Modélisation de courants marins / © NASA Goddard Photo via Flickr

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Des scientifiques ambitionnent de cartographier tous les courants de déchets plastiques

Cela comprend même les 99 % de plastique sous la surface.

État des lieux de l'urgence sur le plastique, tour d'horizon des alternatives et bonnes pratiques à adopter : c'est #leplastiquenonmerci, par France Inter et Konbini.

C’est un projet de cinq ans (2017-2022) financé par l’Union européenne. Son nom, TOPIOS, pour "Tracking Of Plastic In Our Seas" (tracer le plastique dans nos océans), annonce le programme sans ambages : modéliser, en 3D, le trajet des déchets plastiques une fois dégorgés des continents.

Un chiffre ressort souvent dans les études réalisées par la communauté scientifique : 99 % des déchets plastiques sont intraçables. Disparus de la surface des eaux, ils vont s’abîmer à différents niveaux de profondeur et viennent empoisonner les écosystèmes vivants. TOPIOS ambitionne donc et c’est une première de créer des modèles capables de simuler la fragmentation des plastiques, leur descente sous-marine, leur intrication dans les vagues et courants ainsi que l’ingestion par l’ensemble de la faune.

Présence du plastique à différentes profondeurs avec beaucoup de points d’interrogation © Topios

Pour y parvenir, il faudra de la data. Beaucoup de data. Les scientifiques comptent s’appuyer sur ce que l’on connaît déjà de l’hydrodynamique des océans. Mais il y aura aussi de l’expérimentation pure et dure, avec tout ce qu’il faut de mesure dans un laboratoire expérimental permettant de recréer et d’observer l’énergie et le flux des vagues. On peut se faire une idée de ce genre de dispositif en jetant un œil sur l’installation de l’Université de Plymouth (Royaume-Uni).

Des résultats de recherche ont déjà été publiés. En 2017 par exemple, huit chercheurs ont mis en évidence le fait que les courants anticycloniques dans le gyre subtropical de l’Atlantique nord (c’est là) favorisaient l’accumulation de microplastiques. Pfiou, c’est pointu. Mais la modalisation ne pourra se faire qu’ainsi, brique après brique, région après région.

Par Pierre Schneidermann, publié le 26/03/2019

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