(c) Première Ligne / Arte

À voir : le documentaire d’Arte qui épingle et déglingue Starbucks

Un film sans appel, sans filtre et sans édulcorant.

(© Premières Lignes/Arte)

Temple du café, royaume du wifi, antre du cool et carrefour de l’équitable : c’était à peu près l’image que l’on avait, jusque-là, de la célèbre enseigne servant des cafés dans d’immenses gobelets personnalisés. Mais ça, c’était avant. Avant la diffusion de Starbucks sans filtre, un documentaire d’Arte de 90 minutes, diffusé hier soir sur la chaîne de télé et disponible sur Internet jusqu’au 26 octobre prochain.

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Starbucks, un empire ? On s’en doutait déjà. Les chiffres, étourdissants, le confirment au fil de l’enquête : une nouvelle enseigne ouverte toutes les 15 heures, 28 000 enseignes réparties sur 75 pays, 350 000 employés, 5 euros le café en moyenne, bénéfice net de 2,88 milliards de dollars en 2017. Voilà pour l’arithmétique.

Starbucks, on s’en doutait moins, est aussi un empire criblé de zones sombres.

Les conditions de travail peuvent y être très éprouvantes. Le groupe raffole d’optimisation fiscale (surtout en France, où des stratagèmes créatifs lui permettent de payer ses impôts en Suisse et en Hollande). Le sucre et le gras saturent ses produits. Les politiques d’acquisition immobilière sont ultra-agressives. Le café n’est pas si équitable que ça et toutes les diableries marketing sont bonnes pour booster le panier moyen des clients.

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Il aura fallu six mois d’enquête et deux mois d’infiltration en caméra cachée à Premières Lignes (la boîte de production derrière le docu, également connue pour le magazine Cash Investigation), pour dresser ce constat sans touillettes ni édulcorants.

Et si le making-of de l'enquête vous intéresse, nous vous recommandons d’écouter Luc Hermann, producteur et coréalisateur du documentaire, au micro de France Inter.

Par Pierre Schneidermann, publié le 29/08/2018

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