Crédit: Sport Saber League

Ça y est : le duel de sabres laser est un sport homologué en France

La Fédération française d'escrime (FFE) a validé l'homologation de la discipline et formera désormais les futurs instructeurs.

(© Sport Saber League)

Il n’y a pas si longtemps, dans un pays pas si lointain, de nobles chevaliers s’entraînaient sans relâche, dans l’anonymat ou le mépris, au maniement de l’arme la plus mortelle de la galaxie : le sabre laser. Enfin, plutôt des répliques en polycarbonate rigide illuminées par LED et parfois équipées de haut-parleurs pour restituer la signature auditive des lames de particules à haute énergie en pleine danse létale.

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En terre de France, les duellistes au sabre laser ont trouvé une terre d’accueil pour la Force. Condamnée à évoluer dans la clandestinité, la discipline vient d’être officiellement reconnue par la Fédération française d’escrime (FFE) le 18 février. Dans l’Hexagone, le "sabre laser" figure désormais dans la liste des lames utilisées aux Jeux olympiques – le fleuret, le sabre et l’épée.

L’homologation de la discipline n’a rien de surprenante. Le duel au sabre laser, reconnu par la FFE depuis 2017, est affilié à l’organisme depuis l’ouverture de l’Académie du sabre laser en mai 2018, rappelle Le Monde. En France, près de 90 clubs existent, qui totalisent un gros millier de licenciés dans tout le pays. Le 10 février, le second tournoi national réunissait 34 participants dans le Val-d’Oise, et des circuits de compétitions régionales sont organisés le reste de l’année.

Tout pour le spectacle

Les règles sont fixées par la Sport Saber League, un organisme parisien créé en 2015 : des combats de trois minutes dans une arène de huit mètres sur huit, où les deux bretteurs protégés par des casques et des gants de paintball s’affrontent pour parvenir à 15 touches (les touches valent différents points selon la partie du corps atteinte, comme à l’escrime). Le combat est supervisé par un arbitre, aidé de 4 assesseurs. Les sabres vendus par la Sport Saber League obéissent à des spécifications précises – 92 centimètres de long, dont 25 de poignée.

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La spécificité de la discipline vis-à-vis des autres sports d’épée, rappelle Le Devoir, est que le sabre doit être pointé vers l’arrière avant chaque attaque, ce qui favorise les coups amples et le spectacle. Lorsque l’un des bretteurs place la lame et la poignée du sabre derrière ses épaules, notamment pour le faire tournoyer, il effectue un "armé d’engagement", temps durant lequel l’adversaire ne peut pas le toucher, ce qui favorise encore les enchaînements spectaculaires et tournoyants.

Par ailleurs, l’entraînement ne se résume pas à regarder la scène de duel épique de La Menace fantôme en boucle pour tenter d’imiter les mouvements des Jedi, d’ailleurs souvent absurdes. La Sport Saber League détaille tout un circuit de formation qui recouvre sept styles de combat, chacun flanqué de sa philosophie spécifique. Et les passionnés se donnent : Anthony Lococo, champion de France 2019 et éducateur sportif à la ville, expliquait au Monde s’entraîner deux heures par jour. Avec l’homologation par la FFE, les profs de sabre laser seront désormais encadrés par la Fédération, qui devrait également acheter des sabres pour les mettre à disposition des adhérents dans ses salles d’entraînement.

Outre l’indéniable popularité croissante du sport, la FFE a une autre raison de prendre le duel au sabre laser sous son giron : le nombre d’adhérents à l’escrime baisse globalement depuis dix ans (même si la baisse n’est pas linéaire), et ce type de nouvelles pratiques peut enrayer la chute du nombre de licenciés. Serge Aubailly, secrétaire général de la fédération, expliquait ainsi à Associated Press que la saga Star Wars remplit le même rôle dans la société contemporaine que Zorro, Robin des Bois ou Les Trois Mousquetaires :

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"Les films de cape et d’épée ont toujours eu un impact important sur la croissance de la fédération. Les films de sabre laser ont le même impact. Les jeunes veulent essayer."

Que la Force les guide vers une carte de licencié.

Par Thibault Prévost, publié le 20/02/2019

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