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Des scientifiques pensent avoir découvert 2 000 planètes au-delà de notre galaxie

Publié le

par Thibault Prévost

L’observatoire à rayons X Chandra de la Nasa, utilisé pour l’observation. Crédit: Nasa

À l’aide d’une nouvelle technique de détection, des chercheurs pensent avoir découvert près de 2 000 planètes, à 3,8 milliards d’années-lumière d’ici.

L’observatoire de rayons X Chandra, utilisé pour l’observation. (© Nasa)

Dans l’immensité de l’Univers, la présence de planètes est un événement relativement rare, pour ne pas dire rarissime. Tellement rare, en fait, que jusqu’ici, nous avons été bien incapables d’en repérer au-delà de notre bonne vieille Voie lactée.

On estime pourtant le nombre de galaxies à environ 150 milliards dans l’Univers connu, dix fois plus que ce que l’on imaginait jusque-là, chacune contenant potentiellement des centaines de milliards de planètes (comme c’est le cas dans la nôtre). Sans se lancer dans des calculs faramineux, ça laisse quand même pas mal de place pour observer des planètes extragalactiques, en théorie.

Eh bien en fait, non : les 4 000 exoplanètes découvertes jusqu’à aujourd’hui (en grande partie dans les deux dernières années) se baladent toute dans la même galaxie, au point qu’on pouvait légitimement se demander si le reste de l’Univers n’était pas complètement vide, seule la Voie lactée ayant réuni les conditions idoines pour former des corps planétaires. Cependant, une étude de deux astrophysiciens de l’université de l’Oklahoma, publiée le 7 février, semble apporter un élément de réponse en annonçant la potentielle observation de près de 2 000 planètes extragalactiques, rapporte Gizmodo.

Une méthode d’observation très indirecte

Leur étude, publiée dans les Astrophysical Journal Letters, s'est concentrée sur une zone particulière d’une galaxie située à 3,8 milliards d’années-lumière de chez nous. À cette distance, il est quasiment impossible d’observer quoi que ce soit, même avec les télescopes les plus puissants dont nous disposons actuellement. Pour parvenir à leurs conclusions, les deux chercheurs ont donc utilisé une nouvelle méthode, dite de "microlentille quasar". Qu’est-ce ? En gros, c’est une utilisation inédite des propriétés de la masse sur l’espace-temps.

Pour observer des planètes extrêmement lointaines, on utilise d’ordinaire une technique assez simple : lorsque l’astre passe devant son étoile, notre télescope capte les infimes variations de lumière qui en résultent. Comme on connaît assez bien le comportement de différents matériaux lorsqu’ils sont exposés à la lumière, on peut ainsi en déduire la masse, la circonférence, la composition et parfois la présence ou non d’atmosphère sur ladite planète. Sauf qu’à 3,8 milliards d’années-lumière, les variations sont trop infimes pour distinguer quoi que ce soit. Intervient alors le principe de la microlentille.

Comme l’avait prévu Albert Einstein dans sa théorie de la relativité générale, les corps vraiment, vraiment massifs (comme les galaxies, les étoiles, les trous noirs et même certaines planètes) ont tendance à déformer la structure de l’espace autour d’eux (pensez à des boules de pétanque posées sur un drap tendu).

Lorsque la lumière traverse cette zone déformée, elle se tord à son tour. Et parfois, ce flux de lumière tordu peut agir comme une loupe, s’il est orienté dans la bonne direction. Dans ce cas précis, c’est une galaxie distante, RXJ1131−1231, qui a agi comme une loupe pour scruter cette zone particulière.

Comme l’explique Eduardo Guerras, l’un des auteurs de l’étude, "cette galaxie est située à 3,8 milliards d’années-lumière, il n’y a donc pas la moindre chance d’observer ces planètes directement, même avec le meilleur télescope imaginable dans un scénario de SF."

Grâce à cette technique, nous le pouvons. Reste maintenant à continuer les relevés pour confirmer la présence ou non de ces exoplanètes, savoir si elles appartiennent à un système et même, pourquoi pas, connaître leur masse. Histoire de confirmer que non, nous ne vivons pas dans le seul coin de l’Univers propice à la vie.

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