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Affaire Théo : 245 interpellations depuis le début des violences urbaines

Publié le

par Virginie Cresci

L'affaire Théo a déclenché des réactions et des heurts partout en France, notamment dans la banlieue parisienne. Depuis le 4 février, 236 personnes à travers la France ont été placées en garde à vue.

© Pixabay

Treize jours après la violente interpellation de Théo à Aulnay-Sous-Bois, 245 personnes ont été arrêtées à la suite des violences urbaines qui ont eu lieu dans toute la France. Parmi elles, 236 ont été placées en garde à vue, selon un décompte du ministère de l'Intérieur, communiqué à l'AFP mardi 14 février.

Théo avait pourtant appelé au calme depuis son lit d'hôpital, quatre jours après les faits. Alors que les voitures brûlaient et que les policiers tiraient à balles réelles à Aulnay-Sous-Bois, le jeune homme, victime d'une déchirure anale de dix centimètres provoquée par la matraque d'un policier, s'adressait à ceux qui auraient pu être tentés par la violence : "Ma ville, je l'aime beaucoup. Et j'aimerais bien la retrouver comme je l'ai laissée, s'il vous plaît les gars. Ce n'est pas la guerre, soyez unis, j'ai confiance en la justice."

Même si les habitants d'Aulnay-Sous-Bois ont entendu les mots de Théo, les violences urbaines se sont propagées dans tout le pays, notamment près de la capitale. À Paris et dans les trois départements de la petite couronne (Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne), 168 personnes ont été placées en gardes à vue pour "embuscade, violences volontaires sur personnes dépositaires de l'ordre public, dégradations volontaires ou participation à un attroupement armé". Plus concrètement : soit pour jets de projectile, soit concernant les 17 voitures qui ont été retrouvées brûlées. Dans le secteur parisien, 48 personnes ont été déférées devant la justice, dont 14 ont été incarcérées ou condamnées à de la prison.

"Il y a des cons parmi nous, comme il y a des cons chez les flics"

Face à ces émeutes qui rappellent celles de 2005, le rappeur Rohff a lui aussi lancé un appel au calme samedi dernier sur sa page Facebook. "J'appelle la jeunesse à respecter les propres volontés de Théo, c'est-à-dire cesser les émeutes", écrit celui qui a eu son lot de déboires avec la police. Il commence son post en évoquant un épisode de sa jeunesse en banlieue : "J'ai connu la bavure policière, j'en ai perdu une dent, et [j'ai eu] les yeux gonflés à 17 ans pour avoir voulu m'interposer et empêcher une autre bavure sur un copain."

Mais il appelle à ne pas faire de généralités : "Il y a des cons parmi nous, comme il y a des cons chez les flics", assène-t-il. Pour se faire entendre le rappeur ne mâche pas ses mots: "J'ai croisé des flics corrects et sympas, j'ose le dire, j'assume ! " Il a aussi rappelé la gravité des actes que les policiers sont soupçonnés d'avoir commis sur la personne de Théo, dont "la santé, la pudeur, la dignité, l'intimité, l'honneur ont été bafoués et violés".

Rappelons qu'un jeune homme s'était retrouvé dans le coma dans le cadre de la guerre des clans à laquelle s'était livrés Rohff et son ennemi numéro un, Booba.  Ce dernier a d'ailleurs lui aussi montré son indignation dans l'affaire Théo en postant sur Instagram le témoignage du jeune homme accompagné de sa devise "#Bamboulagang". Espérons que le message des deux rivaux du rap français soit davantage entendu que celui du ministre de l'Intérieur, Bruno Le Roux, qui a appelé au calme dans l'indifférence générale.

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