Vidéo : des humoristes égyptiens punissent les harceleurs de rue avec des œufs

En réponse au fléau du harcèlement sexuel que subissent les femmes dans leur pays, des humoristes égyptiens ont filmé des jeunes hommes avouant leurs comportements sexistes... pour les punir sur le coup en leur cassant un œuf sur la tête. 

Deux vidéastes, dont l'humoriste Shady Hussein, ont interrogé des jeunes hommes dans les rues du Caire sur la question du harcèlement sexuel que subissent les femmes dans les lieux publics en Égypte, en mode micro-trottoir. Pour ceux qui ont avoué avoir eu des mauvais comportements à l'égard des femmes, la punition a été immédiate : un œuf écrasé sur la tête.

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La vidéo ci-dessus a été publiée sur YouTube par l'équipe des Observateurs de France 24, le 29 septembre, et a déjà fait plus de 5 000 vues. La technique des vidéastes est simple : mettre en confiance les hommes interrogés pour qu'ils avouent leurs éventuels méfaits et, sans qu'ils s'y attendent, les punir dans la foulée. Une petite humiliation amusante qui renvoie toutefois au grave problème du harcèlement physique et moral que vivent les femmes en Égypte.

Une situation qui s'est dégradée

En 2013, un rapport des Nations unies a révélé que 99 % des femmes en Égypte ont été victimes au moins une fois de harcèlement sexuel. Même si depuis juin 2014 cette pratique est considérée comme un crime au yeux de la loi, le risque de prison n'arrête pas des hommes de vouloir toucher les femmes discrètement dans les transports en commun, ou au milieu des foules. Le réalisateur égyptien Mohamed Diab en a même fait un film en 2012, Les Femmes du bus 678, qui raconte le combat d'un groupe de femmes pour ne plus se laisser toucher sans rien dire. 

Dans la vidéo relayée par France 24, on se rend facilement compte que de nombreux jeunes Égyptiens ont l'habitude de se frotter aux femmes ou de les toucher sans leur accord. Les auteurs de ce micro-trottoir engagé ont donc décidé d'aller filmer les propos choquants que peuvent tenir ces hommes, afin de dénoncer ce phénomène trop commun dans leur pays. Cependant, l'un d'entre eux reconnaît que ce sont les hommes qui sont fautifs et échappe ainsi à l'œuf sur la tête. Espérons que cela augure un changement des mentalités.

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Par Bérénice Rebufa, publié le 04/10/2016

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