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3 choses à savoir sur la consommation de drogue en Europe

Publié le

par Arthur Cios

Le rapport 2016 de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) donne un aperçu de la consommation de stupéfiants à l'échelle de notre continent. On fait le bilan.

Comme tous les ans, l'OEDT a délivré son rapport sur l'état de la consommation de drogue en Europe. On y apprend que le marché ne fait que grossir, que le cannabis reste la substance majoritairement présente et que l'on observe une résurgence de l'ectasy/MDMA. Pas de réelles surprises, donc.

Néanmoins, les chiffres demeurent impressionnants, et inquiétants. Plus de 88 millions des Européens entre 15 et 64 ans ont déjà consommé des stupéfiants, soit plus d'un quart de la population globale. Retour en quelques points sur les aspects les plus significatifs de ce rapport.

1. Cannabis : la drogue la plus populaire

Il s'agit bien de la drogue la plus consommée par les Européens. Le rapport souligne que 51,4 millions d'hommes et 32,4 millions de femmes ont déjà fumé un joint, et 1 % d'entre eux en prendrait quasi quotidiennement. Pour les 16-34 ans, on parle de 16,6 millions de personnes.

Par ailleurs, le cannabis représente plus du tiers du marché des stupéfiants (38 %). Les trois quarts des saisies en Europe concernent cette même drogue. On constate enfin que cette dernière est de plus en plus forte, dans le sens où la teneur en THC (molécule principalement responsable des effets) ne fait que croître, entre 8 et 12 % pour la weed et 21 et 18% pour le shit.

2. "MDMA" : il y a une "résurgence"

La MDMA est, pour faire simple, une amphétamine qui est le principal composant de l'ecstasy. Cette dernière, qui se consomme aussi sous cette forme — en poudre en l'occurrence –, revient sur le devant de la scène depuis quelques temps. Associée au milieu de la nuit qui s'est fait connaître dans les années 1990, la MD talonne, en terme de consommation, la cocaïne.

Treize millions des 15-64 ans d'Europe en ont consommé, soit 4 % de cette tranche de la population donc, contre 5,1 % pour la cocaïne et 24, 8% pour le cannabis. Par ailleurs, parmi les 2,5 millions d'Européens à en avoir pris sur l'année 2015, 2,1 millions étaient âgés de moins de 35 ans. Une résurgence qui existe depuis plusieurs années déjà.

3. Héroïne, overdoses, et des "drogues légales"

Le nombre d'overdoses liées à la prise d'héroïne ou autres opiacés a augmenté en 2015, atteignant le nombre de 6 800 décès, principalement en Irlande, en Lituanie, en Suède et au Royaume-Uni où la situation est "préoccupante", pour l'OEDT. En Europe, on parle tout de même de 1,3 million de consommateurs dits "problématiques".

Autre souci de taille, les nouvelles substances psychoactives, ou NPS. Ces produits, pour la plupart issus de cannabinoïdes de synthèse, présentent de nouvelles "formules" qui ne sont pas encore interdites. En 2016, il y en aurait 560, dont une centaine seraient apparus en 2015.

Conclusion : un constat peu surprenant

Que nous apprennent ces chiffres ? Pas grand-chose en réalité. Il ne s'agit pas de minimiser les dommages et conséquences de tout cela, bien évidemment. La consommation et la part du cannabis dans le marché global de la drogue augmente depuis des années, et la résurgence de la MDMA est aussi un constat qu'on pouvait faire en 2015.

En revanche, le rapport souligne que, de plus en plus, la consommation de cette substance sort du cadre festif du monde de la nuit, s'étendant aux soirées en bar ou en appartement. Plus que la résurgence, ces nouveaux contextes en disent bien plus sur l'évolution de la prise de MDMA et de l'ecstasy.

Autre point à souligner, qui pourrait expliquer en partie l'augmentation d'une consommation globale : tandis que la qualité et la pureté des produits augmentent, les prix, quant à eux, auraient tendance à stagner, ce qui rendrait le tout plus dangereux et les luttes gouvernementales et institutionnelles plus difficiles.

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