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À la Fashion Week, une mode engagée se dresse face à Trump

Publié le

par Perceval Vincent

En réaction à la présidence Trump, le monde de la mode s'engage et le montre sur les podiums de la Fashion Week à Londres comme à New York, en attendant Paris.

Il y a d’abord eu les hordes de bonnets roses aux oreilles de chat lors de la Women’s March, puis les badges "Fashion stands with Planned Parenthood" en soutien au planning familial portés un peu partout, même par Anna Wintour ! Il y a aussi eu les bandanas blancs, symboles d’unité et de fraternité lancés par le site spécialisé The Business of Fashion. Le monde de la mode est bel et bien là, plus mobilisé que jamais.

Avec des défilés engagés tournés vers des valeurs fondatrices telles la solidarité, la tolérance, la liberté et la diversité, la première Fashion Week de l’ère Trump prend un tour très politique. Du coup, à travers les T-shirts brodés de motifs engagés que l'on voit apparaître aux quatre coins des podiums, c’est la figure d'une femme au poing levé – façon Amel Bent – qui se dresse contre la politique misogyne et excluante de Donald Trump.

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Et à ce jeu on retrouve deux types de créateurs :

  • Ceux qui affichent clairement la couleur avec des messages directement brodés ou imprimés sur leurs créations.
  • Ceux qui préfèrent la subtilité avec des collections plus ouvertes sur la diversité.

La panoplie du parfait contestataire sera donc composée d’une casquette rouge "Make America New York" (faire de New York l’Amérique) de Public School et d'un T-shirt "People are people" (les gens sont des gens) de Christian Siriano.

Mais elle se devra surtout de rendre hommage à Prabal Gurung, qui obtient clairement la palme de l’engagement en plaçant la diversité et la femme au centre de sa collection. Tout dans son défilé est destiné à exprimer ses convictions : de la musique, avec une reprise d'"Imagine" de John Lennon, aux créations brodées de slogans, jusqu’aux mannequins ayant des formes. Porter un T-shirt "I am immigrant" (je suis immigré) ou "The future is female" (le futur est féminin) devient donc le summum de l’élégance.

Petit conseil d'ordre éthique et économique : vous pouvez acheter le T-shirt "Future is Female" original chez Otherwild, un business géré par des femmes qui reverse 20 % de ses revenus au Planning familial.

Avis aux plus timides, les sœurs Olsen ont pensé à tout pour le défilé de leur marque The Row, en brodant discrètement sur les manches de leurs chemises de petits messages révélant, tel un murmure au creux de l’oreille, un soupçon de Hope (espoir) ou d’Unity (unité). Les plus extravertis, adeptes de strass et paillettes, opteront pour les slogans colorés d'Ashish

Première femme nommée à la tête de la direction artistique de la maison Dior, Maria Grazia Chiuri relève le défi en plaçant sa première collection sous le signe du féminisme. Et dans la mode, qui dit engagement dit T-shirt. La créatrice s’est donc empressée d’imprimer un "We should all be feminists" (nous devrions tous être des féministes) sur fond blanc. Attention, cette jolie édition limitée a un coût : 550 euros l’engagement féministe, tout de même.

Souvent pointé pour son manque de représentation des minorités, le milieu de la mode profite de cette vague militante pour panser ses plaies... Désormais, les podiums s’ouvrent à plus de diversité, avec des mannequins plus âgées, rondes et de couleur. À  la Fashion Week de New York, la top plus size Ashley Graham a par exemple illuminé le défilé Michael Kors. Idem pour Candice Huffine chez Prabal Gurund.

À Londres, la créatrice irlandaise Simone Rocha a quant à elle fait la différence sur l’âge en invitant des vedettes des années 1970-80 à défiler pour son show. Verdict : une femme peut être aussi sexy à 73 ans qu'à 20 ans.

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