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On a rencontré FVTVR, l'un des collectifs les plus cool de Nantes

Dans le cadre de la série "Greetings From" en collaboration avec SNCF INTERCITÉS et Voyages-sncf.com, nous partons à la rencontre de collectifs et artistes qui offrent un regard différent sur nos régions. Aujourd'hui, direction Nantes, à la rencontre du crew FVTVR qui s'agite depuis déjà 7 ans pour faire danser les gens.

Créateurs du label, organisateurs de soirées, mais aussi musiciens, nous avons voulu en savoir plus sur un crew qui ne cesse de faire émerger les talents du coin. C'est dans une boutique remplie de jeux d'arcarde que 3 des membres nous ont donné rendez-vous.

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Crédits photo : Elliot Broué, chez Neo Legend

Crédits photo : Elliot Broué, chez Neo Legend

Comment s'est formé le collectif ?

FVTVR est né en 2008. Raphael D'Hervez, Romain Lemé et moi même (Quentin Gauvin) avons créé un groupe Minitel Rose en 2006. En quelques mois on a touché une audience très importante. On a rapidement senti le besoin de se structurer et on a toujours eu dans le coin de la tête l'idée de créer un label, ça nous faisait autant fantasmer que de créer un groupe. On s'était un peu mis des barrières car on ne savait pas par quel bout commencer, et puis une rencontre nous a fait nous lancer.

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On a donc sorti le premier disque de Minitel Rose en auto-prod via FVTVR. Comme le disque a bien marché et qu'on avait monté un vrai set up avec un distributeur physique et un distributeur numérique on s'est dit qu'il fallait en faire profiter nos potes qui faisaient aussi de la musique. À l'époque, on évoluait au sein d'un autre collectif nantais qui s'appelle Valerie, axé électro 80's, et on a ainsi sorti le premier album de College. On est très fiers de ce disque car il est magnifique et ensuite College a fait sa route en participant à la BO de Drive avec son titre A Real Hero.

Après College on a sorti les disques de Rhum For Pauline et Disco Anti Napoleon qui sont avant tout nos amis. FVTVR c'est en fait une dizaine de personnes qui font de la musique ensemble sous différents noms de groupes.

Pourquoi ce nom ?

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Nous sommes des passionnés de science fiction, que ce soit en littérature ou au cinéma. Si on devait voyager dans le temps on irait sans hésiter 200 ans en avant. Avec ce nom il y a aussi l'idée de toujours regarder devant, de se projeter, de ne jamais se reposer sur ce qui a été fait. On a toujours pleins d'idées en tête.

Selon vous, quel est le meilleur moment de l'année pour venir faire un tour à Nantes ? 

La ville est particulièrement agréable en été, on peux s'y déplacer entièrement à pied ou en vélo, il y a beaucoup d'évènements organisés (comme Le Voyage à Nantes). Et puis la mer n’est vraiment pas loin, il y a plein de super plages à découvrir sur la côte. Même en pleine saison vous pouvez toujours trouver une crique vide.

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Quelles sont vos formations à l'origine ? 

Raphaël vient d'une famille de musiciens, il a toujours baigné dedans et n'a toujours voulu faire que ça. Moi j'ai fait des études de communication, mais Raphaël m'a très rapidement donné le virus.  Et puis on a également Severin Merad dans le collectif, qui travaille sur le label tout en continuant son job en maison de disque à Paris. Il nous apporte des idées fraiches et un autre point de vue sur certaines situations.

Décrivez-nous votre ville, et les lieux qu'on ne doit pas rater.

Nantes est le parfait équilibre entre l'effervescence d'une ville et un certain rapport à la nature. Lorsqu'on est à Nantes on est à 40 minutes de la mer et même si on n'y va pas tous les jours, le fait de le savoir nous met dans un certain état d'esprit. C'est une ville à taille humaine, on peut rapidement s'y faire une place et les gens ici ne sont pas fermés et chauvins contrairement à certaines autres villes. Il y a ici une vraie volonté d'offrir un cadre de vie agréable à la population, et la culture a une vraie place. C'est une ville qui est en pleine mutation, on a quand même l'équivalent d'une deuxième ville qui est en train de sortir de terre en plein cœur de Nantes et c'est très excitant !

Au quotidien, vous pouvez nous trouver à Trempolino qui est notre lieu de travail situé juste derrière Stereolux et l'éléphant des Machines de l'île. Lorsqu'il fait beau on aime se retrouver sur les bords de la Loire pour prendre l'apéro à L'Absence, près de l'école d'architecture. Ensuite on boit des bières à l'incontournable Chien Stupide boulevard de Strasbourg qui est un peu le QG des musiciens à Nantes, et puis pour finir la soirée on va danser au Lieu Unique.

Crédits photos : Elliot Broué, chez Neo Legend

Crédits photos : Elliot Broué, chez Neo Legend

Pensez-vous avoir une empreinte importante sur la région ? Comment  interagissez-vous avec les nantais ? 

Nantes est une ville importante pour la scène musicale française. Je crois qu'il y a toujours eu des artistes nantais aux premières places des charts (dernièrement Dominique A, Jeanne Cherhal, Katerine, Christine and The Queens, Pony Pony Run Run, Hocus Pocus, C2C...) et à coté de ça, la scène locale indépendante est extrêmement riche. Il y a beaucoup de bons groupes à Nantes et ils cohabitent tous sans concurrence ni rivalité. On parle du "jeu à la nantaise" pour évoquer une certaine idée du collectif, et on retrouve cet état d'esprit sur la scène musicale du coin. La plupart des groupes se forment en collectifs. On a également la chance d'avoir un vrai soutien des structures institutionnelles, que ce soit Trempolino, le Lieu Unique ou Stereolux. Il y a une vraie implication dans l'accompagnement des groupes locaux.

On organise aussi des soirées et depuis cette année un festival. On pense toujours à Nantes en premier lorsque l'on veut faire quelque chose. C'est un excellent laboratoire et on trouve des gens pour nous aider à mettre en application nos projets. Après bien sûr tout n'est pas parfait. Si les lieux institutionnels nous aident, c'est en revanche plus compliqué pour les bars et les clubs d'organiser des concerts en centre ville, où pour le coup, la politique de la préfecture est assez restrictive. On est peut-être une des seules villes de France à avoir une brigade du son, qui vient couper les concerts en pleine représentation. Mais on a bon espoir que ça change.

Votre quartier préféré et pourquoi ? 

Le quartier de la Butte Sainte-Anne, pour son côté village sur les hauteurs de Nantes, le temps semble s'y être arrêté. On a également eu un local de répétition pendant longtemps à Trentemoult, qui est de l’autre coté de la Loire, on y allait en navibus. C’est un ancien village de pêcheur avec quelques commerces et café, la vue y est superbe et c’est comme si on était complètement ailleurs.

Vous avez monté de toutes pièces votre studio d'enregistrement ?

On a commencé à enregistrer les premiers disques de FVTVR dans nos chambres, puis on a loué de façon éphémère des lieux. On a maintenant la chance depuis 3 ans d'avoir un studio permanent au sein de Trempolino en plein cœur de Nantes. On y croise au quotidien d'autres musiciens nantais, ce qui est également une grande richesse car pas mal d'idées peuvent émerger lors d'un café entre deux répétitions.

Notre équipement grandit au fur et à mesure des années mais reste tout de même assez modeste. Notre label et nos enregistrements ont toujours eu un coté « homemade » et c'est une vraie volonté de rester dans cet esprit. On encourage au maximum les artistes dont on s'occupe à faire le plus de choses par eux-mêmes. Notre rôle c'est de les aider à réaliser leurs idées.

 Y'a t-il un fil rouge dans vos choix de signatures ?

Même si ce n'était pas une volonté dès le départ, tous nos artistes sont nantais. Comme nous n'avons pas de gros moyens et qu'on fait tout par nous-mêmes, on se restreint à un certains nombres de sorties par an (pas plus de 2). Jusqu'à présent nous n'avons jamais cherché d'artistes, tous les projets que l'on a sorti se sont présentés naturellement à nous.

Après Minitel Rose et l'album de College, on a naturellement sorti les EP de Rhum For Pauline que nous avait fait découvrir Emile Ployaert, qui était le batteur de Minitel Rose et de Rhum For Pauline. Ensuite Raphael m'a parlé de Disco Anti Napoleon, dans lequel jouait son petit frère, qui nous a immédiatement séduit. Lorsqu'on a décidé de mettre Minitel Rose en suspens, Raphael a commencé à travailler sur un projet plus personnel : Pegase. Et c'est donc naturellement qu'on l'a sorti.

Le dernier projet sur lequel nous avons travaillé c'est un trio de synthé ambient qui s'appelle Romantic Warriors. Nous avons la chance d'être entourés de musiciens doués qui ont sans cesse de nouveaux projets, il y a encore tellement de choses que l'on aimerait sortir.

Les labels qui vous ont influencés ?

Depuis qu'on a 15 ans, on a un label de référence : Stones Throw. On dit que la musique de l'adolescence est celle qui vous suit toute votre vie et nous c'est le rap américain. Stones Throw c'est tout ce qu'on aime d'un label. Des choix artistiques très singuliers, ils n'hésitent pas à faire le grand écart entre du gangsta-rap, de la soul et du rock psyché. Tout cela avec une identité graphique extrêmement intelligente réalisée par Jeff Jank. On est très fidèles à leurs sorties et rarement déçus. Ensuite il y a beaucoup de labels qu'on suit avec assiduité comme Captured Tracks, Secretly Canadian, RVNG, Mexican Summer...

Le disque que vous auriez aimé produire.

Le premier album de « Nouveau Souffle », un groupe de rap qui n'a pas survécu aux années lycée, et qui n'a donc malheureusement jamais sorti de disque.

La dernière grosse claque artistique que vous vous êtes prise ?

Musicalement on est toujours à peu près d'accord. Les artistes qui nous ont marqués ces dernières années, c'est Tame Impala, Oneothrix Point Never, Mac Demarco, Daniel Avery, Jimmy Edgar et Machinedrum, Chris Cohen, Connan Mockasin..... il y'en a pleins en fait.

Si vous deviez quitter cette ville, vous vous installeriez où ?

Elle ne serait pas facile à quitter, mais peut-être pour une ville étrangère comme Bruxelles ou Rome par exemple. Ou alors une ville au soleil, car même si Nantes est très agréable l’été dure 4 semaines chrono.

Quel est le truc le plus insensé ou démesuré que vous aimeriez faire ?

Dernièrement on a vu le feu d'artifice du 14 Juillet à Nantes et la musique qui allait avec était horrible. Composer la musique d'un feu d'artifice ça nous plairait bien. On aimerait aussi organiser plus d'évènements dans des endroits fous.

 Vos coups de coeur du moment ?

Romain Lallement, le chanteur de Rhum For Pauline a déjà commencé à faire parler de sont projet « Len Parrot » dont on est fans. Il faut maintenant que vous découvriez Bâton, Voyou et Tonus, les projets des autres musiciens de Rhum For Pauline. Il y a aussi un album de Albinos Congo, un groupe qui réunit des musiciens de Disco Anti Napoleon et de Von Pariahs, qui va être mortel.

Vous l'imaginez comment le futur de l'industrie musicale ?

Il a déjà extrêmement évolué depuis qu'on a commencé l'aventure FVTVR. C'est très difficile de prévoir ce qu'il va se passer, mais on peut déjà constater que le modèle du label tel que l'envisagent les majors s'effondre. Le système aujourd'hui pousse à l'autoproduction, ça a autant de cotés positifs que négatifs, donc c'est difficile de porter un jugement.

Nous, on va continuer de faire ce qu'on fait tant que c'est possible. Mais il faudra sûrement trouver d'autres modèles économiques. Après, l'industrie musicale paye les pots cassés d'un certain n'importe quoi. Les gros label mettent encore aujourd'hui des sommes folles dans des choses qui ne servent à rien, et c'est pas vraiment parti pour changer.

Team streaming ou team vinyle ?

On a toujours été des consommateurs de vinyles avec le sample. On a jamais perdu ça et je pense que personne ne remet en question que l'objet vinyle est ce qu'il y a de plus beau pour un disque. Après un disque vinyle c'est 25€ alors que pour 9€/mois c'est toute la musique du monde en illimité avec le streaming. Nous même on pratique les deux, et ils cohabitent plutôt bien puisque les ventes de disques vinyles ne se sont jamais aussi bien portées que depuis que le streaming existe.

Qu'est ce qui vous attend pour 2016 ?

On va continuer de travailler sur le premier album de Rhum For Pauline qui sort fin Septembre 2015, et qui est un aboutissement pour le groupe après deux EPs. Ensuite on attend avec impatience que les gens découvrent le deuxième album de Pégase qui devrait sortir début 2016, ce sera assez différent du premier donc on est assez excités. On a également un nouvel album de Romantic Warriors qui est prêt à sortir. D'autres projets sont en cours de réalisation dont on devrait commencer à parler en 2016.

Et puis on va essayer de donner une belle suite à la première édition du FVTVR Festival. Ça s'est très bien passé cette année alors on va essayer de garder cet esprit de teuf entre potes.

Pour tous ceux qui rêvent d'évasion et de Pays de Loire, découvrez que faire à Nantes avec Voyages-sncf.com !

Pour continuer l'aventure avec FVTVR, RDV sur leur facebook et leur site http://www.futur-records.com/ et pour la suite de Greetings From c'est par ici.

Par Greetings From, publié le 17/09/2015

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