© Jack Guez – AFP

Des scientifiques ont imprimé un vrai et tout petit cœur en 3D

Une belle avancée dans le domaine de la bio-impression.

À peine plus gros qu’un émoji cœur, ce petit organe logé dans un récipient tenant dans la taille de la main pourrait être une bonne nouvelle pour la médecine. Une équipe de six scientifiques israéliens affirme dans la revue Advanced Science avoir "imprimé" un cœur humain miniaturisé.

Le terme imprimé n’est pas un abus de langage. Il y a, dans le process de cette prouesse, une vraie imprimante 3D capable d’imprimer des "bio-encres", domaine plus connu sous le nom de bio-impression. Dans le cas qui nous intéresse aujourd’hui, le matériau de base provient de cellules extraites de l’omentum, une membrane constituée de cellules adipeuses qui relie les viscères.

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La suite est coton. Les cellules extraites de l’omentum sont reprogrammées en cellules souches pluripotentes, des super-cellules au destin non scellé, indifférenciées, à qui les scientifiques savent aujourd’hui dicter une organisation voulue – ici, l’organisation du cœur. La matrice extra-cellulaire restante est transformée en hydrogel. Le mélange des deux permet de fabriquer cette bio-encre qui servira à l’impression.

Dans leur publication, les chercheurs prennent soin de préciser qu’ils ne sont pas partis de rien. La bio-impression en général est une discipline en plein boom et la voie du cœur avait déjà fait l’objet de nombreux travaux. Des résultats encourageants avaient été obtenus par le passé, mais il manquait principalement deux choses : la reproduction du réseau veineux, essentiel au fonctionnement de l’organe, et l’aspect "personnalisé", avec des cellules prélevées initialement chez le patient, limitant par la suite le risque de réaction immunitaire – dans le pire des cas, un rejet de greffe.

Mais qu’on ne s’enflamme pas. Ce mini-cœur n’est pas fonctionnel et ne remplit pas la fonction principale que l’on est en mesure d’attendre d’un cœur : pomper comme un Shadock pour assurer la circulation du sang. Selon Tal Dvir, directeur des recherches, cité par Futura Sciences, un modèle fonctionnel n’est pas envisageable avant une dizaine d’années.

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Par Pierre Schneidermann, publié le 18/04/2019

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