CHERNOBYL, UKRAINE – APRIL 07: Sign of radioactive danger in front of « red forest » in the Chernobyl Nuclear Power Plant within the Exclusion Zone. The name « Red Forest » comes from the ginger-brown colour of the pine trees after they died following the absorption of high levels of radiation from the Chernobyl accident on 26 April 1986. In the post-disaster cleanup operations, the Red Forest was bulldozed and buried in « waste graveyards ». The site of the Red Forest remains one of the most contaminated areas in the world today. At the same place new trees have grown. (Photo by Vitaliy Holovin/Corbis via Getty images)

Après un accident nucléaire qui se serait produit en Russie, un nuage radioactif a survolé l'Europe

Les grandes agences de surveillance de la radioactivité en Europe rapportent avoir détecté une forte quantité de ruthénium 106 dans l’atmosphère. Leurs soupçons se portent vers la Russie, qui dément cependant tout incident nucléaire.

À Tchernobyl, en Ukraine, en 2016. (© Vitaliy Holovin/Corbis via Getty images)

Fin septembre et début octobre 2017, des particules radioactives très inhabituelles (du ruthénium 106) ont été détectées par plusieurs réseaux de surveillance de pays européens. Les experts s’accordent pour dire que cette pollution atmosphérique radioactive viendrait de Russie, dans une zone située entre la Volga et l’Oural, et aurait été causée par un accident qui aurait eu lieu lors de la dernière semaine du mois de septembre.

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L’origine des traces de ce radioélément dans l’air reste donc floue, mais elle n’est clairement pas naturelle. Les scientifiques penchent pour un accident au sein d’une usine de retraitement de combustibles usés, ou dans une unité de fabrication de sources radioactives. De son côté, la Russie rejette toute responsabilité et ne souhaite pas prolonger le débat.

14 pays européens concernés

Les investigations menées en Europe ont montré qu’au moins 14 pays dans l’est et le sud-ouest du continent, dont la France, ont détecté la présence de ce radioélément dans l’air. Sur les 400 mesures collectées, la valeur la plus élevée s’élève à 0,15 becquerel par mètre cube d’air et a été enregistrée le 30 septembre en Roumanie.

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Dans l’Hexagone, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a relevé, entre le 27 septembre et le 13 octobre, de très faibles dépôts dans ses stations de La Seyne-sur-Mer (Var), Nice et Ajaccio. Le niveau le plus haut, de 46 microbecquerels par mètre cube d’air, a été mesuré à Nice entre le 2 et le 9 octobre, rapporte Le Monde.

Ces taux sont "sans conséquences pour l’environnement et pour la santé", rassure l’IRSN, qui ajoute que ces traces ont disparu en France depuis le 13 octobre. Si les experts s’accordent à dire que les taux de ruthénium 106 relevés en Europe sont trop faibles pour avoir des conséquences sur la santé et l’environnement, ces particules pourraient être potentiellement dangereuses pour les populations riveraines de leur zone d’origine.

Une contamination durable des sols sur la zone de l’accident

Les simulations menées par les chercheurs évoquent des rejets compris entre 100 et 300 térabecquerels, (de 100 à 300 milliers de milliards de becquerels).

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"[Une] quantité colossale. À titre de comparaison, elle est 375 000 fois supérieure au rejet annuel maximal autorisé de la centrale nucléaire de Cruas [Ardèche]", note Bruno Chareyron, le directeur du laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) dans les colonnes du Monde.

Des rejets d’une telle importance nécessiteraient donc de mettre en œuvre des mesures de protection des populations sur un rayon de plusieurs kilomètres. D’autre part, les denrées alimentaires sur une dizaine de kilomètres autour du point de rejet pourraient être fortement contaminées, car le ruthénium 106 est "un produit de fission qui, une fois retombé au sol et sur le couvert végétal, va induire une contamination durable", ajoute Bruno Chareyron.

Une information qui risque de ne jamais arriver aux populations concernées, puisque apparemment "personne" n’est responsable…

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Par Jeanne Pouget, publié le 13/11/2017

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