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On a parlé du Pays basque avec le crew de Baleapop

Dans le cadre de la série “Greetings From” en collaboration avec Voyages-sncf.com et SNCF INTERCITÉS, nous partons à la rencontre de collectifs et artistes qui offrent un regard différent sur nos régions. Aujourd’hui, direction St-Jean-de-Luz au Pays basque, à la rencontre du crew Moï Moï, fondateur du festival Baleapop, et bien plus encore...

Baleapop 6. Crédit photo : Flora Fettah

Baleapop 6. Crédit photo : Flora Fettah

On a rencontré le crew composé de Jeanne, Manon, Pierre, Victoire, Pierre, Arthur, Manu, Aboo, Idoia, Nahia, Peio, Ainhoa, Txomin et Marina pour une entrevue 100% Euskadi.

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Hello Moï Moï, on commence avec les basiques : comment s'est formé le collectif ?

On a fait nos armes durant l'adolescence, entre les soirées au Gaztetxe (Maison des Jeunes) sur lesquelles on a bossé. Lors de la Nuit des Nouveaux Arts Sacrés, on est venu en aide à Jeanne (c'était son projet de fin d'étude : organiser un festival dans l'Eglise Saint-Eustache de Paris), en étant bénevoles...  On était une dizaine de potes, cousins, frères, sœurs, ex...

On était des jeunes étudiants, musiciens, plasticiens en devenir, producteurs dans l'événementiel, DIY makers. On voulait faire des trucs d'abord, et surtout ensemble, comme la fête, de la musique, la fête, des expos, la fête, des bingos, la fête, des concours de danse, un festival...

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Mais tout seul, on ne valait pas grand chose. Alors pour ne pas attraper froid et se construire un toit, on s'est collés-serrés dans les grands bras de Moï Moï et on a créé une Association loi 1901. Nos parents étaient super fiers, du coup ils sont même devenus adhérents !

Moï Moï, pourquoi ce nom ?

On cherchait un nom, on avait tenté à la Dada, d'ouvrir le dictionnaire et de choisir un nom au hasard. Mais on n'est pas tous Dadaïstes et "ampoule" c'est un peu pourri comme blaze. Manon [DA du collectif Moï Moï] revenait de Finlande, elle l'a sans doute d'abord lâché comme une blague.

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Moï c'est le Salut finnois. Une fois pour dire bonjour, deux fois pour dire au revoir. Et se dire bonjour comme on se dit au revoir, c'est finalement une manière de ne jamais vraiment se séparer (notre côté kikoo/mucholove a adoré).

Votre coin préféré dans la région et pourquoi ?

On a un rapport particulier avec la baie de St-Jean-de-Luz. On a l'impression de l'avoir toujours en face de nous et on s'en lasse jamais. Mais la côte de Donosti à Bilbao, avec des villes comme Leikeito, Zarautz sont peut-être nos coins préférés. Ça reste toujours exceptionnel (et le mot est pesé).

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L'équipe du Baleapop au grand complet

L'équipe du Baleapop au grand complet

Il me semble que vous avez travaillé à Paris avant de revenir au Pays basque, votre région d'origine. Je crois connaître déjà la réponse, mais pourquoi ce choix ? 

Une grosse majorité des membres était sur Paris mais aussi dans d'autres villes européennes. Nous y avons rencontré des gens supers, découvert une effervescence artistique.  Mais on ne se retrouvait pas du tout dans la manière de célébrer la nuit et de valoriser les artistes (à noter que la nuit a plutôt changé en bien depuis 10 ans).

Petit à petit, du fait de l'âge, de l'usure du rythme des métropoles, le chemin inverse s'est fait, on est revenus "au pays", enrichi de ce que nous avions aimé et encore plus conscients de ce qui ne nous intéressait pas.

Et puis, on a commencé à penser sérieusement à notre bébé commun, Baleapop, et ça n'avait aucun sens de le faire ailleurs que chez nous. Si nous n'étions pas aussi attachés à nos origines, nous n'aurions jamais imaginé ce festival.

Décrivez-nous votre ville, et les lieux qu'on ne doit pas rater.

St-Jean-de-Luz est une petite ville bourgeoise en apparence. Sa surface semble aussi lisse qu'elle est belle. Pourtant, il suffit de creuser un peu et on peut y découvrir un pan underground !

Le lieu à ne pas rater, c'est évidemment le Gaztetxe. C'est une grande baraque autogérée par les jeunes de la ville. Depuis notre adolescence, on y passe les soirées/afters les plus folles, on y enregistre nos albums...

Et puis pour la minute tourisme, il faut bien sûr se balader dans ses rues, aller se baigner sur ses plages, goûter à sa gastronomie, regarder ses bateaux...

Comment travaillez-vous chez Moï Moï ?

Je ne sais pas vraiment si on travaille chez Moï Moï. La notion de dur labeur nous va super mal, même si c'est sûr qu'il faut une équipe au quotidien pour avancer. Cela fait deux ans qu'on essaie de se professionnaliser pour de vrai et on ne doit pas être si loin du but...

Pour la partie artistique, l'un d'entre nous arrive avec un projet (un album, une expo, un livre, un événement...), on en parle tous ensemble, et on essaie de le porter là où il se doit. Vu qu'on est plusieurs et très différents, nos sensibilités se retrouvent sur certains projets.

Chaque formation musicale est étroitement liée à un plasticien par exemple.
Sinon, on a bien sûr des objectifs à l'année, que l'équipe veille à développer et faire résonner.

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Baleopop 6. Crédit photo : Flora Fettah

Parlez-nous un peu de votre rapport à la langue basque aussi tiens...

La langue Basque, c'est super important pour nous. Enfin pas que la langue mais toute la culture qui en découle. On ne parle pas de piments, de bérets et d'Ossau Irraty, ça c'est du folklore. La culture basque est d'une richesse incroyable, il est essentiel pour nous, à notre niveau, de tout faire pour la défendre.

La majorité d'entre nous a appris le basque à l'école. Nous le parlons avec nos amis, familles et ceux qui ne le parlent pas vraiment sont quand même complètement imprégnés par elle.  Ce n'est pas du tout une langue morte, au contraire, elle fait vraiment partie de notre quotidien.

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Maintenant, on fait le bilan. Comment s'est passée cette édition 2015 de Baleapop ?

Surprenante. Elle ne ressemblait à rien de ce dont nous pouvions attendre. C'est qu'il a beaucoup plu ! Baleapop #6 ressemblait plus au festival de Dour qu'à Calvi, mais ça ne nous a pas déplu. Cette édition nous a montré que nos festivaliers et nos bénévoles étaient super fidèles et endurants ! Alors nous, on était (presque) aux anges de voir les gens rester et être en transe malgré (ou grâce) à la pluie. C'est réellement ce qui nous a porté, car il y avait de quoi baisser les bras de fatigue !

On est super fiers de nos équipes, car avec la pluie, et le monde, ce n'était pas facile à gérer. Notamment lorsque la pluie n'arrêtait pas de tomber, avec les coupures d'électricité qui ont suivi, la boue qui se propageait partout et le manque d'imperméables pour nos équipes. Mais Baleapop a gardé la tête au-dessus de l'eau.

Aujourd'hui, avec le bilan, on a dû se poser pleins de nouvelles questions et c'est hyper excitant !

Les choses que vous aimeriez développer/améliorer pour l'édition 2016.

La soirée dans la ville, c'est un truc qui nous a vraiment beaucoup plu. Faire sortir le festival hors les murs du parc et amener les festivaliers à découvrir le territoire, c'est vraiment un truc qui nous parle. Mais, notre format n'était pas encore bien rodé c'était notre première fois, l'année prochaine, on fera mieux.

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Baleapop 6

Comment voyez-vous le collectif dans 5 ans, vous avez d'autres projets que le festival ?

On aura quinze ans ! Ce sera génial, on sera en pleine adolescence et on fera pleins de conneries. Je pense sincèrement qu'on continuera à faire des projets ensemble et on sera de plus en plus nombreux. En 2005, on était dix, aujourd'hui, on est une bonne trentaine.

Plus précisément, on va monter une maison d'édition. Le premier ouvrage sortira cet hiver et on trouve ça super excitant, ça fait des années qu'on en rêve.

Et puis on va aussi développer Garden, notre espace de co-working. Dès cet hiver, nous y proposerons une belle programmation avec des expos et des concerts. On a toujours rêvé de ce lieu.

Quel est le meilleur moment de l'année selon vous pour venir faire un tour au Pays Basque ? 

Pendant Baleapop ! Et après pour nous aider à démonter.

Baleapop6-Mini_Balea-Bones&Glory

Mini Balea

Quelles sont vos influences artistiques ?

On est tellement différents que cette réponse serait sans fin.
Mais au niveau du festival, il y en a plusieurs sur qui on a toujours eu un oeil et qui sont des références.

Villette Sonique pour leur prog toujours aussi pointue, les Nuits Sonores qui même si c'est un gros festival, garde équipe à taille humaine, et le Festival Teriaki pour ses installations et lieux de lives incroyables.

Vos coups de coeur du moment ? Et la dernière grosse claque artistique que vous vous êtes prise ?

Là pour le coup, on va faire de l'autopromo mais Polygorn, un des groupes du collectif, est peut être en live l'une des plus belles machines à danser qu'on connaisse. On attend aussi beaucoup de Radiator (en garage) et d'Acid Fortwins (en techno).

Pour la dernière claque qu'on s'est prise, le mix de Young Marco pour la clôture du festival était juste incroyable. C'était une communion comme jamais et surtout le soleil a enfin pointé son nez !

D'autres collectifs à nous conseiller ?

On est très proche du collectif Iceberg de Bordeaux (Petit Fantôme, JC Satàn, Botibol, Crane Angels...), on les avait invité l'an passé pour une carte blanche. On se connaît depuis les débuts de Baleapop, on a un peu grandi ensemble.

Il y a aussi nos cousins d'Usopop, avec qui tout a commencé (Uso signifie la palombe dans la montagne, Balea, la baleine sur la côte). Ils organisent le plus beau des petits festivals au monde, perdu dans la montagne basque. La Souche Rock est une bande de passionnés qui se bougent depuis très longtemps pour proposer des concerts alternatifs sur Bayonne.

Enfin, Musique d'Apéritif, un collectif de DJ/selecta qui nous ressemble un peu par l'éclectisme de leurs membres (de l'électro au garage).

Deux mots pour décrire le Pays basque.

Euskal Herria, Super Ongi, ou "le Pays Basque c'est super bien".

Pour aller faire un saut dans le Sud-Ouest, découvrez que faire au Pays basque avec Voyages-sncf.com. Pour suivre les actualités de Moï Moï et Baleapop, c'est par ici : https://moimoirecords.bandcamp.com et http://www.baleapop.com et pour la suite de Greetings From, c'est par .

Par Greetings From, publié le 09/10/2015

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