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Le wifi gratuit s'invite (enfin) dans les lignes TGV

Publié le

par Thibault Prévost

Le 15 décembre, la SNCF lance son service de wifi TGV Connect sur la ligne Paris-Lyon, avant d'élargir l'offre à tout le réseau ferroviaire. Fin 2017, 80 % des lignes TGV proposeront le wifi gratuit. 

(© Taxiarchos228/Wikimedia/CC)

Ça y est, la SNCF entre de plain-pied dans le troisième millénaire – pas trop tôt, diront les mauvaises langues – et exauce le vœu prioritaire des usagers du rail en dévoilant, le 13 décembre, TGV Connect, son portail de navigation gratuite sur Internet dans les trains, via wifi. Comme annoncé par la SNCF sur son site officiel et par Guillaume Pepy, son PDG, lors d'une conférence de presse, TGV Connect sera disponible dès le 15 décembre sur 19 rames de la ligne Paris-Lyon, avant d'être progressivement déployé sur les trajets vers Bordeaux, Lille, Strasbourg, Rennes et Marseille. Fin 2017, prévoit la SNCF, 80 % du réseau sera équipé du service, ce qui nécessite de transformer plus de 300 rames de train.

Le wifi à plus de 300 kilomètres par heure, gratuitement, donc... mais lequel ? Car si la SNCF se plaît à nous rappeler les efforts titanesques qu'elle a accompli pour y parvenir (investissement de 100 millions d'euros, 124 kilomètres de fibre optique déployés et 18 000 antennes), elle ne nous précise pas vraiment à quelle qualité de service les voyageurs peuvent s'attendre. La solution technique retenue par l'entreprise est celle d'un signal 3G/4G en partenariat avec Orange, qui sera converti ensuite en wifi à l'intérieur du train et amplifié par des répéteurs, précise Numerama, ce qui offrira un débit de 80 Mo/seconde dans les parties les mieux desservies (soit une vitesse supérieure à celle de la 4G classique). L'investissement sera probablement amorti par la vente de publicités diffusées durant la navigation.

Une bonne nouvelle côté technique, d'autant que le portail permettra d'anticiper les baisses de débit de connexion ou d'obtenir des informations sur les incidents durant le trajet – la communication étant l'autre grand chantier de la SNCF. Enfin, précise le communiqué, tout le monde y aura accès, même dans les trains remplis, ce qui suppose 1 000 voyageurs simultanément (la capacité maximale d'un TGV). Les voyageurs n'auront qu'à se connecter à "_TGV_CONNECT" et s'identifier avec la référence de voyage à six lettres inscrite sur leur billet.

Lutte des classes

Très bien tout ça, mais on se doute bien qu'une entreprise qui a passé des années à monétiser son accès wifi ne va pas soudainement se mettre à  proposer un accès gratuit et illimité. Alors quid des données disponibles ? Selon le communiqué de la SNCF, TGV Connect permettra donc, en théorie, à n'importe quel usager de "passer plus d'une heure sur les réseaux sociaux ou envoyer 60 mails accompagnés de pièces jointes". Surprise : le client pourra "maîtriser sa jauge de consommation" de données... qui seront donc bien limitées. Nous y voilà.

Selon FrAndroid, la SNCF a donc tout prévu : les passagers de seconde classe, comme vous et moi, seront autorisés à dépenser de 200 à 500 Mo de données, tandis que ceux de la première classe auront le loisir de dépenser 1 Go de données. De même, le streaming sera pour le moment réservé aux voyageurs de première classe Pro. Les téléchargements d'applis seront dans tous les cas impossibles. La SNCF se justifie en expliquant qu'il y aurait plus de "professionnels" en première classe, qui ont des trucs autrement plus importants à faire que d'aller sur Facebook et devraient donc être prioritaires.

Une fois les lignes TGV équipées du portail, le déploiement continuera progressivement vers les lignes TER, avec un objectif de 90 % des trains équipés fin 2019. Allez, réjouissons-nous quand même : depuis le temps qu'on réclamait le wifi gratuit dans les trains...

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