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On a rencontré Kristina Mladenovic, 24 ans et déjà 14e au classement mondial de tennis

Kristina Mladenovic a tout pour gagner. Le goût du travail, l’intelligence et la détermination. Avec un titre à Saint-Pétersbourg et trois finales cette année, elle est la meilleure joueuse française du moment.

©Terence Bikoumou pour Konbini

© Terence Bikoumou pour Konbini

Konbini l’a rencontrée à quelques jours des Internationaux de France pour une démonstration sur un filet technologique qu’elle a imaginé avec adidas, l’occasion d’apprendre à mieux la connaître.

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Konbini | Tu viens d’avoir 24 ans et tu es la n° 1 française, qu’est-ce que cela te fait ?

Kristina Mladenovic | Ce n’est pas la première fois, je l’ai déjà été il y a deux ans, mais c’est sûr que c’est très flatteur. Quand on se dit "je suis la meilleure joueuse de tennis en France", c’est une fierté. Aujourd’hui, essayer d’être un exemple pour toutes ces jeunes filles qui portent ma tenue de tennis, qui me reconnaissent et veulent presque être des "petites moi", c’est très plaisant. Mais ce qui m’intéresse c’est d’être cet exemple-là à l’échelle mondiale. Car on peut aussi être n° 1 française et très mal classée au niveau international. Je cherche toujours à progresser.

Sur le terrain tu fais preuve de beaucoup de caractère, d’où cela te vient-il ?  

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À mon avis, il y a une grosse part due à mon éducation. J’ai des parents qui ont fait de très belles carrières et m’ont inculqué dès mon plus jeune âge le professionnalisme. Ils sont d’origine serbe et ont une culture du sport, une mentalité un peu différentes. Mais je suis française, je suis née ici et la France m’a tout apporté. J’essaie de prendre le meilleur des deux mentalités, je laisse les défauts des uns et des autres à la poubelle [sourire]. En fait, je suis tout simplement quelqu’un au fort caractère, d’ambitieuse mais de travailleuse surtout [rires].

©Terence Bikoumou pour Konbini

© Terence Bikoumou pour Konbini

Ton surnom, c’est "Kiki" et parfois même "Kikipédia", tu peux nous expliquer ?

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[Sourire.] "Kikipédia", c’est pour pas mal de raisons, déjà parce que je n’ai pas de coach et que j’arrive à évoluer à ce niveau-là. Sans vouloir me vanter, apparemment je sais bien m’autocoacher. Après, il y a aussi le fait que je parle cinq voire six langues.

Ah oui, lesquelles ?

Je parle français, serbe, anglais, espagnol, italien et j’ai énormément de notions en russe, enfin je le comprends.

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Tu es issue d’une famille de sportifs de haut niveau, dont la plupart faisaient des sports collectifs. Toi, tu as choisi le tennis qui la plupart du temps se joue en individuel. Pourquoi ?

Par pur hasard. Je suis originaire du Nord, je suis née à Saint-Pol-sur-Mer à côté de Dunkerque. Mon premier club de tennis était à Malo-les-Bains pour la simple et bonne raison qu’on n’habitait pas loin. Dès mes premiers coups de raquette j’étais assez talentueuse, alors c’est parti de là.

Mon père est un ancien joueur professionnel de hand et ma mère de volley. Ils voulaient que mon frère et moi soyons actifs et sportifs pour que nous nous épanouissions [son frère Luka joue au football à Calais en CFA, ndlr]. J’ai aussi touché un peu au volley et à la natation.

© Terence Bikoumou pour Konbini

Que penses-tu de la place des femmes dans le sport et en particulier dans le tennis ?

Je défends beaucoup la cause des femmes. On ne peut pas nous comparer avec les hommes, c’est limite un autre sport, beaucoup plus physique. Si aujourd’hui je dois jouer contre un garçon de mon classement, le 14e mondial, évidemment je perds. Je me fais presque ridiculiser. Mais après, au niveau de la technique, il y a le double mixte. J’ai gagné en Grand Chelem dans cette discipline [en 2013 à Wimbledon et 2014 à l’Open d’Australie avec le Canadien Daniel Nestor]. Sur un demi-terrain, l’aspect physique a moins d’importance et on se rend compte qu’on est capables de rivaliser avec eux. D’ailleurs, je m’entraîne souvent avec des garçons. C’est important de valoriser le sport féminin parce qu’au final ce sont le même investissement et les mêmes sacrifices au quotidien pour devenir professionnel.

Quelles femmes t’ont inspirée ?

Le meilleur exemple est ma maman. Elle a été joueuse professionnelle de volley et dès mon plus jeune âge, je l’ai admirée. Quoi de plus beau que d’avoir sa mère en exemple.

On veut savoir, quand tu n’es pas sur les terrains de tennis, qu’est-ce tu aimes écouter comme genre de musique ?

J’ai pas mal de cultures différentes et, comme j’aime beaucoup les langues, j’écoute de tout. Cela peut être du classique français, des hits du moment, ces derniers temps "Despacito" de Luis Fonsi et "Shape of You" d’Ed Sheeran. J’écoute aussi beaucoup de reggaeton, j’aime le côté latino.

Et côté séries, tu aimes plutôt quoi ?

En ce moment, j’ai l’impression d’avoir regardé pas mal de séries déjà, donc je suis retournée aux films. J’ai presque tout vu, ça va de Desperate Housewives à Lost en passant par 24 heures chrono, enfin des tas de séries différentes. Niveau films, j’ai plutôt tendance à privilégier l’action. Par exemple, Gladiator est mon film préféré.

adidas lance pour le début de Roland Garros un filet technologique et interactif, tu as participé à sa création. Que peut-il apporter au tennis ?

Je n’ai pas d’entraîneur, alors ce filet peut être très intéressant pour moi. Il indique au dernier moment là où vous devez jouer, ce qui permet de travailler la concentration et la précision. Pour ceux qui me suivent, j’aime le côté créatif du tennis, jouer à l’instinct. J’essaie d’utiliser tous les coups possibles : entre les jambes [au tennis on appelle ça un "tweener"], les amortis…

Tu parles de créativité, est-ce que le tennis pourrait évoluer ?

Les règles, je ne pense pas. Ce serait dommage de changer le format du tennis, la manière dont on compte les points, etc. Après, tout ce qu’il y a autour, avoir de la musique par exemple, je pense que c’est important. Le tennis est un sport mais il doit aussi être un show, un spectacle. Dans pas mal d’autres sports, notamment collectifs, il y a tout le temps du bruit, de la musique, ça bouge. On devrait s’en inspirer !

Par adidas, publié le 31/05/2017