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Un prince à New York 2 : l’humour par décalages

Un prince à New York 2 : l’humour par décalages

Publié le

par Antonin Gratien

Avec force gags, Eddie Murphy rendosse l’un de ses rôles iconiques dans ce second opus. À voir sur Prime Video.

Comeback royal. Pour notre plaisir, Eddie Murphy offre une suite léchée à l’un de ses plus grands succès comiques : Un prince à New York (1988). Trente-trois ans après la sortie de ce film devenu culte, l’ex-star des Saturday Night Live y campe à nouveau le rôle d’Akeem, un prince haut en couleur. Et, comme trente-trois ans auparavant, l’intrigue met en scène la rencontre électrique entre deux univers diamétralement opposés.

Attendu de pied ferme, ce second volet signé Craig Brewer est exclusivement disponible sur Prime Video.

"Nous retournons en Amérique !"

Dans le premier opus réalisé par John Landis, Akeem, héritier du royaume fictif de Zamunda, s’était envolé pour New York afin d’y trouver l’âme sœur. Quelque trente ans après, nous retrouvons ce romantique qui coule d’heureux jours en compagnie de sa moitié et de ses trois filles modèles. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Seulement voilà... Alors que l’ambiance est à la fête, un chef d’État voisin fait irruption au palais royal en exigeant une alliance maritale, sous peine de déclarer la guerre. Afin d’éviter toute effusion de sang, Akeem se met en quête d’un fils inconnu qui aurait été conçu lors de son premier passage à New York, au cours d’une nuit particulièrement avinée. Bon gré mal gré, voici donc l’altesse et son fidèle Semmi de retour au Queens pour trouver cette illustre progéniture.

Choc des cultures, et des âges

Comme dans l’œuvre originelle, Un prince à New York 2 construit son comique sur des dissonances. Culturelles, tout d’abord. Tandis que le premier volet donnait à voir un aristocrate africain aux prises avec une Amérique populaire, le second met en scène la laborieuse intégration d’un jeune New-Yorkais au sein d’une monarchie respectueuse des traditions.

C’est peu dire que Lavelle Junson, l’héritier longtemps caché du trône de Zamunda, et sa mère détonnent à la cour. Ils méconnaissent l’étiquette en vigueur, préfèrent le R’n’B US aux musiques folkloriques, et adoptent des comportements outranciers qui ont tôt fait de choquer entre les murs vénérables du domaine princier. À travers une série de gags bienvenus, le "bâtard" se frayera une voie pour faire cohabiter une identité afro-américaine exaltée et la retenue exigée par son rang royal.

Autre décalage comique à l’œuvre, celui de la temporalité. "Le Queens a bien changé depuis notre dernière venue…", relève un Akeem légèrement déboussolé, une fois arrivé à destination. Les New-Yorkais se baladent désormais en trottinettes électriques, plusieurs entreprises privées font la guerre aux taxis, et le quartier s’est gentrifié.

Mais d’autres choses, elles, demeurent, comme nous l’expliquait Eddie Murphy lui-même. Ainsi de l’inoubliable trio du barbershop apparut dans Un Prince à New York. Signeront également leur retour en grande pompe les jumelles rappeuses et Rindy Watson, un chanteur soul délicieusement has been. Le passage des années aurait-il terni le comique de leur caractère ? Non, bien au contraire.

Dans un joyeux ballet largement dominé par une BO pop, le film adresse plusieurs clins d’œil bien sentis vers les 80’s, et n’hésite pas à multiplier les références au premier volet. De quoi égayer les nostalgiques comme les nouvelles générations, tout en rendant un hommage appuyé à l’indétrônable que demeurera, sans doute, Un prince à New York.