Marie Pellan et William Lafleur © Rémy El Sibaïe

Que se passe-t-il quand un prof de ZEP prend ses élèves en otage ?

Entretien avec Marie Pellan et William Lafleur, auteurs du roman Le Hussard noir.

Marie Pellan et William Lafleur (© Rémy El Sibaïe)

Thomas Debord est prof de lettres en ZEP. Il est passionné. Peut-être trop. Parce que les conditions d’enseignement sont ce qu’elles sont, il décide de prendre une dizaine de ses élèves en otage, avec un flingue. Son ultimatum est clair : il ne les relâchera que si le ministre de l’Éducation accepte de venir le rencontrer. Sur Twitter et dans la presse, on se déchaîne. L’acte de Thomas ne peut laisser personne indifférent. Même pas le négociateur du RAID, qui s’escrime à éviter le pire.

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Le Hussard noir, publié chez Flammarion, est un roman écrit à quatre mains par Marie Pellan et William Lafleur. Tous deux enseignent au lycée, en Île-de-France. La première est prof de lettres en ZEP (enfin, on ne sait pas trop, on en parle plus bas). Le second est prof d’anglais. Hors salle de classe et littérature, William mène une troisième vie sur les réseaux sociaux, archi suivi sur Facebook comme sur Twitter.

L’interview a été réalisée sur Discord, à trois voix et a été éditée pour des raisons de clarté. On y parle Éducation nationale, réseaux sociaux, racisme ou encore Black Mirror.

Konbini | Ce roman est-il une diatribe contre l’Éducation Nationale sous forme de fiction ?

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Marie | Oui, il est conçu comme ça. On a imaginé la prise d’otage parce qu’on ne trouvait absolument aucun moyen de s’exprimer.

William | À chaque fois qu’on s’exprime sur les réseaux sociaux, il y a une tendance aux antagonismes, aux clashs, les gens veulent donner leur avis et ne s’écoutent pas. On ne se reconnaît pas non plus dans le discours médiatique. Et quand on fait grève, on se retrouve avec des luttes intestines entre les syndicats. Au final, on a l’impression que le public déforme notre message. On ne savait plus où se tourner.

Marie | Tout ça était devenu urgent, surtout quand on parlait de faire perdre le statut de ZEP à mon lycée et les conséquences que ça pouvait avoir.

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"On ne savait plus où se tourner"

Quel genre de conséquences ?

Marie | Les établissements qui sont "Politique de la Ville", répartis selon une carte, bénéficient de moyens augmentés. Quand ils ont atteint leurs objectifs, ils sortent de la carte pour que d’autres bénéficient du dispositif. Sur le papier c’est normal, le budget n’est pas illimité. Sauf que quand un établissement perd son statut de ZEP, il retombe dans la nécessité d’avoir ces aides-là.

Je n’y comprends rien, on dit encore ZEP, pas REP ?

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Marie | C’est un peu compliqué. Maintenant on dit "Politique de la Ville" et dans mon lycée, je suis en "Prévention Violence", en "ZEP PV".

William | On joue un peu là-dessus dans le bouquin, toute cette histoire de sigles, on s’y perd. Les sigles changent tous les cinq ans pour mettre une nouvelle couche de peinture, même si c’est toujours aussi dégueulasse derrière.

Marie | Il y a des profs chez moi qui croient qu’on est en ZEP, d’autres qui croient qu’on n’y est plus, on a des aides mais on ne sait pas à quoi elles correspondent.

William | On a donc choisi le terme de ZEP car c’est celui qui correspond le plus. C’est celui que tout le monde connaît.

La fiction était donc le dernier refuge pour s’exprimer ?

William | Le dernier refuge, c’est la prise d’otage ! Mais avant ça, il y a la fiction.

Marie | C’est un moyen d’expression pour William et moi, je ne saurais pas le faire autrement pour parler de cette colère et cette frustration. Quand je cherche à faire comprendre quelque chose de difficile aux élèves, il faut passer par l’histoire. Le livre n’a pas été écrit dans l’optique de toucher le plus grand nombre ce n’est pas la lecture qui a l’impact le plus marquant aujourd’hui.

"Le dernier refuge, c’est la prise d’otage ! Mais avant ça, il y a la fiction".

Couverture du livre Le Hussard noir © Flammarion

Cette prise d’otage pourrait vraiment avoir lieu ?

William | On espère évidemment que cette prise d’otages n’arrivera pas. Mais le quotidien nous surprend tellement, avec tout ce qui est gilets jaunes et "stylo rouges". Depuis plusieurs mois, on se demande souvent : 'Quelle est la violence légitime pour se faire entendre, est-ce qu’on peut casser des choses pour se faire écouter', questions qui se posent tout au long du bouquin.

Marie | On veut faire bouger les choses, mais qu’est-ce qu’on doit faire pour que ça arrive ? Il y a des gens qui nous écrivent parce qu’ils se reconnaissent dans certains personnages comme Mathilde [l’infirmière de l’établissement], à se dire 'j’ai envie d’agir mais je me sens lâche parce que je ne fais rien'. Est-ce que cette prise d’otage pourrait arriver ? Je ne sais pas, mais en tout cas, la violence institutionnelle, aujourd’hui, elle est visible.

Comme Thomas Debord, personnage principal et preneur d’otage, vous êtes aussi au bout de votre vie IRL et proches du burn-out ?

Marie | Je m’identifie totalement à lui. À part le recours à la prise d’otage parce que je ne saurais pas comment faire ! En vrai, il est hors de question que je traumatise mes élèves. J’en suis au stade de savoir quand, exactement, je vais démissionner. Dans le livre, c’est dramatisé dans le geste. Le discours de Thomas ne l’est pas. De tout ça, j’en parle à mes élèves et à tous les gens que je connais, c’est un ras-le-bol très profond.

"J’en suis au stade de savoir quand, exactement, je vais démissionner"

Rapidement, pourquoi ce ras-le-bol ?

William | Il y a beaucoup de choses. Depuis plusieurs gouvernements successifs, on a l’impression que les réformes se font sans se soucier de ce que pensent les enseignants. Ça nous est plaqué dessus sans qu’on nous explique pourquoi. Au passage, on vous sucre des heures et on vous rajoute des élèves. Ce qui est frustrant, c’est cette sensation d’être impuissants, qu’on nous impose des nouveaux programmes. On peut tolérer certaines choses pendant un moment, mais à chaque nouveau ministre, on sait qu’il va y avoir une réforme de l’éducation. On se demande à quelle sauce on va être mangé et ça n’est pas la meilleure.

Par exemple ?

William | La réforme du collège en 2016 avec Najat Vallaud-Belkacem, c’était un coup dur. La réforme du lycée qui arrive, ça ne va pas être joli non plus.

Marie | Il n’y a pas que ça. Le gouvernement tape aussi sur le budget des écoles maternelles On parle toujours de budget, alors que nous, on pense au pédagogique. Ce qui a peut-être changé par rapport aux dernières années, c’est qu’on est à un point de tension sociale et de déterminisme qui s’aggrave, avec des classes surpeuplées. On est aux premières loges des problèmes de la société française. Et je sais qu’il n’y a pas de place pour mes élèves une fois qu’ils sortiront de là.

Les gouvernements changent, et vos élèves ?

Marie | Les changements générationnels vont hyper vite et je trouve que c’est de plus en plus difficile de travailler. D’abord le smartphone et plus récemment Snapchat. Tout cela, c’est très visible pour nous.

Qu’est-ce qu’il se passe, concrètement, avec Snapchat ?

William | Un truc que je remarque et qui me fait halluciner, c’est quand je marche dans les couloirs d’une salle à l’autre : tous les élèves sont sur leurs smartphones, la plupart sur Snapchat. Ils regardent des stories, ils envoient des snaps d’eux dans les couloirs. Depuis peu, on passe à Instagram, mais c’est exactement la même chose. Il y a ce côté où tout est capté, à coups de captures d’écrans et de films. C’est un moyen de colporter des rumeurs hyper rapidement.

Marie | Snapchat aurait pu raviver les tensions d'une guerre de gang vieille de dix ans. C’est parti d’une rumeur, sur une fille, que le grand frère a voulu défendre par rapport à l’autre cité, ça a réveillé des trucs qui remontaient à il y a dix ans. Certains élèves ne sont pas venus pendant trois mois parce qu’ils étaient menacés et ne voulaient pas sortir de chez eux.

Tout ça part d’images parfois mal interprétées. J’ai eu une élève qui avait pris un selfie dans la salle de bains avec un garçon, elle s’est fait traiter de tous les noms. Elle a expliqué que c’était son frère, mais c’était trop tard. Le virtuel devient la réalité, peu importent les faits et comment la personne va se défendre. Quand ils sont les uns à côté des autres, ils ne se parlent pas. La réalité disparaît. Ils ont toujours eu un smartphone à la main, ils ont toujours vu leurs parents avec un smartphone. Ils savent qu’ils sont esclaves et en parlent beaucoup. Quand ils vont devenir adultes, ça va devenir une catastrophe.

"À cause de Snapchat, il y a même eu une guerre de gangs dans mon lycée qui a failli tourner au carnage".

Les élèves de ZEP n’ont pas le même bagage culturel social des autres élèves, ils sont issus de l’immigration de parents qui ne parlent pas forcément le français, ils n’ont pas les armes de l’esprit critique, pour le smartphone comme pour tout le reste [ndla : le smartphone est interdit dans les collèges depuis la rentrée scolaire].

Les réseaux sociaux, c’est donc une dose de harcèlement supplémentaire ?

William | Avant, le harcèlement scolaire était limité. Maintenant, on se fait harceler à domicile, donc c’est encore plus compliqué, oui.

Continuons sur les réseaux sociaux. Dans le livre, à coups de tweets imaginaires, la critique des plateformes est palpable. Qu’en dit MonsieurLeProf, du haut de ses 480 000 followers sur Twitter et ses 256 000 abonnés sur Facebook ? Il n’y a pas un côté schizophrène ?

William | Je suis sur Twitter depuis 2011. Depuis deux ans, je ne m’y reconnais plus du tout. À l’origine, c’était surtout un outil pour partager des choses. Maintenant, c’est un outil de revendication. Chaque jour apporte son lot d’indignation. C’est devenu un champ de bataille à ciel ouvert où les gens s’insultent constamment. C’était le portrait que je voulais faire de Twitter parce que c’est à ça que ça ressemble aujourd’hui et je trouve ça très révélateur de la société dans laquelle on vit.

Les profs traînent beaucoup sur Twitter ? Et si oui, ça change votre manière de faire votre métier ?

William | Il y a beaucoup de profs sur Twitter, avec plusieurs catégories. Ceux qui racontent leurs histoires, leurs anecdotes et trucs marrants qui leur arrivent. Ceux qui sont très dans le syndicalisme et veulent faire bouger les choses. Enfin, ceux qui vendent leur méthode, leur style pédagogique, Montessori et compagnie. Ces trois types de profs ne peuvent pas se blairer entre eux, c’est la guerre civile, mais ça n’a pas vraiment d’incidence sur notre quotidien.

"Twitter est devenu un champ de bataille à ciel ouvert où les gens s’insultent constamment"

Les attaques se portent aussi sur les journalistes, BFM TV et la "hard news" aux premières loges, avec une critique de l’instantanéité. Mais au fond, est-ce qu’elle n’a pas toujours existé ? J’ai l’impression qu’on s’en plaint depuis toujours…

William | Dans le livre, on met en scène un "instantané chaotique". Personne ne prend le temps de voir un peu ce qui se passe, personne ne prend du recul. On veut récolter des likes, on veut que l’info se vende à tout prix.

Cette instantanéité est-elle nouvelle ? Il y a quelque chose qui m’a extrêmement choqué après les attentats à Nice : quelqu’un qui était à côté du cadavre de son ami ou d’un parent, je ne sais plus, et le journaliste lui demandait ce qu’il ressentait. C’est atroce ! Je pense aussi à la prise d’otage de l’Hypercasher, où une chaîne d’info a révélé la position des otages. On peut difficilement faire plus dans l’immédiateté.

#QuestionChoc : les réseaux sociaux, il faudrait les éradiquer ?

Marie | Les réseaux sociaux, c’est un fléau, je suis très contre. Ça fait un mois que je suis sans portable et c’est très bien. Mais ça ne sert à rien d’essayer de battre contre puisqu’ils sont là. Il faudrait réussir à en tirer le meilleur… Mais c’est vraiment très compliqué.

William | Comme je vous l’ai dit, depuis deux ans, je m’en éloigne petit à petit.

Parallèlement, j’essaie de les utiliser pour construire quelque chose de positif. J’ai créé un groupe de profs sur Facebook pour qu’on se partage des séquences et des documents. J’ai aussi créé un groupe de lecture. J’essaie également de faire de plus en plus de pour pousser les jeunes à reprendre l’anglais, leur donner des outils, des conseils pour le bac.

Tout ça, je le fais parce que je vois au quotidien à quel point les réseaux sociaux peuvent être néfastes. J’essaie de combattre ça à mon échelle mais je sais que ça n’est pas grand-chose. Mais étonnamment, les jeunes peuvent avoir du recul par rapport à tout ça.

Marie | D’une certaine manière, ils ont plus de recul que nous là-dessus. Depuis deux ans, je vois des gamins qui verbalisent de plus en plus la souffrance qu’ils ressentent à être esclaves de leurs portables. Ils essaient d’avoir l’attention de leurs parents qui sont tout le temps sur leurs smartphones, parfois, c’est compliqué pour eux.

"Je vois au quotidien à quel point les réseaux sociaux peuvent être néfastes"

Votre constat général semble sans appel. Comme le livre, à mon sens, que j’ai trouvé, sans aucun jugement de valeur, plombant. Il faut vraiment en arriver là, à une prise d’otage et des catastrophes, pour que quelque chose change ?

William | C’est un peu dark dit comme ça. Dans la tête de Thomas Debord, effectivement, c’est seulement si quelqu’un commet un acte tel qu’une prise d’otage des élèves que les choses peuvent changer. Cette idée est déconstruite dans le roman car les choses ne se font jamais comme ça. Il faut le voir comme un cri du cœur, un cri de la parole.

Mais d’une certaine manière, son geste marche, non ? Tant chez les journalistes que sur les réseaux sociaux, il attire l’attention et fait passer son message…

Marie | Il ne veut pas seulement attirer l’attention. Il veut des vraies réformes. Aujourd’hui, on se contente de cet émoi-là du buzz et des likes. L’impact réel n’existe pas.

William | Dans notre société, on est confronté chaque semaine à un phénomène extrêmement violent sur une partie de la société, pas seulement dans les écoles. En une semaine, c’est oublié. L’acte de Thomas Debord, on va en parler quelque temps. Et puis ça sera balayé.

Marie | Les gens likeront pour se donner bonne conscience. En un sens, le livre raconte comment la société française fonctionne. On est acculés à la violence. On est un des pays où le peuple est obligé d’aller dans la rue pour se faire entendre.

"Les gens likeront pour se donner bonne conscience"

Donc on n’est d’accord, pas d’optimisme ?

Marie | La note d’optimisme, c’est que William et moi on n’a pris personne en otage pour le moment ! Plus sérieusement, avec ce livre, on peut considérer qu’on ouvre une fenêtre de dialogue par la littérature.

William | Le côté optimiste, c’est qu’avec ce livre, on réfléchit à tout ça sans qu’il y ait eu de drame dans la vraie vie.

Selon vous, le cinéma rend-il bien compte de votre réalité ?

William | Dans le cinéma français, les choses sont très souvent caricaturées et stéréotypées. On a souvent le scénario du jeune prof blanc qui arrive dans une cité avec des élèves difficiles. À la fin du film, il les amène vers la réussite. C’est un peu gonflant.

Vous pensez à Entre les murs [ndla : réalisé par Laurent Cantet en 2008 et tiré du livre de François Bégaudeau] ?

William et Marie | On déteste ce film, c’est une catastrophe !

Marie | Nous, à Clichy dans mon lycée, on dit non à ce film ! Il est centré sur un prof égocentrique qui fait tout ce qu’il ne faut pas faire sur une classe en diabolisant vachement les élèves. Ça ne nous reflète pas nous. Si on était comme ça devant nos classes, ce sont eux qui nous auraient pris en otage depuis longtemps.

L’Esquive [ndla : film réalisé par Abdellatif Kechiche en 2003] reflète un peu plus la réalité des choses. Les relations à la prof qui pète un câble, c’est beaucoup plus vrai.

Ça fait combien de temps qu’il y a des ghettos ? Ça fait combien de temps qu’il n’y a pas de mixité à l’école ? Il n'y a pas de note d’espoir, il n’y a pas à ce qu’un film se termine bien !

Affiche du film "Entre les Murs" © Haut et court

"On déteste 'Entre les murs', ce film, c’est une catastrophe !"

Dans le livre, vous faites parler vos élèves et déroulez leurs monologues intérieurs. J’ai l’impression que mettez le doigt sur un tabou : leur détestation, leur haine, je ne sais pas quel terme employer, des Blancs, des "babtous".

Marie | Il y a un énorme tabou en France. Si on parle de la couleur, si on parle des "racisés", on est taxé de racisme. Quand on dit que tout le monde est de la même couleur, on est daltoniens. Tout le monde n’est pas de la même couleur et tout le monde n’est pas traité de la même manière, si l’on est issu de l’immigration, si l’on est racisé ou non. Le racisme anti-Blancs n’existe pas et déplace l’objet du débat.

Ce sujet n’est abordé par personne, à part par les racisés eux-mêmes. Malheureusement, quand c’est un auteur racisé, la visibilité est réduite, la parole et l’acte de création sont rapportés à sa situation de racisé. C’est extrêmement problématique.

Les élèves ressentent quoi vis-à-vis des Blancs, alors ?

Marie | Je dirais de la défiance, de la méfiance. Ils savent qu’ils sont vus comme différents. Là où j’en enseigne, il y a une mentalité très village, à l’ancienne, avec beaucoup d’entraide et de sentiment du voisinage. Vient un moment où la bulle pète violemment. J’ai connu des sorties scolaires atroces…

C’est un poncif de parler du racisme, mais nous, on ne sait pas ce que c’est. Malgré ça, je n’ai pas du tout vécu ni perçu de communautarisme. Et quand je dis à mes élèves que le racisme anti-Blancs, ça n’est pas du racisme, ils me disent que si. C’est le monde à l’envers ! Donc non, ils ne sont pas dans un antagonisme avec les "babtous".

"J’ai connu des sorties scolaires atroces…"

Dans le livre, il y a une référence explicite à Black Mirror. La série est-elle prégnante chez les élèves ?

Marie | Ils regardent beaucoup Netflix. Black Mirror, oui, mais pas que. Ce sont des ados qui ont grandi persuadés que la fin du monde n’est pas une hypothèse. Ils ne se demandent pas s’il va y avoir la fin du monde, mais quand. Ils regardent beaucoup de films apocalyptiques et dystopiques.

William | En tant que prof d’anglais, chaque année, je fais un cours sur les réseaux sociaux en utilisant l’épisode 1 de la saison 3, où tout le monde s’évalue constamment.

Une autre source d’inspiration pour ce livre ?

Marie | On est tous les deux fans de House of Leaves de Danielewski (traduit en français par "La maison des feuilles"). C’est de la littérature postmoderne américaine qui joue sur différents formats de discours avec plein de points de vue différents. Mais ce livre est un idéal. On ne lui arrive qu’à la cheville.

William | En France je ne suis pas sûr qu’il ait eu beaucoup de succès. Aux États-Unis, c’est un de ces livres cultes avec une communauté autour, mais ça ne parle pas au reste du monde.

On a parlé des problèmes pendant presque une heure. Vous avez des solutions ?

William | Nous, on veut bien être ministres, tous les deux !

Marie | Naaaann, on veut pas !!!

William | Le roman est plus fait pour poser des questions aux gens et pas pour répondre à leur place.

Par Pierre Schneidermann, publié le 11/03/2019

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