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Ces 5 fois où Borat a exhibé les pires travers de l’Amérique

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Ces 5 fois où Borat a exhibé les pires travers de l’Amérique

Publié le

par Antonin Gratien

"Very niiiiice !"… Ou pas.

Lourdingue ? Parfois. Politiquement incorrecte ? Indéniablement. Mais qu’elle est efficace l’artillerie déployée par Sacha Baron Cohen pour que les États-Unis se regardent en face. Avec son approche "faux documentaire", le trublion britannique a, par deux fois, piégé le "plus grand pays du monde" en dévoilant ses tares au grand public.

De la xénophobie débridée aux conspirations QAnon, en passant par une misogynie outrancière, Borat ratisse large et frappe juste. Besoin de preuves ? Voici notre sélection des séquences qui, derrière un humour flirtant avec le grotesque, ont de quoi glacer le sang. Et bousculer d’un grand coup la bonne conscience de l’Amérique.

Racisme anti-musulman

En voyage au royaume du "puissant chef de guerre Bush", Borat débarque dans un championnat de rodéo. Sur place, un manager à l’œil méfiant et coiffé d’un chapeau de cow-boy lui conseille vivement de raser sa "foutue moustache" car, apprêté comme il est, le faux reporter kazakh ressemble à "toutes les photos de terroristes et autres musulmans". Or, précise-t-il, dès qu’il rencontre quelqu’un aux cheveux et à la barbe noire, il ne peut s’empêcher de se demander "quel genre de bombe il porte sur lui". Vite, des ciseaux !

Bush et ses va-t-en-guerre

Toujours durant la séquence du rodéo, notre journaliste favori s’empare d’un micro pour chanter les louanges de la politique étrangère menée par George Bush, qui était encore au pouvoir à la sortie du film en 2006. Sous les applaudissements enthousiastes de la foule, Borat souhaite au président de "boire le sang de chaque homme, de chaque femme et de chaque enfant d’Irak". Et lorsqu’il enjoint les Américains à "détruire le pays afin que même pas un lézard ne puisse y vivre pendant les prochains mille ans", les acclamations faiblissent, certes, mais personne n’écourte son discours.

Sexisme estudiantin

En route pour conquérir le cœur de Pamela Anderson, Borat grimpe dans le van d’universitaires en road trip. Entre deux gorgées de bière, certains fanfaronnent  et disent qu’ils ne "rappellent jamais" les filles avec qui ils couchent, car elles n’ont "pas leur respect". L’un d’eux n’hésite pas à demander au journaliste si les "femmes sont des esclaves" en Russie avant qu’un autre – visiblement très éméché – n’affirme que, lui, "aimerait bien" qu’il y ait des esclaves aux États-Unis. Et les autres joyeux drilles du voyage approuvent.

Anti-IVG

Dans Borat, nouvelle mission filmée, Sacha Baron Cohen visite un centre de santé avec sa fille fictive. Présentée comme âgée de 15 ans, l’adolescente explique à un pasteur qu’elle souhaite "retirer un bébé de son ventre". Ce dernier lui répond qu’il serait immoral de le faire car "l’enfant respire déjà l’air que l’Horloger a créé". Et, lorsque Sacha Baron Cohen pousse le gag jusqu’à faire croire que c’est lui-même, son père, qui a conçu cet enfant, le pasteur n’en démord pas. Visiblement oublieux des lois en vigueur contre l’inceste et la pédophilie, ce dernier lui répond qu’il n’est "pas coupable" car "Dieu ne crée pas d’accident". Ah ?

"Le coronavirus est un coup monté des libéraux"

Catastrophe : Borat a perdu sa fille. Afin de la retrouver, il se dirige vers un rassemblement anti-confinement, flanqué de deux fervents républicains persuadés que Hillary Clinton bois du sang d’enfants. Et pour cause : "c’est ce qu’ils ont entendu". Arrivé à cette manifestation d’extrême droite, Sacha Baron Cohen chante devant un public sans masque et armé que le coronavirus est un "coup monté des libéraux". Le public entonne son refrain, rit à gorge déployée lorsqu’il suggère de "couper la tête des journalistes". Et, à l’instant où le comédien soutient que les scientifiques devraient être "gazés", plusieurs participants esquissent un salut nazi.

Borat, bientôt de retour

Controversés, les mockumentary Borat brossent un portrait sans concessions de l’Amérique moderne. Celle post-11-septembre pour le premier opus, puis celle des mouvances complotistes en pleine crise sanitaire concernant le second. Peut-on s’attendre à une suite ? Malheureusement, non. "J’ai ressuscité Borat à cause de Trump", avait confié Sacha Baron Cohen à Variety en janvier dernier. Et d’ajouter : "ce film servait une mission, et je ne vois pas l’intérêt de le refaire".

Pensé comme un garde-fou contre l’éventuelle réélection de Donald Trump Borat, nouvelle mission filmée avait réalisé un carton sur Prime Video lors de sa sortie en octobre 2020 (soit trois semaines avant le vote pour la présidentielle américaine). Et que les fans se réjouissent : la plateforme diffusera un second montage de sa comédie deux fois nominée aux Oscars.

Baptisée d’un titre abracadabrant (Borat Supplemental Reportings Retrieved From Floor of Stable Containing Editing Machine), cette version alternative comportera un making off ainsi que des séquences inédites. Dans la bande-annonce ci-dessous, on aperçoit par exemple une scène électrique filmée lors d’un meeting où Borat semble devoir prendre la poudre d’escampette pour se soustraire à la fureur du public. L’alt-right n’a qu’à bien se tenir – de nouveau.