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La start-up Yoyo gâte les bons trieurs.

#leplastiquenonmerci, une journée France Inter et Konbini le mercredi 5 juin. Enquêtes et reportages pour mettre en lumière les personnalités qui se battent pour changer les comportements.

Recycler 100 % des emballages plastique d’ici 2025, c’est l’ambitieux objectif fixé par la FREC, la feuille de route économie circulaire du gouvernement. Et la barre est haute face au retard accumulé par la France en matière de recyclage. Car si le taux de collecte du plastique atteint actuellement en moyenne 60 % sur notre territoire, il plonge à 10 % en centre-ville, où seule une bouteille en plastique sur dix finit sa course dans la poubelle de tri, selon les chiffres de Citeo, l’organisme en charge des déchets ménagers.

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Et c’est certainement ce constat peu optimiste qui a poussé Éric Brac de La Perrière, justement ancien directeur général de Citeo, à fonder il y a trois ans, Yoyo, une plateforme collaborative de tri.

"C’est là où l’on consomme le plus que l’on trie le moins"

C’est lors de voyages à l’étranger, où le geste de tri est rétribué, que l’idée est venue à l’esprit d’Éric Brac de La Perrière. À Istanbul par exemple, les Stambouliotes payent leurs trajets en métro en recyclant leurs bouteilles en plastique grâce à la mise en place d’automates à l’entrée des bouches de métro.

À son retour, il a donc souhaité importer une initiative similaire sur le territoire national pour encourager les citadins à recycler davantage. C’est par la gratification qu’il espère augmenter les taux de recyclage et lutter dans le même temps contre l’inertie des entreprises qui se contentent généralement de payer une simple écotaxe. Avec Yoyo, Éric Brac de La Perrière fait donc le pari de l’écologie positive et de terrain.

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De l’or dans les poubelles

Yoyo s’appuie sur un système vertueux : elle propose aux collectivités locales une solution complémentaire aux bacs de collecte en l’échange d’une prestation financière. Mais là où l’opération devient intéressante pour elles, c’est lorsqu’elles obtiennent des subventions supplémentaires de la part d’éco-organismes, grâce à l’augmentation des volumes de déchets recyclés. Gagnant-gagnant donc.

Du côté des trieurs, c’est également 100 % bénéfique. Yoyo s’appuie sur un réseau de "coaches" locaux, des gardiens d’immeubles, des responsables de magasins ou de simples citoyens, qui forment leurs voisins, leur remettent de grands sacs de tri et collectent ces derniers afin de les envoyer aux centres de recyclage le plus proche. En contrepartie de leur engagement, trieurs et "coaches" sont récompensés en bons cadeaux selon une échelle de points. Sur la boutique en ligne, chacun peut ensuite échanger ces bons contre des places de cinéma, de spectacles, de concerts, des expositions, des matchs de foot mais aussi des objets du quotidien à vocation durable, comme des gourdes, des pailles en inox et des brosses à dents en bambou.

Miser sur le recyclage en circuit court

Les déchets récoltés par les "coaches" sont expédiés par La Poste aux centres de recyclage en fonction de leur proximité. Et cette dimension territoriale vient s’additionner au système de rétribution pour renforcer l’engagement. Grâce à un numéro inscrit sur les sacs, chaque trieur peut suivre le parcours de ses bouteilles jusqu’à leur transformation en matière première recyclée.

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Pour le moment, seules les bouteilles plastiques sont collectées afin d’éviter au maximum les erreurs de tri et donc des coûts supplémentaires en centres de tri. Mais Yoyo compte s’ouvrir prochainement aux "petits plastiques" assez complexes à recycler et ne pas se limiter aux usagers individuels. Des cinémas (Pathé), des hôtels (Ibis) et des commerces (Carrefour) testent en ce moment le système.

En trois ans, Yoyo s’est implantée à Bordeaux, Lyon, Marseille, Mulhouse, Asnières, Levallois-Perret et Clichy-la-Garenne et a déjà récolté 60 tonnes de bouteilles.

Par Manon Marcillat, publié le 26/03/2019

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