La Nasa fait appel à une IA pour concevoir les atterrisseurs du turfu

Ils "pourraient" (avec beaucoup de guillemets) aller sur les lunes de Jupiter et Saturne.

© Autodesk

Réduire le poids des joujous qu’ils enverront hors de la Terre est l’une des nombreuses obsessions qui habite les ingénieurs des organismes spatiaux. Tout kilo économisé est bon à prendre, et l’atterrisseur chargé d’acheminer du matériel à bon port ne déroge pas à la règle. Un atterrisseur plus léger permettra en effet d’embarquer davantage de "charge utile" pour enrichir la mission.

Cette course-poursuite contre le poids est bien connue du Jet Propulsion Laboratory (JPL) de la Nasa, qui a déjà accompli des miracles sur Mars, et sollicite désormais les neurones artificiels pour envisager sereinement l’avenir.

L’atterrisseur dont il est question aujourd’hui a été coproduit avec une IA, et plus spécifiquement à l’aide d’un "Generative Adversarial Network" (GAN), spécialisé dans la création de formes, que nous avions déjà vu s’illustrer dans le mobilier design ou dans la "peinture" s’arrachant à prix d’or.

L’engin, d’allure arachnéenne, a été imaginé pour des explorations spatiales lointaines, comme les lunes de Jupiter et Saturne, situées respectivement à 587 millions et 613 millions de kilomètres. Les scientifiques soupçonnent que ces deux satellites aient pu abriter de la vie.

Derrière cette modélisation très pointue, l’éditeur de logiciels Autodesk, bien connu des architectes et de tous les ingénieurs modélisation. Son logiciel Fusion 360 intègre l’option "Generative Design" qui permet, grâce aux GAN donc, de faire faire une partie du dessin par l’ordinateur en avançant par itérations – le premier dessin n’est jamais le bon, on y arrive petit à petit.

© Autodesk

Dévoilé le 13 décembre, l’atterrisseur, imprimé en partie en 3D, pèse environ 80 kg. Par rapport à ses prédécesseurs, la structure externe a été réduite de 35 %. Comme tout atterrisseur qui se respecte, il est conçu pour résister aux températures et radiations extrêmes et a subi les tests maniaques et minutieux du JPL. Mais il n’est pas encore prévu de l’envoyer où que ce soit, le projet relève pour le moment de l’expérimentation.

Par Pierre Schneidermann, publié le 14/11/2018