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Rencontre avec Frank Ntilikina, le plus grand espoir du basket français

La nouvelle pépite du basket français a 18 ans et fait déjà saliver la NBA. Le New York Times s’est même déplacé à Strasbourg, où il joue en championnat de France, pour observer le phénomène.

© Terence Bikoumou

© Terence Bikoumou

Meneur de jeu précoce né en Belgique, vainqueur du dernier Euro U18 dont il a été désigné meilleur joueur. Son potentiel est aussi impressionnant que son envergure : 2,13 mètres les bras écartés. Frank Ntilikina (18 ans, 1,93 mètre) est considéré comme le plus grand espoir du basket hexagonal. À Strasbourg, où sa famille d’origine rwandaise s’est installée quand il n’avait que 3 ans, il épate par sa maturité dans un club de référence.

Cette maturité et ce calme surprennent tous les observateurs. Ca vient d'où ?

De mes parents. Dans ma famille, on ne s'enflamme pas pour un rien. On sait que pour réussir il faut travailler. Quand j'étais petit, je défiais mes grands frères en un contre un. Jusqu'à l'âge de 12 ans, je n'ai jamais réussi à les battre ! Parfois, ils me chambraient et j'étais très remonté quand on rentrait à la maison. Mais ça m'a aidé plus tard.

Combien de personnes savent écrire et prononcer ton nom sans se tromper ?

À part mes proches, pas beaucoup ! À l'école, lors de l'appel, j'étais le seul élève que les profs appelaient uniquement par le prénom. Dans les salles de basket, ça va mieux. Les speakers commencent à s'habituer. Ça se dit "ni-li-ki-na", on ne prononce pas le "t". Et c'est Frank, sans "c". À l'américaine !

Tes premiers dribbles, tu les as faits avec qui ?

Avec mes frères, quand la famille s'est installée à Strasbourg. On allait jouer sur les playgrounds. Je les accompagnais mais ils ont dix et douze ans de plus que moi, donc je shootais sur le panier d'à côté.

Puis mes frères se sont inscrits en club, alors j'ai suivi. J'ai fait toute ma formation dans la région, jusqu'à rejoindre la SIG en Pro A. Je me sens alsacien. J'ai même fait de l'allemand à l'école !

Qu'est-ce qui t'attirait dans le basket ? Le sport en lui-même ou la culture qui l’accompagne ?

Quand j'étais enfant, je faisais aussi du judo. J'ai dû choisir entre les deux, et le basket s'est immédiatement imposé. J'aime l'aspect collectif, le partage du ballon. Avec mes frères, on regardait tout le temps la NBA. Les dunks, Vince Carter, LeBron James... tout ça me faisait rêver. Et puis la culture américaine dans son ensemble m'attire.

C'est vrai que tu as appris l'anglais en écoutant du rap ?

Grâce au hip-hop et aux séries, oui. J'écoute beaucoup Drake et Future. J'étudie leurs paroles, je me passe leurs chansons pour me motiver avant les matches. J'étais même à leur concert cet été à New York.

Avec ton club de Strasbourg, vous avez énormément de déplacements cette saison, que ce soit en championnat de France ou en coupe d'Europe. Tu dois avoir le temps de consommer des séries...

C'est clair ! En ce moment, je regarde How I Met Your Mother et Empire. Ma dernière série, c’est Power. 50 Cent y joue le rôle d'un ancien dealer qui veut développer un business légal, mais qui est sans cesse rattrapé par son passé.

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© Terence Bikoumou

Tu évolues sur un poste à responsabilités, où tu dois diriger le jeu de l’équipe. C'est difficile de faire sa place quand on est un jeune meneur en France ?

C'est assez difficile, mais possible si tu travailles dur. Chaque jour, par mes efforts, je dois gagner la confiance de mes coéquipiers et de mon coach. Ça prend du temps mais ça commence à payer. Je grappille du temps de jeu et j'ai fait quelques bonnes performances.

Comment se comporte-on dans un vestiaire où certains coéquipiers ont deux fois son âge ?

Forcément, le respect prime. Au début, je ne savais pas trop où me mettre à cause de la différence d'âge. Mais le basket nous rapproche et aide à casser cette distance. Sur le terrain, je suis totalement moi-même.

Tu prends goût à cette attention qu'on te porte, ou ces attentes sont lourdes à porter ?

Au début, c'était pas mal de pression. Maintenant j'ai pris un peu de recul. J’ai l’amour du jeu. Tout ce qu'il se passe autour ne pourra pas l'altérer. Le basket est devenu mon métier, mais s'il n'y avait pas d'argent, je jouerais quand même tous les jours ! Je ne peux pas dire que je me suis habitué à toutes ces sollicitations, mais j'essaye de mettre ça de côté pour me concentrer sur mon jeu.

Le New York Times est même venu à Strasbourg pour faire ton portrait...

J'étais assez surpris. Je me suis dit : "Wow, quand même, il y a le New York Times qui est là pour moi !" C'est assez cool de voir que mon travail est reconnu à l'international. Mais j'essaye de garder la tête sur les épaules.

Jusqu’à l’an dernier, tu allais au lycée. D’ailleurs, tu as obtenu un bac S. Désormais, tu n’as plus vraiment le quotidien habituel d’un jeune de 18 ans. À quoi ressemble ta vie en dehors du basket ?

Je dors beaucoup ! Surtout que je fais des séances en plus de l'entraînement collectif. Je viens plus tôt le matin, et je reste plus tard que les autres. Donc quand j'ai un peu de temps libre, c'est sieste, séries ou jeux vidéo.

Il y a pas mal d'agitation autour de toi. On parle de NBA dès l'an prochain. De quoi as-tu envie, toi ?

C'est sûr que la NBA est un rêve. C'est la meilleure ligue du monde !

© Terence Bikoumou

© Terence Bikoumou

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