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Affaire Gregory : après sa mise en examen, Murielle Bolle reste en détention provisoire

Publié le

par Cyrielle Bedu

Après s’être resserrée autour de la grand-tante et du grand-oncle du petit garçon, tué en 1984 à l’âge de 4 ans, l’enquête s’est récemment recentrée sur Murielle Bolle, personnage clé de cette affaire. Ce mardi 4 juillet, cette dernière a été placée en détention provisoire, après avoir été mise en examen en juin pour "enlèvement suivi de mort". Près de trente-quatre ans après les faits.

Elle avait 15 ans à l’époque. Aujourd’hui âgée de 48 ans, Murielle Bolle restera donc en détention provisoire, après avoir été mise en examen en juin pour "enlèvement de mineur de 15 ans suivi de mort", dans le cadre de l’enquête autour de la mort de Grégory Villemin, comme l’a décidé mardi 4 juillet la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon.

En 1984, quelques semaines après la découverte dans la Vologne du corps du petit Grégory Villemin, 4 ans, Bernard Laroche, le cousin de Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, était rapidement devenu le suspect numéro un de cette affaire. Sa belle-sœur, Murielle Bolle, l’accusait en effet d’avoir tué l’enfant.

Selon les déclarations qu’avait faites l’adolescente à la police le 2 novembre 1984, son beau-frère Bernard Laroche était en voiture avec elle le jour du meurtre. En 2006, le colonel Étienne Sesmat, alors en poste dans les Vosges et auteur en 2006 d’un livre intitulé Les Deux Affaires Grégory, indiquait dans Libération :

"Elle avoue que Bernard Laroche l’attendait à la sortie du collège avec Sébastien [le fils de ce dernier, ndlr], et qu’il l’a fait monter à l’avant. Il a roulé jusqu’à Lépanges-sur-Vologne, l’a laissée seule un moment, puis est revenu avec un petit garçon coiffé d’un bonnet qu’il a mis à l’arrière. Il s’est arrêté ensuite dans le centre, puis après dans un autre village. Là, il a emmené l’enfant, puis il est revenu seul. Murielle Bolle a reconnu le lendemain qu’il s’agissait de Grégory en voyant sa photo dans le journal."

Les enquêteurs considèrent alors que l’alibi de Bernard Laroche ne tient finalement plus et estiment que la jalousie de Bernard Laroche envers la réussite sociale du père de Grégory – qui était contremaître, à l’âge de 26 ans, dans une usine de fabrication de pièces automobiles – pourrait avoir été un motif valable pour le crime. Bernard Laroche est donc inculpé pour assassinat et incarcéré le 5 novembre 1984, soit le lendemain des déclarations de Murielle Bolle.

Sauf que, comme l’indique le colonel Étienne Sesmat : "Plutôt que de mettre la gamine de 15 ans au secret, quitte à l’inculper pour non-dénonciation de crime, le juge Lambert [en charge de l’enquête, ndlr] a organisé une conférence de presse et a donné son nom."

Un cousin germain qui relance l’affaire

C’est là que résiderait l’une des principales erreurs de cette enquête, comme semble l’indiquer un témoignage reçu il y a peu par les policiers. Après la récente réouverture de l’enquête et la mise en examen en juin de Marcel et Jacqueline Jacob (oncle et tante de Jean-Marie Villemin) pour "enlèvement et séquestration suivie de mort", un cousin germain de Murielle Bolle aurait raconté aux policiers les violences que celle-ci aurait subies de la part de son entourage, après avoir dénoncé Bernard Laroche.

Si l’on en croit ce nouveau témoignage, ce serait donc dans ce contexte qu’au lendemain de l’inculpation de ce dernier, Murielle Bolle se serait rétractée en déclarant avoir menti à la police. Sous la pression des avocats de Bernard Laroche, celui-ci sera finalement libéré le 4 février 1985, avant d’être abattu d’un coup de fusil par le père de Grégory, qui croyait dur comme fer en sa culpabilité.

Interrogée par les enquêteurs en charge du nouveau volet de l’enquête, Murielle Bolle a nié en bloc l’existence de ses violences. C’est pourtant ces présumées pressions qui ont motivé en juin sa mise en examen en juin et, ce mardi 4 juillet, le maintien de sa détention provisoire.

À lire -> On vous aide à vous y retrouver dans l’affaire Grégory

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