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À cause d’une conversation Facebook offensante, Harvard révoque dix étudiants admis

Publié le

par Mélissa Perraudeau

© Harvard University

De nouveaux admis à l’université d’Harvard en ont été exclus avant même le début de l’année scolaire. Ils s’échangeaient des mèmes racistes, misogynes et violents sur Facebook, s’amusant du viol ou de la mort d’enfants.

© Harvard University

Ce lundi 5 juin, le journal de l’université d’Harvard a révélé des faits sans précédents dans l’histoire du prestigieux établissement. Ce qui avait commencé en décembre 2016 par un groupe Facebook classique entre nouveaux admis pour faire connaissance, appelé Harvard College Class of 2021 (qui compte plus de 1 500 membres), a donné naissance à une discussion privée digne de 4chan.

Il y avait en premier lieu une discussion au sein du groupe général, où les étudiants pouvaient partager des blagues et des mèmes bon enfant, puis certains ont ouvert un autre chat, celui-ci dédié à un contenu plus "radical". Il s’est à un moment appelé "Harvard memes for horny bourgeois teens" ("mèmes d’Harvard pour jeunes bourgeois en chaleur"), avant de devenir "General fuckups" ("merdes générales").

"Le groupe s’amusait du viol, de l’Holocauste ou de la mort d’enfants"

Numerama rapporte que "le groupe s’amusait du viol, de l’Holocauste ou encore, de la mort des enfants". Les étudiants y partageaient des mèmes racistes, misogynes, violents… et avaient instauré un rite de passage : pour être invités, les "prétendants" devaient publier un mème offensant dans la discussion générale. Leurs plaisanteries ont cependant fini par être rapportées à Harvard, qui les a contactés par mail mi-avril en leur demandant des explications sur leur comportement. Et les sanctions sont tombées une semaine plus tard : les admissions d’au moins dix étudiants ont été révoquées.

Selon Le Monde, l’université prévient bien sur la page Facebook officielle de la promotion qu’elle se réserve "le droit de révoquer l’admission dans certaines circonstances", par exemple "si le comportement d’un étudiant admis remet en question son honnêteté, sa maturité ou sa morale". D’après un nouvel étudiant qui a été invité dans la discussion par un ami pour "voir ce qu’il s'y passait", les membres ont exprimé des remords après le mail envoyé par l’administration de l’université. Certains ont reconnu le "mauvais goût" des mèmes, et expliqué qu’ils étaient allés "trop loin".

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