La Nasa vous propose une visite guidée interactive des nouvelles exoplanètes

Le nouvel outil de l'agence propose, entre autres, une visite guidée à 360 degrés de 55 Cancri e, un monde couvert de lave.

(© Nasa)

Les exoplanètes sont les nouvelles moissons du ciel. Depuis le lancement du télescope dédié Kepler (qui vient, tristement, de tirer sa révérence), puis avec ses surpuissants successeurs TESS et James Webb, nous avons découvert pas moins de 4 000 exoplanètes, ces mondes orbitant des étoiles autres que notre bon vieux Soleil. Dans l’orbite de ces étoiles exotiques, au nombre de 2 095, quelque part, la promesse d’une autre forme de vie se terre, pour le moment insaisissable.

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Vous avez vécu, comme nous, au rythme des récentes découvertes de ces mondes, plus ou moins proches de nous, plus ou moins fascinants. L’une des moissons les plus importantes date de 2017 avec la découverte du système TRAPPIST-1, à 12 années-lumière de chez nous. Un système à sept exoplanètes rocheuses dont deux "super-Terre", et trois placées dans la "zone habitable" de leur étoile, zone qui réunit les conditions de chaleur et d’exposition nécessaires à l’apparition de la vie. De quoi assurer au programme de recherche d’exoplanètes de la Nasa des crédits de financement pendant dix ans, et doper l’imagination des auteurs de SF.

Pour capitaliser sur sa découverte, la Nasa avait dans un premier temps publié une série de posters rétro-SF et minimalistes vantant les mérites, à la manière d’Air France dans les années 60, du système Trappist-1, ainsi que de sobres et efficaces infographies pour le disséquer. Forcément, on vous les avait partagées. Un peu de rêve cosmique dans ce monde de brutes, ça ne se refuse pas.

En avant pour la visite

De jolies images, c’était un bon début, mais le problème avec les exoplanètes reste toujours le même : on vous parle de mondes hors du Système solaire, mais on ne peut pas vous les montrer. C’est normal, la seule manière de les détecter à cette distance est par la technique dite de "balayage" : on pointe un télescope sur une étoile et on attend qu’une supposée exoplanète passe entre les deux, produisant une ombre infinitésimale. La technologie est suffisamment développée pour révéler, à la louche, le type de la planète (rocheuse ou gazeuse), sa taille, sa masse, sa vitesse de rotation, son orbite, et quelques indices sur la composition de son atmosphère si elle en possède une. Mais aucune image.

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Pour combler la frustration des amateurs d’astronomie, la Nasa a donc dévoilé une nouvelle fonctionnalité, une mise à jour de sa plateforme Eyes on Exoplanet, qui permet tout simplement d’effectuer des visites virtuelles de ces nouveaux mondes. La plateforme Exoplanet Travel Bureau vous permet de choisir entre 55-Cancri e, un monde supposément recouvert de lave, mais aussi Kepler-16b et sa voisine rouge Kepler-186f, à 557 années-lumière, qui pourrait receler de l’eau liquide ? Oui, le rendu est basique, mais l’idée de survoler la surface d’une authentique exoplanète est suffisante pour être indulgent. Une fois les surfaces des planètes étudiées, vous pouvez élargir vos horizons en vous payant un road trip un peu plus conséquent à travers le système TRAPPIST tout entier.

Toujours pas rassasié ? Toute la base de données des exoplanètes confirmées par Kepler est également explorable de manière interactive. Et si vous voulez vraiment, vraiment être utile, deux solutions : plongez-vous dans les données de crowdsourcing de la Nasa via le projet Exoplanets Explorers, sur la plateforme Zooniverse. Le 11 janvier dernier, deux citizen scientists y dénichaient un système à cinq potentielles exoplanètes, que les professionnels de la traque spatiale n’avaient pas identifié.

 

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Par Thibault Prévost, publié le 13/02/2019