool consommé entre en jeu, car l'éthanal fait partie d'une famille de composés chimiques appelés congénères, issus de la fermentation. Comme l'a montré une étude danoise de 2006, plus un alcool possède de congénères, plus il est susceptible de vous filer une barre mémorable le lendemain.  Et ça tombe bien, puisque c'est aussi l'un de critères (mais pas seulement) qui différencient la piquette plastifiée que vous venez d'acheter (un peu honteusement) d'un romanée-conti.

Côté liqueur, tout se joue sur le type et le nombre de distillations, avec un équilibre subtil à trouver entre le raffinage de l'alcool et la protection de son goût. Enfin, les congénères sont responsables de la teinte foncée de certains alcools, comme le whisky ou le vin rouge, qui sont donc plus susceptibles de vous faire mal le lendemain que les alcools "blancs" – à qualité égale, s'entend.

Enfin, d'autres critères rentrent en jeu dans la propension d'un alcool à être "mauvais", comme les bulles : comme le prouvent deux études successives s'attardant sur le champagne et le cocktail vodka-soda (avec de petits échantillons, cela dit), les alcools ou cocktails gazeux vous enivreront plus vite, mais la gueule de bois sera plus violente. Si, malgré tout, vous continuez à vous entêter à boire de grandes quantités de tord-boyaux mêlés à des sodas premier prix tout en répétant à l'envi que boire de l'eau, c'est tricher, rappelez-vous qu'un bon repas et une bonne hydratation vous permettront d'écourter les conséquences de votre irresponsabilité. Une bonne fois pour toutes : il-n'y-a-pas-de-remède.

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