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4 stylistes de l’Académie des beaux-arts d’Anvers à surveiller de près

Publié le

par Dora Moutot

Les 2 et 3 juin, les étudiants en mode de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers faisaient défiler leurs créations. L’occasion de se renseigner sur les nouveaux talents "Made in Antwerp" !

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

La réputation de l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers n’est plus à faire. Cette prestigieuse école de mode a une liste d’anciens élèves que bien d’autres écoles pourraient jalouser. Depuis une trentaine d’années, ses élèves ont réussi à inscrire la Belgique dans l’histoire de la mode et la cité flamande sur la carte des villes les plus "fashion" au monde.

De Martin Margiela à Vetements

Le designer Demna Gvasalia, qui se cache derrière la très branchée marque Vêtements (et qui est aussi designer chez Balenciaga), est sans doute l’ancien élève le plus célèbre de ces dernières années, mais il est loin d’être le seul grand talent à être passé par l’académie. De cette école, sont aussi sortis dans les années 1980, ceux que la presse aime appeler "les six d’Anvers" : Walter Van Beirendonck, Dries Van Noten, Marina Yee, Dirk Van Saene, Dirk Bikkembergs et Ann Demeulemeester. Les collections ultra conceptuelles de ces créateurs (issus de la même promo) donnent à l’époque une vraie claque au monde de la mode. Martin Margiela, sans doute le plus "intello" des designers de la planète mode, y a aussi été formé. Mais la liste des illustres anciens élèves ne s’arrête pas là : elle compte aussi Haider Ackermann, Kris Van Assche, ou encore Peter Pilotto – des designers à l’identité singulière qui ont réussi à monter des marques à succès.

Mais qui sont les petits nouveaux qui viennent tout juste d’obtenir leur diplôme ? Les 2 et 3 juin, 18 collections d’étudiants en master de mode ont défilé au Park Spoor Noord à Anvers, devant un public de plus de 4 000 personnes composé de professionnels et d’amis. Le jury comprenait notamment Glenn Martens (le designer derrière le label Y/Project) et le chanteur belge Stromae.

Konbini a assisté au défilé, dans le cadre du festival D.A.T.E., et en a profité pour sélectionner ses 4 designers préférés.

Iuliia Gulina

On a eu un véritable crush pour la collection 100 % décalée de Iuliia Gulina, une jeune Russe de 21 ans originaire de Saint-Pétersbourg. Sa collection, intitulée "My angel likes it rough", présentait des monstres bleus (et aux ongles d’orteils ultra longs), qui portaient des robes et des manteaux aux couleurs criardes et avec de très curieux imprimés.

Iuliia explique avoir été inspirée par l’art de Marliz Frencken, une artiste Néerlandaise connue pour ses sculptures provocantes de femmes."Son travail a vraiment été une grande source d’inspiration pour moi, son œuvre est très libre et choquante", détaille la créatrice, avant d’ajouter : "J’ai aussi été inspirée par la culture du cosplay et l’esthétique du bondage." Quant à ses montres, ils auraient été inspirés par "la culture asiatique", dit-elle sans plus précision : "Je voulais qu’ils soient à la fois romantiques, bizarres et élégants. J’écoutais beaucoup de Lana Del Rey et j’ai voulu reproduire cette atmosphère : cœur brisé mais romantique."

"Mon goût a beaucoup évolué lors de mes études à Anvers. J’aimais les jolies choses quand je suis arrivée, mais maintenant je trouve de l’inspiration dans les choses choquantes et même parfois laides", conclut-elle.

Vous pouvez la suivre sur Instagram : @iuliia_gulina.

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

Son moodboard

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

Rushemy Botter

Ce n’est pas la première fois que l’Antillais Rushemy Botter fait parler de lui. Sa collection de Bachelor avait été sélectionnée en 2016 par le site de mode Vfiles, ce qui lui avait permis de faire l’objet d’un défilé à New York, lors de la Fashion Week.

Sa collection de master, intitulée "Fish or fight", est une ode à Curaçao, l’île des Antilles dont il est originaire : "Je suis toujours inspiré par les gens là-bas. Que je sois chez moi ou en voyage, j’arrive toujours à distinguer quand quelqu’un est de Curaçao ou de la République dominicaine. Ils s’habillent toujours différemment." Une collection colorée, entre costumes et sportswear, et dans laquelle se mêlaient casquettes, filets de pêche et animaux marins gonflables !

Suivez son travail sur Instagram : @rushemybotter

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

Son moodboard

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

@ antwerp-fashion

Marta Twarowska

Intitulée "Hyperreal", la collection de Marta Twarowska s’inspire de ses souvenirs d’enfance dans la Pologne postcommuniste. "On n’avait rien à l’époque, les boutiques étaient vides, il n’y avait pas le choix. Dans toutes les maisons, il y avait exactement les mêmes tapis, les mêmes rideaux, tout était similaire. On peut considérer que tout était moche, mais je trouve de la beauté dans la laideur et dans les objets kitsch", nous explique-t-elle.

La créatrice s’est donc passionnée pour certaines techniques de couture populaire en Europe de l’Est, comme les smocks. "On fait généralement des coussins avec, mais j’en ai fait une collection", dit-elle. Marta fait un rapprochement avec les motifs du smock et l’effet visuel du cristal, qu’on retrouve dans ses masques. "Les masques sont inspirés des bols en cristal qu’on retrouve dans les intérieurs kitsch des grands-mères polonaises. En avoir est une sorte de trophée, de statut social", explique-t-elle. Elle cite aussi comme inspiration le travail de Lukasz Wierzbowski, un photographe qui shoote souvent dans des intérieurs polonais.

Pour la suivre sur Instagram, c’est par là : @martatwarowska

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

Son moodboard

(© Académie des beaux-arts d’Anvers)

(© Académie des beaux-arts d’Anvers)

Nastasia Fine

La collection de la Belge Nastasia Fine s’intitule "Enfant femme – objet amour". Ce titre résume assez littéralement sa collection, car les poupées ont été sa principale source inspiration : "Pour moi elles représentent l’esprit d’une femme qui a un corps d’enfant, mais il s’agit d’une femme qui peut aussi être très sexuelle." L’été dernier, avant de commencer à travailler sur sa collection, elle avait lu un livre sur l’artiste Hans Bellmer, un artiste connu pour ses poupées torturées aux poses équivoques. "Après l’avoir lu, il est devenu évident pour moi de travailler sur le sujet de la poupée", explique-t-elle.

La particularité de la collection de Nastasia réside dans les grands cols à froufrous, et surtout dans les mots et phrases poétiques qu’on peut lire sur ses vêtements. "Les broderies sont comme des petits messages. J’ai eu cette idée l’année dernière, après un voyage au Japon où j’ai vu des petits messages qui pendaient aux arbres. Ce sont ce qu’on appelle des 'arbres à souhait', 'arbres à empreintes' ou encore 'arbre à vœux'. J’ai tellement aimé l’idée que j’ai eu envie d’attacher des mots ou des souvenirs à mes vêtements", détaille la designeuse. Les phrases qu’elle a choisies viennent de chansons d’artistes qu’elle admire, tel que Damien Saez, After l’amour ou Alain Bashung.

Sur le plan technique, Nastasia fait ce qu’elle appelle de la "couture chirurgicale", l’idée étant de donner l’impression de réparer quelque chose. Elle a aussi utilisé les smocks, car cette technique lui rappelle l’enfance et l’innocence."Ma collection est une réflexion de mes émotions et de mon hypersensibilité", ajoute-t-elle.

Vous pouvez retrouver son travail sur Instagram : @nastasiafine.

(© Académie des beaux-arts d’Anvers)

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

Son moodboard

(© Académie des beaux-arts d’Anvers)

(© Académie royale des beaux-arts d’Anvers)

Pour découvrir la scène créative d’Anvers, rendez-vous sur le site et le compte Instagram du programme This is Antwerp. Pour suivre les étudiants de l’école de mode des beaux-arts d’Anvers, rendez-vous sur leur Instagram.

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