AccueilPartners

Lucas Moura : "Quand les supporters se lèvent en me voyant dribbler, c'est incroyable"

Lucas Moura : "Quand les supporters se lèvent en me voyant dribbler, c'est incroyable"

Publié le

par adidas

lucas moura

Parfois vu comme un sprinteur fou, Lucas Moura est avant tout un joueur technique et créatif. Il nous a raconté comment il s'était construit au Brésil, et comment le football européen l'a fait progresser. 

On dit que tu es un joueur technique et, souvent, les joueurs techniques se sont formés un peu tout seul, dans leur rue, leur quartier, leur jardin, avec leurs potes. Est-ce ton cas ? 

Oui. Je pense qu'il n'y a pas d'explication, ça vient tout seul, c'est un cadeau de Dieu. Depuis que je suis petit, j'adore dribbler, je jouais au foot dans ma cuisine, je dribblais la table, la chaise... À six, sept ans, je jouais dans la rue, avec mon frère, mon cousin, mes amis...

L'autre jour, tu t'es rendu dans un complexe de five parisien. Tu jouais sur ce genre de terrain, au Brésil ? 

Au Brésil, c'était un peu différent, il n'y a pas de five comme ça, tout fait. C'était dehors, on jouait beaucoup dans la rue, on mettait des chaussures pour faire les buts.

Justement, est-ce que tu penses que sur des petits terrains, dans des petits espaces, on peut mieux exprimer sa technique ? 

Bien sûr. Comme ça, on peut s'entraîner beaucoup pour progresser techniquement ; il faut penser vite, parce que les espaces sont petits. Je jouais toujours avec des personnes plus grandes que moi, et comme ça j'ai progressé plus vite. Les enfants de mon âge ne voulaient pas jouer avec moi [rires] ! On habitait tous ensemble avec mon frère et mon cousin, qui sont plus âgés que moi. Mes amis aussi étaient plus grands, alors il n'y avait pas beaucoup d'enfants de mon âge.

Quel est le premier geste qui t'est venu ? 

Ça, c'est une question difficile. Dribbler ça vient tout seul, c'est naturel. Quand j'avais un ballon, c'est ce que je faisais.

Justement, que préfères-tu dans le foot ? Dribbler ou marquer ? 

Aujourd'hui, je veux marquer. Mais j'adore dribbler. Quand les supporters se lèvent en me voyant dribbler, c'est incroyable. Mais on sait que dans le foot aujourd'hui, ce n'est pas la peine de faire un dribble et ne pas marquer. Dans mon cœur, je préfère dribbler, mais il faut que j'apprenne à faire les deux.

À quel moment t'es-tu dit : "je serai joueur de foot professionnel, ce sera mon métier"

À 6 ans, je suis entré dans une école de foot. C'est là que je me suis dit que je voulais faire ça dans ma vie. Je ne pense qu'au foot, tout le temps : quand je dors, quand je me réveille... C'est comme ça depuis que je suis petit, c'est ma passion.

Tu as été formé au Brésil, mais tu peux voir aujourd'hui au PSG comment se passe la formation en France. En quoi les deux écoles, française et brésilienne, sont différentes ? 

C'est très différent. Ici, pas seulement pour la formation, mais aussi dans le foot en général, tout le monde demande beaucoup d'efficacité. Si tu es nul mais que tu fais une passe décisive ou que tu marques, c'est bon. Au Brésil, non. On regarde plutôt tout le match, ce que tu fais pendant 90 minutes. Même si tu ne marques pas, même si tu n'es pas décisif, on regarde toutes tes actions, la façon dont tu aides ton équipe. Pendant la formation, au Brésil, on regarde la technique, la façon de jouer.

À quel moment dans ta carrière tu t'es dit : "Ça y est, je suis footballeur"

Je pense que c'était quand j'ai intégré l'équipe professionnelle, à 17 ans, à São Paulo. Quand j'ai fait mon premier match en pro, je me suis dit "voilà, j'ai réussi". C'est difficile de s'en rendre compte, de réaliser. Mais quand tu sors, quand tu te balades pour faire du shopping, et que des gens qui te reconnaissent viennent te demander de faire une photo, tu te dis : "Voilà, je suis connu maintenant."

"En France, tu dois être beaucoup plus discipliné qu'au Brésil"

Comment s'est passée ton arrivée en France ? Au niveau du football, as-tu senti un gros changement ? 

Oui, mais pour moi la principale difficulté c'était en dehors du terrain, avec la culture qui est très différente. Mes amis, ma famille, tout ça me manquait. Sur le terrain, la partie tactique est très différente. Tu dois être beaucoup plus discipliné, tu dois beaucoup jouer sans ballon, avec le mouvement. Au Brésil, tu fais la différence avec la technique. Je pense que j'ai beaucoup progressé après être arrivé, sur l'aspect tactique.

Penses-tu vraiment pouvoir t'exprimer techniquement en Ligue 1 ? Est-ce que parfois tu as envie de dribbler, mais tu ne peux pas ?

Je dois savoir exactement à quel moment je peux dribbler, à quel moment je dois faire une passe, à quel moment je dois jouer simple. Parfois c'est difficile pour les joueurs qui ont comme caractéristique de beaucoup dribbler, mais j'ai beaucoup progressé là-dessus. Aujourd'hui, je sais mieux quand je dois dribbler ou faire une passe.

Dans le vestiaire, qui est le plus technique pour toi ?

[Il réfléchit] Pastore est très technique. Les contrôles du ballon, les passes, l'intelligence de jeu... Pastore, Verratti et Thiago Motta sont très forts pour ça, pour donner un ballon difficile quand tu as trois joueurs face à toi.

Y a-t-il des joueurs qui viennent te voir pour te demander de leur apprendre des choses ?

Oui, parfois ! Pas des joueurs parisiens, mais des gens qui me demandent de faire des freestyles.

Justement, le freestyle, tu te vois en faire ? 

Non ! C'est juste pour m'amuser, pour regarder aussi. Mais ils sont trop forts, je n'ai pas le niveau pour faire la même chose ! Je fais des petites choses mais pas autant qu'eux. J'en fais quand je suis tout seul, dans les vestiaires. Parfois je regarde des freestyles à la télé, j'essaye de faire pareil.

"Paris est la plus belle ville du monde"

Comment se passe ta vie à Paris maintenant ? 

Ça va beaucoup mieux qu'au début, je me sens très bien. J'adore Paris, c'est une très belle ville. J'adore me balader sur les Champs-Élysées, faire des photos, manger dans un bon restaurant, il y en a beaucoup ici. C'est vraiment un rêve d'habiter Paris. C'est la plus belle ville du monde ! Alors, pour moi qui vient d'une ville très modeste, très dangereuse, c'est un rêve d'habiter ici.

Où aimes-tu aller quand tu as du temps libre à Paris ? 

Le Trocadéro, la tour Eiffel, c'est mon quartier préféré ! Quand je suis arrivé, j'allais là-bas tout le temps, même tout seul. J'ai rencontré beaucoup de Brésiliens, je parlais avec eux. Quand je regarde la tour Eiffel, je me souviens de quand j'étais enfant et que j'en rêvais, c'est vraiment très spécial.

Tu es assez actif sur Instagram, qu'est-ce que cela t'apporte ?

J'aime bien, j'ai beaucoup de personnes qui me suivent, qui veulent savoir ce que je fais, comment je vais, beaucoup de fans brésiliens, des petits, des jeunes, qui me donnent beaucoup d'affection. C'est une motivation, tous ces messages qu'on m'envoie sur les réseaux sociaux.

Dernière question : pourquoi mets-tu des maillots de foot à ton chien ?

Parce qu'il est parisien, lui aussi [rires] ! Je dis toujours qu'il est comme un fils. J'adore les animaux, les chiens. Flash est très spécial pour moi, et un jour je me suis dit que si je lui mettais un maillot, ça lui irait bien. Et j'ai pris une photo !

Il m'a dit: Ici c'est Paris! #Flash #PSG

Une photo publiée par Lucas Moura (@lucasmoura7) le