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On a rencontré Marie Odinot, la Française derrière le design de la Air Max 270

On a rencontré Marie Odinot, la Française derrière le design de la Air Max 270

Publié le

par Nike Paris On Air

Du 13 au 15 avril dernier, Nike organisait Paris On Air, un évènement rassemblant 200 apprentis designers du Grand Paris afin de leur proposer de créer leur propre modèle de Air Max. Konbini y était et a rencontré Marie Odinot, footwear designer pour la marque à la virgule, qui a notamment travaillé sur la Air Max 270, la dernière née de la gamme.

Marie Odinot, footwear designer. (© Nike)

Pourquoi est-ce que tu as choisi de faire du design et pourquoi se spécialiser dans les sneakers ?

C’est un petit peu par hasard que je suis devenue designer. Je ne viens pas d’une famille d’artistes, ma mère est infirmière, mon père est programmeur, ils aiment l’art mais ce n’est pas leur métier. Un jour, j’étais devant un fer à repasser et je me suis demandé “tiens, qui a pensé à ça, comment ça a été fabriqué, pourquoi cette forme, etc.” Je me suis renseignée un peu et j’ai découvert qu’il y avait un métier de designer produit et j’ai décidé que c’était ce que je voulais faire. C’était vraiment par hasard et c’était vraiment un fer à repasser [rires].

Et comment on passe d’un fer à repasser à une sneaker ?

J’ai décidé de me lancer dans des études de design produit. Je suis allée à Créapole, et là-bas, à force d’étudier, on ouvre nos horizons parce qu’on découvre tous les objets que l’on peut designer et la variété que constitue le métier de designer. On a fait des projets footwear avec l’école et ça m’a bien plu, vous connaissez la suite ! De fil en aiguille je suis arrivée chez Nike, pour finalement prendre mes quartiers au siège global à Portland, où je suis footwear designer actuellement.

L’atelier de design Paris On Air. (© Nike)

Parmi les sneakers que tu n’as pas designées, tu as une préférée ?

Plusieurs ! On a tous un attachement à la requin (Air Max Plus) je pense. C’est le symbole de la France, c’est très français et ça représente vraiment la banlieue parisienne. J’ai vraiment un attachement émotionnel à cette paire. Le design est agressif et sort vraiment de l’ordinaire, c’était vraiment un OVNI pour l’époque et c’est pour ça que je l’aime bien.

Tu as bossé sur la Air Max 270, tu peux nous raconter ?

J’ai bossé sur le upper, la partie soft de la chaussure, en tissu. Ça s’est très bien passé. Une partie était déjà designée donc mon but était de mettre en avant l’airbag (le talon avec la bulle Air Max) et le confort qu’il amène. Je voulais faire la chaussure la plus confortable possible, c’est pour ça que tout est bien rembourré sur le talon et ça va parfaitement avec la bulle. On a décidé de faire un upper (la partie supérieure de la sneaker) moderne et simple. En termes d’inspiration, j’ai pris plusieurs shapes. Des formes de la 93, des formes de la 180, un clin d’œil à la requin aussi ! L’angle du mesh (la matière perforée) a été changé sur la 270 pour faire une référence au windbreaker, un manteau iconique Nike qui est très long et en V. Le fait de changer l’angle crée un stretch mécanique. On étire les fibres et ça rend la chaussure hyper confortable, c’est exactement ce que je recherchais.

La Air Max 270, sur laquelle Marie Odinot a travaillé. (© Nike)

C’est quoi le Grand Paris pour toi ?

C’est vraiment important pour moi puisque je viens de banlieue, de Cergy. Aux ateliers Paris On Air il y a beaucoup de jeunes de banlieue mais aussi des Parisiens. Tout le monde est mélangé et ça crée une belle émulation, c’est génial. Le Grand Paris est une vraie culture, la banlieue est une chance. Il y a tellement d’inspirations, tellement d’art, tellement de créativité qui vient de la banlieue que c’est très important qu’enfin tout ça soit reconnu et mis en valeur.


On dit souvent qu’on est influencé par le milieu dans lequel on vit. Le fait d’aller à Portland et de vivre aux USA, est-ce que ça a changé ta manière de créer, de t’inspirer ?

Bien sûr. L’avantage chez Nike est que l’on voyage beaucoup. Rester à jour des tendances, et aller dans des villes ou les gens sont très créatifs est capital quand on crée. Là où je travaille, à Portland, tout est magnifique, la nature y est très belle. Il y a une grande différence d’inspiration avec Paris où c’est l’effervescence et les gens qui vous inspirent. Là-bas, c’est plutôt le côté relax et la nature. C’est très complémentaire, et ça fait du bien.

C’est la première journée des ateliers Paris On Air. Tu as vu des trucs qui sortent du lot, qui t’ont plu ?

Ben.. Un mec a fait une Air Max Coupe du monde 98… [rires]

[Ndlr : Konbini a participé aux ateliers de Paris On Air et vous a fait vivre cette expérience sur Instagram. Les abonnés pouvaient voter pour les différents éléments de la paire et concevoir une Air Max "Grand Paris" by Konbini.]

La Air Max "Coupe du monde 98", designée par Konbini. (© Rafael Janosevic)

Plus sérieusement, les meilleurs concepts sont les plus personnels, ce sont ceux qui vont ensuite parler au plus de gens possible. On peut faire une chaussure sur n’importe quoi, ça peut être un immeuble, un moment de vie, une heure durant laquelle on fait quelque chose de spécial… Et quand le design devient vraiment personnel, c’est là qu’on trouve les choses les plus intéressantes.

Les designs sélectionnés par le jury seront soumis au vote des internautes du 8 au 13 mai prochain sur la plateforme "On Air". La paire recueillant le plus de soutien de la part du public sera ensuite produite, consacrant un jeune designer.