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Comment le baron de la drogue Pablo Escobar a marqué l'histoire du foot colombien

Publié le

par Netflix

L'anti-héros des deux premières saisons de la série Narcos, Pablo Escobar, n'a pas investi que dans le narcotrafic. Il fut un temps où il mettait son grain de sel dans le foot colombien.

Juillet 2016. Après une attente de vingt-sept ans, l’Atlético Nacional soulève de nouveau la Copa Libertadores. Ce succès dans la plus prestigieuse compétition de clubs sud-américaine ravive un souvenir, celui de la première fois où l'Atlético la remportait. Celui d’une époque où le football était sous la tutelle des cartels, l’époque où Pablo Escobar régnait en maître sur la Colombie.

À l’image de la société d’alors, le football colombien des années 1970 traverse une profonde crise économique, et nombreux sont ses clubs exsangues qui tentent comme ils le peuvent de boucler leur fin de mois. Au même moment, le narcotrafic change de dimension. D’abord concentré sur le trafic de marijuana, il glisse vers celui de l’héroïne et de la cocaïne. Avec ce changement de stratégie, les cartels se développent, l’argent coule à flots et leur puissance s’amplifie. Cet argent sale va alors se retrouver disséminé dans tous les pans de la société colombienne et le football n’y échappera pas.

Car ce sport national reste l'un des meilleurs moyens pour les cartels de légaliser l'argent lié à la drogue. Pour cela, il suffit de mentir sur les recettes au guichet et sur les transferts des joueurs. La situation économique des clubs colombiens offre alors une porte d’entrée pour les cartels. Tous se placent dans un ou plusieurs clubs de leur territoire.

Narco Football

Ainsi, le Mexicano José Gonzalo Rodríguez Gacha s’installe aux commandes du Millonarios, Miguel et Gilberto Rodríguez Orejuela à l’América de Cali, Pablo Escobar et son cartel se rapprochent des deux clubs de Medellín, l’Independiente, club de cœur du Patrón, et l’Atlético Nacional. La Colombie entre dans l’ère du narcofútbol.

© Netflix

L’argent injecté, aussi sale soit-il, possède une vertu : permettre d’attirer d’excellents footballeurs étrangers, stratégie de l’América Cali, ou de retenir les meilleurs espoirs au pays, stratégie de l’Atlético Nacional. Sur le terrain, les résultats suivent. Entre 1979 et 1989, l’América de Cali, au palmarès encore vierge, remporte six titres de champion et dispute trois finales de Libertadores avant que l’Atlético Nacional ne la décroche. Une première dans l’histoire du football colombien. Mais la tutelle des narcos engendre une violence à laquelle le football ne peut échapper.

Le climat est délétère, l’escalade inévitable. En 1989, le championnat est annulé après l’assassinat de l’arbitre Álvaro Ortega par les hommes d’Escobar. En 1994, Andrés Escobar, le symbole de l’Atlético Nacional, tombe sous les balles des Pepes, aussi impliqués dans la mort de Pablo quelques mois plus tôt. Son décès signe aussi celui du narcofútbol.

Deux décennies plus tard, le succès de l’Atlético Nacional souligne aussi l’héritage laissé par les cartels. Pablo Escobar n’a pas seulement soutenu les clubs de sa ville. En construisant des terrains dans les zones défavorisées de Medellín, il a permis l’éclosion d’une nouvelle génération de footballeurs, dont James Rodríguez est le plus beau symbole. Celle d’une Colombie triomphante dont il rêvait tant.

Les deux saisons de la série Narcos sont disponibles en intégralité sur Netflix

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