Leonardo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street de Martin Scorcese (© Metropolitan / Paramount)

En 2015, les rémunérations des grands patrons français ont bondi de presque 20 %

Les patrons des 120 entreprises françaises les plus cotées ont touché 3,5 millions d'euros en moyenne en 2015, soit presque 20 % de plus qu'en 2014. 

Le Loup de Wall Street. (© Metropolitan FilmExport)

L'année dernière a été une excellente année pour le grand patronat français. Selon un rapport du cabinet de conseil aux investisseurs Proxinvest, paru la semaine dernière, les dirigeants des entreprises du SBF 120 (société des bourses françaises), l'indice des 120 entreprises françaises les mieux cotées en Bourse, ont touché en moyenne 3,5 millions d'euros d'émoluments annuels, toute forme de rémunération incluse – salaire, bonus, intéressement ou stock options. Les patrons du CAC 40 (les 40 entreprises en tête des cotations) ont eux touché 5 millions d'euros annuels en moyenne. Globalement, la rémunération des grands PDG français a bondi de 18 % en un an.

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Pour certains, la crise économique semble loin

Mieux : pour la première fois depuis 2005, les cinq "champions" du patronat ont touché au moins 10 millions d'euros annuels. Pour Olivier Brandicourt (Sanofi) – en tête avec ses 16,8 millions d'euros de salaire – et ses collègues, la crise économique de 2008 semble bien loin. Pourtant, précise Proxinvest, la Bourse de Paris (l'indice CAC 40) n'aura pas aussi bien progressé, augmentant de 8,5 %... quand les chiffres d'affaire cumulés et les bénéfices nets des entreprises concernées ont eux reculé respectivement de 3 et 11 %.

Une dernière donnée ? Les salaires de base des employés ont augmenté, eux, de 2,7 % – au lieu des 2,4 % prévus. Si l'augmentation de la rémunération des patrons français peut être perçue comme un signe de vitalité économique des entreprises, elle est aussi, au vu de son échelle, un indicateur d'augmentation des inégalités sociétales. À ce sujet, Proxinvest note que "la rémunération moyenne totale des présidents exécutifs du CAC 40 excède désormais la rémunération maximale socialement acceptable", définie à 240 fois le SMIC – soit 4,8 millions d'euros. Malgré les promesses de régulation du gouvernement et des entreprises elles-mêmes, la dérive se poursuit.

Par Thibault Prévost, publié le 15/11/2016

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