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Alvin et les Chipmunks, ou la métamorphose d’un groupe pas comme les autres

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Alvin et les Chipmunks, ou la métamorphose d’un groupe pas comme les autres

Publié le

par Antonin Gratien

Avant d’être des stars du grand écran, nos ténors s’imposaient déjà dans le Billboard américain des 60’s à coups de hits suraigus.

Alvin, Simon et Théodore. Trois tamias aux bouilles irrésistibles qu’on a adoré voir se trémousser au gré de tubes contemporains dans 4 longs métrages en live action. Mais pas que. Par-delà la franchise cinématographique, les Chipmunks ce sont aussi 56 albums, 4 jeux vidéo, et plusieurs séries télévisées. Focus sur leur success story sexagénaire qui fit de ces petits rongeurs, pionniers des groupes fictifs, de véritables icônes de la pop music adressée à la jeunesse.

L’origine du suraigu

Tout débute en 1958, lorsque le compositeur américain Ross Bagdasarian écrit et interprète, sous le pseudonyme de David Seleville, Witch Doctor. Afin d’offrir à son titre des touches plus toniques, le musicien emploie une technique d’enregistrement expérimentale. Laquelle lui permet de tirer son timbre vers l’aigu, en s’enregistrant exprès au ralenti avant d’accélérer la bande de lecture. Et le procédé fait mouche ! Witch Doctor se propulse au rang de 4e chanson la plus populaire des États-Unis pour l’année 1958.

Décidé à monter de toutes pièces un groupe fictif, l’artiste hésite entre un crew d’éléphants, de vers de terre (oui, oui, de vers de terre…) ou d’autres animaux. Voici qu’un beau jour, notre esthète à l’imagination débordante traverse un parc naturel en voiture. Là, un tamia s’arrête au milieu de la route, comme s’il le défiait d’aller plus loin. Ross Bagdasarian en rit, les Chipmunks (tamias, en français) sont nés.

Ces adorables créatures se réunissent pour la première fois avec la sortie de The Chipmunk Song à l’automne 1958, où le musicien réemploie (et accentue) le procédé d’altération de voix qui avait fait le succès de Witch Doctor. Là encore, le public est au rendez-vous avec plus de 4 millions de copies vendues en 7 semaines. Même le monde professionnel s’emballe : The Chipmunk Song rafle trois Grammy Awards en 1959, dont celui du meilleur album d’ingénierie non classique. Les trois frangins sont sous les feux de la rampe, et ce n’est qu’un début.

L’aventure du petit écran

Quel enfant n’aurait pas envie de voir les péripéties de ces loustics à la télé ? Aucun. Et ça, Ross Bagdasarian l’a bien compris. En 1961, il lance la première émission où apparaît ses bébés, The Alvin Show, qui comporte 26 épisodes répartis en 2 saisons et où prédomine – sans surprise – l’aspect musical. C’est à cette occasion qu’Alvin et ses compères adoptent leur apparence définitive. Lunette style intello sur le nez de l’aîné, Simon, casquette rouge vif vissée sur son cadet, Alvin, et col roulé vert pour le benjamin, Théodore.

Côté musique, le crew jongle entre reprises et titres inédits puis rempile à la télévision en 1981 avec l’épisode spécial Un noël de Chipmunk, diffusé sur la vénérable NBC. Chaîne qui diffuse en prime time, deux ans plus tard, la seconde émission dédiée aux chanteurs en fourrure entre 1981 et 1990. On y voit ces trublions dans des aventures parodiant plusieurs films cultes, et bien souvent ponctuées de concerts rock improbables.

Une ascension protéiforme

En parallèle de ces excursions audiovisuelles, les Chipmunks (rejoint par les Chipettes dès 1982) enchaînent les albums et sont portés sur grand écran pour la première fois en 1987 avec The Chipmunk Adventure. Trois téléfilms suivront puis, en 2004, Ross Bagdasarian Jr. (qui a repris les rênes de la franchise suite au décès de son père) envoie sa poule aux œufs dans d’autres sphères, avec un premier film en live action : Alvin et les Chipmunks. Gags, vannes et chansons à gogo, bien sûr. Tout y est.

Véritable renaissance pour une franchise en légère perte de vitesse, l’œuvre est un triomphe commercial (360 millions de dollars de recettes) contrairement à The Chipmunk Adventure, qui avait fait un flop faute de moyens financiers adéquats à la production. Alvin & co atteignent une notoriété internationale, et réapparaissent dans trois autres live action dont le dernier en date, Alvin et les Chipmunks : À fond la caisse (2015), a rapporté quelque 230 millions de dollars. Ce titre, disponible comme les autres sur Prime Video, devrait clôturer la série.

Côté petit écran par contre, l’aventure continue. Diffusée à partir de 2015, Alvinnn !!! et les Chipmunks devrait rempiler pour une 5e saison. Il y a également fort à parier que de nouveaux albums verront aussi le jour. D’autres jeux vidéo, d’autres jouets… Et les désormais inévitables "remix chipmunks" continueront de fleurir sur Internet à chaque nouvelle sortie de tube.

Qu’imaginer pour la suite ? Ceux qui formèrent l’un des premiers groupes virtuels de l’histoire pourraient à nouveau se réinventer, après plus de 60 ans de longévité, en se représentant dans un avenir pas si lointain en live, sous la forme d’hologrammes par exemple. Impossible n’est pas Chipmunk, qu’on vous dit.