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En Afrique du Sud, des drones pour repérer les requins dangereux près des plages

Publié le

par Théo Mercadier

Des drones permettent aujourd'hui de surveiller plus efficacement les plages sud-africaines et d'éviter la multiplication d'attaques potentiellement mortelles.

Salut toi ! (© Hermanus Backpackers/Wikimedia CC)

L'Afrique du Sud a connu 393 attaques de requins depuis 1900. Tous les étés, les touristes se ruent vers ses plages idylliques, tout comme les requins, attirés par la chaleur des eaux. En 2015, huit personnes ont ainsi frôlé la mort, ce qui place le pays à la troisième place du classement des pays les plus touchés par les attaques de requins, derrière l'Australie (18) et les États-Unis. Mais un nouveau programme mené conjointement par l'ONG Shark Spotters et l'entreprise high-tech weFix pourrait bien réduire ce nombre à zéro (ou presque), rapporte le site Quartz.

Grâce à des drones, il est à présent possible de surveiller les zones les plus susceptibles de subir des attaques de requins et d'éviter des drames. Pour l'instant, seules les plages de Muizenberg et Fish Hoek, très fréquentées pendant la saison touristique (d'octobre à février) sont concernées par le programme.

Sur la plage, une équipe surveille avec des jumelles les eaux proches de la côte. Dès qu'un requin est repéré, un drone est envoyé sur place pour vérifier si le requin représente une menace potentielle. "Il est déjà arrivé qu'on croit voir un grand requin blanc alors qu'il s'agissait en fait d'un requin cuivre, qui n'est pas dangereux pour l'homme", explique Alex Fourie, PDG de weFix. De fausses alertes qui obligeaient alors les secouristes à évacuer toute la plage pour rien.

Délit de sale gueule

WeFix s'est par ailleurs réjouie des facilités permises par la législation sud-africaine, assez floue sur la question des drones. Dans des pays comme les États-Unis ou la France, particulièrement sévères à l'encontre des petits robots volants, de tels programmes pourraient mettre des années avant d'être acceptés, voire être tout simplement recalés.

Ce n'est pourtant pas la première fois que des drones sont utilisés pour faciliter la tâche des secouristes en milieu marin. La société américaine Flirtey a par exemple mené à bien des tests pour alimenter en médicaments et produits de première nécessité des bateaux échoués à plusieurs kilomètres de la côte, ou des zones inaccessibles (juste après un tremblement de terre par exemple). Des usages qui vont donc beaucoup plus loin que le repérage des requins dangereux et qui promettent de toucher de nombreux autres secteurs à l'avenir.

De manière générale et d'un point de vue purement statistique, les requins ne représentent pas une menace très élevée pour l'homme. C'est surtout leur sale gueule et le caractère impressionnant des attaques qui marquent les esprits et font que beaucoup les considèrent (à tort) comme faisant partie des animaux les plus dangereux de la planète. En fait, seulement 10 personnes meurent chaque année à cause d'une de ces attaques. C'est 10 fois moins que les éléphants (100 par an) et 4 000 fois moins que le chien (4 000 par an). La première place de ce lugubre classement est largement tenue par le moustique, responsable de la mort de 725 000 personnes chaque année.

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