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Sciences : les humains n’utilisaient pas les sons "f" et "v" avant le Néolithique

Fé totalement fou fa !

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Il aura fallu cinq ans d’investigation à six chercheurs pour arriver à des conclusions totalement contre-intuitives sur l’évolution du langage humain : l’homo sapiens (vous, moi, votre voisin, l’Hominidé actuel quoi) n’a pas maîtrisé toute la gamme de sons et de phonèmes dès l’apparition de l’espèce.

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L’hypothèse avait d’abord été formulée en 1985 par le linguiste Charles F. Hockett. D’après lui, les chasseurs-cueilleurs avaient beaucoup de difficultés à prononcer les labiodentales "f" et "v", produits de la lèvre inférieure et de la mâchoire supérieure.

La suite de l’histoire ne lui a pas donné tort. En croisant des connaissances issues de la paléoanthropologie, des sciences du langage, de la linguistique historique et des méthodes issues de la biologie évolutionniste, D. E. Blasi, S. Moran, S. R. Moisik, P. Widmer, D. Dediu et B. Bickel ont pu démontrer que les deux sons étaient apparus au Néolithique.

Si vous avez séché vos cours d’histoire, on vous rappelle les faits : après le Paléolithique, à partir de 9 000 av. J.-C., l’homme a commencé à pratiquer l’agriculture, l’élevage et s’est sédentarisé. That’s the Neolitique, guys. Entre l’avant et l’après, modifications d’habitudes alimentaires obligent, l’effort de mastication a largement diminué.

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Ceci explique cela. Car avant que ces efforts ne s’amenuisent, les mâchoires des super-mastiquants avaient une anatomie bord à bord. Ce qui rendait plus difficile la prononciation des deux labiodentales susmentionnées -30 % d’efforts musculaires supplémentaires, assez pour démotiver les flemmards que nous sommes.

L’avant Néolithique / L’après Néolithique © D. E. Blasi, S. Moran, S. R. Moisik, P. Widmer, D. Dediu et B. Bickel / Science

Par Pierre Schneidermann, publié le 15/03/2019

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