Brand

On a rencontré Arty Farty, le crew des Nuits sonores à Lyon

Dans le cadre de la série “Greetings From” en collaboration avec SNCF INTERCITÉS et Voyages-sncf.com, nous partons à la rencontre de collectifs et artistes qui offrent un regard différent. Aujourd’hui, direction Lyon, à la rencontre de Pierre-Marie Oullion, coordinateur artistique, management et programmation du lieu culturel du Sucre, et membre évidemment ultra actif d'Arty Farty.

Nuit 4 Final Laurent Garnier

Nuits Sonores 2015 © Brice Robert

Comment est né Arty Farty ?

Publicité

Arty Farty est d'abord né de l'envie de trois filles de se rassembler autour d'un projet mêlant art contemporain et musique électronique. L'association s'est montée à Lyon en 1999. Elles ont par la suite rencontré Vincent Carry (aujourd'hui directeur de la structure), journaliste et grand monsieur de la techno dans les années 90. Puis d'autres personnalités se sont greffées et le projet n'a cessé de grandir.

On a monté le festival Nuits sonores en 2003. D'emblée, l'idée était de rassembler plusieurs mouvances : l'histoire des musiques électroniques et leurs liens avec l'art contemporain, mais aussi parler de l'histoire de la techno, mouvement qui a été appréhendé pendant longtemps par les services publics. L'idée était de ramener la techno dans la ville de Lyon, tout en faisant le lien avec toutes les innovations artistiques du 21eme siècle.

Pouvez-vous nous décrire Lyon ?

Publicité

Lyon est une ville très agréable, à échelle humaine. La qualité de vie est vraiment bonne. Et on y mange super bien ! Lyon s’inscrit depuis une dizaine d’années dans les flux européens et joue d'avantage la carte d’une métropole européenne, plutôt que de rester une simple grande ville de province.

Nuits Sonores 2015 -  Awesome Tapes From Africa © Brice Robert

Nuits Sonores 2015 - Awesome Tapes From Africa © Brice Robert

À quoi ressemble la structure de ce collectif ? Vous avez l'air d'être une grosse équipe.... 

Publicité

On est une très très grande famille, puisqu'on rassemble plusieurs structures. Aujourd'hui on peut vraiment parler d' "éco-système" Arty Farty. L'idée c'est d'être une véritable entreprise culturelle. Nous sommes à peu près 20 salariés en CDI, mais on a également créé d'autres structures autour du collectif : Culture Next qui gère le Sucre et qui réunit 21 salariés, et ABM qui est une boîte d'édition numérique.

On peut aussi compter sur les adhérents de l'association qui sont à peu près 500, bénévoles ou non sur le festival Nuits sonores, mais également tous prestataires intégrés pour la direction technique et la sécurité chaque année. On a créé cet éco-système pour défendre notre culture de manière exigeante, tout en créant des emplois, et en essayant d'adopter les schémas d'une vraie entreprise.

Pensez-vous avoir une empreinte importante sur la région ? 

Publicité

Oui. Le territoire fait partie des problématiques qui sont au cœur de notre travail. On pense le territoire comme lieu culturel, mais on réfléchit aussi à faire rayonner la scène lyonnaise et rhône-alpine hors-frontières. C'est la base culturelle de ce qu'on fait.

Pour les organisateurs, on a mis en place des dispositifs de professionnalisation, on encourage le développement des collectifs artistiques, et on essaye aussi de faire du management, avec des artistes tels que Spitzer, Palma ou encore Laurent Garnier.

Ça demande évidemment de suivre la géopolitique du territoire, c'est intéressant de travailler là dessus. Savoir quelle boîte est en train de changer d'activité par exemple. Une année, on a réussi à avoir l'Hôtel-Dieu. On était pile dans l'année d'interstice avant leurs grands travaux. C'était génial, parce qu'on a fait venir un public qui est parfois né dans cet hôpital !

L'idée c'est aussi d'amener un autre sens/regard sur ces lieux. C'est un vrai travail de fourmi, avec des partenariats politiques, et industriels.

Avez-vous un quartier de prédilection ?

Je dirais que la pointe de la Presqu'île, le quartier Confluence, a vraiment une forte empreinte sur l'histoire de notre collectif et des Nuits sonores. C'était un quartier en chantier depuis 10 ans, un quartier sur lequel on a beaucoup travaillé.

Le Sucre, c'est un peu le dernier endroit que vous avez créé, quelle est son histoire ?

On voulait mettre en place une dynamique hors Nuits sonores, tout au long de l'année. Ça faisait longtemps qu'on pensait à la création d'un lieu pour pouvoir présenter et développer les artistes locaux. On a réfléchi pendant plusieurs années à la reconversion de la Sucrière, qui était en chantier et utilisée pour la Biennale d'Art Contemporain. On a proposé de construire un club sur le toit.

Aujourd'hui c'est un peu notre laboratoire, à la fois une entreprise 100% auto-financée, mais aussi un terrain d'expérimentation artistique et d'entreprenariat. Il y a une partie club, une partie concert et même une partie sport. On veut imaginer la culture de manière assez large sur ce lieu.

Avez-vous des places de prédilection pour manger, boire un verre ou traîner ?  
Oui, ne loupez pas le Café du Rhône dans le 3ème, c'est l'un des plus vieux café de Lyon, dans lequel on mange bien et pour pas cher. Passez également boire un verre à la Poule au Pot. J'ai aussi un gros coup de coeur pour La Maison M, où l'on peut voir de bons concerts ou encore le Monkey Club pour ses cocktails. Enfin le Café Sillon si vous cherchez un resto plus gastronomique.
Le Sucre @ Gaétan Clément

Le Sucre @ Gaétan Clément

Où bougez-vous quand vous souhaitez-vous aérer la tête de Lyon ? 

Il y a pleins de chouettes coins à voir, vous êtes à 1h de la montagne, il y a de superbes endroits en Ardèche, en Haute-loire, et en Saône-et-Loire. Lyon est à un carrefour de nombreux territoires de caractère.

Parlons un peu de Nuits sonores au Maroc, pourquoi et comment?

C'est une histoire humaine avant-tout. Tout a commencé lorsque deux acteurs très importants de la vie culturelle lyonnaise sont partis s'installer à Tanger. C'est une ville qui a une histoire culturelle extrêmement riche. Lors d'une visite, on est tous tombés amoureux de cet endroit. On s'est dit « il faut faire quelques chose ici, il y a une énergie, une dynamique de dingue ».

L'idée était de créer un contre-point des Nuits Sonores, à l'orée de l'hiver, comme une petite sœur de notre festival à Lyon. La jeunesse marocaine est extraordinaire du point de vue de son énergie, les concerts là-bas sont complètement fous. Tanger sort aussi d'une logique festivalière occidentale. On ne voulait pas d'un truc "vacances Ibiza style", mais plutôt un projet proposé pour les jeunes de Tanger.

Aujourd'hui, cela nourrit vraiment les Nuits sonores à Lyon. Nous sommes en train de développer une scène méditerranéenne, on veut prendre des risques là-dessus. En terme de direction artistique, c'est très intéressant.

Pourriez-vous nous faire un bilan des Nuits sonores 2015 ? Version Lyon et Tanger ?

Le bilan est très bon pour nous cette année. Le retour très positif en terme d’affluence et le retour des publics traduisent à la fois un projet en bonne santé, bien dans son temps et qui conserve ses valeurs d’exigence artistique, d’exploration urbaine et d’événement international.

Tanger, c’est notre secret bien gardé et le succès de cette édition se situe dans la relation des artistes au public. On a à faire à un public qui en veut et qui est dans un dialogue très fort avec les artistes. Ce festival nous permet de nous ouvrir complètement sur le continent africain et c’est une source d’enrichissement exceptionnelle pour toute l’équipe.

Nuits Sonores 2015 © Brice Robert

Nuits Sonores 2015 © Brice Robert

Parlez-nous de la dernière grosse claque que vous vous êtes prise.

On s'en prend tous les jours ! Mais la dernière en date c’est Islam Chipsy à Tanger.
Les scènes du monde méditérranéen sont en train d’amener leur vision innovante des musiques indépendantes, et ça fait beaucoup de bien !

Vos coups de coeur du moment ? 

On pense à la scène Cassette avec Djk-set et Awesome Tapes From Africa. À Lyon, il y a Palma qui lance son label ce mois-ci mais aussi des labels qui commencent à bien s’exporter comme Macadam Mambo, Brother From Different Mothers, CLFT ou quelqu’un comme Patchworks (Bruno) qui sort son nouveau projet Voilaaa chez Favorite (une tuerie).

D'autres collectifs à nous conseiller ? 

Oui ! Plus Belle la Nuit qui défend une nuit sans barrières de genre et sans complexes. Ou encore Papa Maman, deux promoteurs qui font bouger la nuit. Mais aussi le collectif Grrrnd Zero, activistes indépendants depuis une bonne décennie au service de la musique sous toutes ses formes. On pourrait en citer encore beaucoup : Festival Mirage (Dolus & Dolus) dans le champ de la création numérique, ou encore Metiola qui accompagne des groupes des musiques dites de l’Atlantique Noire ».

Quel est le truc le plus insensé ou démesuré que vous aimeriez faire ? 
Faire un festival Nuits sonores à Sao Paulo. On aimerait beaucoup développer un festival de musique et fooding à New-York aussi.

Qu'est ce qui vous attend pour 2016 ?

Toujours plus d'évènements au Sucre, un projet avec Séoul en Corée Du sud, et surtout : Nuits sonores pour la 14ème édition !

Pour aller faire un saut dans la ville des lumières, découvrez que faire à Lyon avec Voyages-sncf.com.

Pour suivre les actualités d'Arty Farty et des Nuits Sonores, c’est par ici : http://arty-farty.eu/ et http://www.nuits-sonores.com/ et pour la suite de Greetings From, c’est par .

Par Greetings From, publié le 21/10/2015

Pour vous :