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80 écoles britanniques autorisent les garçons à porter des jupes et les filles des pantalons

Publié le

par Olivia Cassano

Ces écoles ont décidé de revoir leur code vestimentaire pour permettre aux enfants transgenres de choisir l’uniforme qui correspond au genre auquel ils s’identifient. 

Les uniformes sont un calvaire pour les écoliers britanniques. Ces vêtements informes, qui démangent et ne mettent pas en valeur, sont difficiles à porter à un âge de rebellion et de recherche d’identité. Mais la frustration de ne pas pouvoir porter ce petit top en dentelle pour plaire à votre camarade de classe n’est rien à côté de celle que les enfants transgenres ressentent chaque matin en s’habillant.

Le gouvernement britannique a promis de se montrer plus sensible à ces enfants qui se posent des questions sur leur identité de genre. Dans cet élan, 80 "state schools" - ce qui correspond à nos écoles publiques - vont autoriser les garçons à porter des jupes et les filles à porter des pantalons.

(Photo:  Wales News Service)

Ces écoles ont soit abandonné les références au genre dans leur code vestimentaire, soit réécrit leurs règles concernant l’uniforme pour que les enfants puissent choisir celui dans lequel ils se sentent le plus à l’aise, dès l’âge de 5 ans. Il y a quelques mois, le Brighton College - qui accueille des élèves âgés de 11 à 18 ans - avait fait les gros titres : cet établissement a décidé de laisser les enfants transgenres choisir l’uniforme en fonction du genre auquel ils s’identifient.

Une tendance globale

L’industrie de la mode commence elle aussi à prendre en compte la fluidité du genre. Cette tendance se répand comme une traînée de poudre. Si des marques iconoclastes comme Comme des Garçons et Rick Owens font des vêtements qui ignorent les délimitations du genre depuis un certain temps, des marques de prêt-à-porter plus abordables comme Zara suivent désormais le mouvement.

Les environnements dans lesquels nous évoluons, comme l’école, ont une grande influence sur la construction de notre identité et les vêtements jouent un rôle crucial dans ce processus. Le docteur Jo Paoletti, qui est professeur à l’Université du Maryland et l’auteur de Rose et bleu : différencier les garçons des filles en Amérique, a expliqué à Quartz que les enfants utilisaient les vêtements pour s'inventer différents rôles :

"Les vêtements ont cette propriété intéressante que nous découvrons étant enfants que nous n’avons pas à être tout simplement quelqu’un et le rester. Tu peux être une personne différente - un autre toi - tous les jours."

Si l’industrie de la mode, malheureusement connue pour son manque de diversité, est capable de s'ouvrir aux gens qui n’ont pas l’impression de rentrer dans une catégorie pré-définie, alors une institution comme l’éducation peut probablement faire la même chose.

Traduit de l’anglais par Hélaine Lefrançois.

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