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Nos 5 clés de lecture pour (presque) tout piger d’Hérédité

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Nos 5 clés de lecture pour (presque) tout piger d’Hérédité

Publié le

par Antonin Gratien

Il est temps de lever le voile sur les énigmes du bébé d’Ari Aster.

Beaucoup l’ont acclamé comme l’un des "films les plus effrayants de l’Histoire". Bong Joon-Ho l’a même qualifié de "travail impeccable du genre [l’horreur, ndlr]". C’est dire si Hérédité, le premier long métrage du talentueux Ari Aster – à qui l’on doit également Midsommar – a marqué les esprits. Tout droit sorti de la très hype écurie A24, ce bijou n’en finit pas de soulever foule de questions.

En cause, un scénario aux contours mystérieux qui ne se prive pas de verser ici et là dans le symbolisme, voire le cryptique. Toujours frustrés par les mystères de l’œuvre trois ans après sa sortie en salles ? Voici cinq points élucidés. De quoi assouvir votre curiosité, au moins un peu.

1. Ari Aster s’est inspiré de sa propre histoire

Il est souvent dit qu’à bien scruter un film d’horreur on décèle toujours quelque chose du vécu de son réalisateur. Cette logique vaut tout du moins pour Hérédité. Pendant plusieurs années, la famille d’Ari Aster a été frappée de malheurs. À tel point que le cinéaste, quoiqu’il ait ponctuellement affirmé "ne pas être de nature superstitieuse", a cru sa lignée maudite. Voilà la matière première du drame de la famille Graham.

2. Le film relève de la tragédie antique

Autrement dit : c’est un récit où la fatalité est reine. Rien n’aurait pu empêcher les désastres successifs dont les Graham sont victimes. Aster est catégorique sur ce point. "Le film a en cela quelque de très grec. C’était inévitable, cette famille n’a absolument aucun pouvoir sur la situation", a-t-il déclaré auprès de Variety. Prenons la scène de la décapitation de Charlie par exemple. Si un rapide visionnage peut faire croire à un accident (ah, si seulement ce cerf n’avait pas été sur la route…), de fait, les plus attentifs repéreront un symbole sur le poteau responsable de la mort de l’enfant. Tout était joué d’avance. Les Graham sont comme les poupées d’Annie : des jouets aux mains de forces supérieures.

3. Il n’y a jamais eu de vraie "Charlie"

Certains férus du film l’ont pressenti, Ari Aster l’a confirmé. "Charlie est le premier hôte à avoir fonctionné pour Paimon, […] elle est le démon depuis sa naissance". Reste à savoir pourquoi l’esprit malin a dû migrer de Charlie vers Peter. Élémentaire : ce démon préfère les corps mâles. Et celui de Steve Graham, le père, ne convenait pas puisque le sang d'Ellen (la grand-mère à l’origine de la malédiction) ne coule pas dans ses veines. Eh oui, Hérédité n’a pas volé son titre.

4. Vous avez l’impression d’avoir vu 2 films en 1 ? C’est normal !

La première partie de l’œuvre repose sur un rythme lent, pesant. Elle aborde le poids du départ, de la culpabilité. Il n’est pas encore question de surnaturel. Et puis, quelque chose bascule, peu après la première séance de spiritisme d’Annie, vers un déchaînement de violences et de brutalité marqué du sceau du paranormal. "Il y avait une volonté de séparer le film en deux parties inextricables l’une de l’autre […] J’ai voulu faire engager une réflexion sur le deuil et le trauma. Tout commence comme une tragédie familiale qui poursuit son cours vers un cauchemar – de la même manière que la vie tend parfois vers le cauchemar, lorsque tout s’effondre."

5. Paimon n’est pas une invention

Enfin, pas celle d’Ari Aster en tout cas. Pour donner contour à l’esprit démoniaque de son film, le cinéaste a déclaré avoir "fait des recherches sur la sorcellerie et l’occulte". Ce qui l’a entraîné du côté de la goétie, une "science" de l’invocation d’entités démoniaques, où Paimon est assimilé à l’un des huit rois de l’Enfer. C’est sous ce titre que Peter finit couronné, lors d’une cérémonie un brin macabre. Forcément.