Rencontre avec son altesse L'Impératrice et son intrigant disco revisité

De retour de sa tournée de festivals estivaux, le groupe le plus mystérieux de la scène parisienne sera, le 11 septembre, pour l'évènement Ma Terrazza sur la scène du Flow et va (enfin) enregistrer son premier album. En route vers sa nouvelle odyssée, l'Impératrice se confie à Konbini. 

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© Laure Bernard

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Des Days Off de la Philharmonie de Paris à Calvi on the Rocks, les six membres de L’Impératrice - cinq garçons et une fille - sont allés répandre leur disco revisité à travers tout le pays. Perfusés à la musique et au cinéma des années 1960s-70s, les serviteurs de l’Impératrice ont bien plus fait bouger les têtes que ne le font leur son en studio. Une double approche volontaire de la musique totalement revendiquée par le groupe. 

De retour à Paris, lui, Hagni, Flore, Martin, Tom et David s’apprêtent ainsi à enregistrer leur premier album après trois EP - L’Impératrice, Sonates Pacifiques et Odyssée - très bien accueillis par le public. Il faut dire que depuis leur révélation sur Internet en 2012, le groupe s’est taillé une belle place sur la nouvelle scène parisienne, à grand coup d’harmoniques, de rythmes planants et d’univers suggérés et enivrants à l’image Agitations tropicales.

"La figure de L’Impératrice c’est un truc que tu peux analyser subjectivement. Nous, on essaie de traduire des émotions, beaucoup beaucoup d’émotions qu’on incarne par ce personnage de L'Impératrice et personne ne sait qui elle est, à part l’essence de ce qu’on est."

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01. L'Impératrice - ODYSSÉE _ crédit David Delruelle & Antoine Bigot

© David Delruelle et Antoine Bigot

Une grande Odyssée érotico-musicale à l’image de leur dernier EP qui, s’il n’est plus nouveau, n’en pas moins planant pour autant. Il suffit de lancer le track Agitations tropicales pour imaginer ce que peut donner un trip sur ces sons lancinants sous la chaleur caniculaire de l’été 2016. Mais pour Charles de Boisseguin, le leader du groupe, cette aventure est loin d’être une finalité.

"Les tournées c’est une petite odyssée et la grande odyssée, j’espère que ce sera la sortie de l’album mais aussi de tourner à l’étranger. En France c’est génial mais il y a deux ans, on a eu la chance de faire une série de dates en Inde et ça c’est un truc fort. D’aller dans un pays où tout est différent culturellement, où les gens ne te connaissent pas et n’ont jamais entendu ta musique, et d’essayer de les séduire de manière totalement nouvelle et honnête ?"

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L'album comme prochaine Odyssée

D’ici là, l’aventure prendra surtout la forme de l’enregistrement du premier album du groupe qui veut pouvoir s’exprimer plus librement et longuement pour déployer toutes ses armes. L’Impératrice s’est pour l’instant donné de quatre à six mois pour enregistrer en se donnant les moyens de leur ambition.

"Le souci avec le format EP c’est que c’est dur de s’exprimer pleinement parce qu’il faut montrer tout ce que tu sais faire en cinq morceaux. Bon je ne peux pas encore trop en dire, on est même pas entré en studio mais ce sera bien plus musical et vocal que ce qu’on a fait jusqu’à maintenant."

Et si Charles ne lâche pas d’infos sur le contenu du futur album c’est que le mystère fait partie intégrante de l’ADN de L’Impératrice. Le seul nom du groupe évoque à lui seul une histoire, un personnage dont personne ne connaît les tenants et les aboutissants. Assez pour intriguer tous les journalistes musique de France.

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© Mélanie Bordas Aubiès

L'Impératrice, une identité exigeante

Et à en croire Charles, L’Impératrice est pourtant bien plus qu’un concept marketing pour faire parler les curieux. Au contraire même.

"Quand j’ai commencé à faire de la musique, j’ai ressenti ce truc, un sentiment un peu indomptable, très fort et finalement assez féminin. J’ai trouvé que ça collait assez bien à ce projet, comme une ligne de conduite, un fil rouge qui nous aide à rester ce qu’on est. Parce que tu t’éparpilles très facilement quand tu fais de la musique."

Cette volonté farouche de maintenir leur identité musicale n’empêche toutefois pas le groupe d’évoluer. Notamment en accueillant Flore et sa voix pour le dernier EP et désormais de manière permanente. Un apport fondamental tant sur le plan humain que créatif. En tout cas, après vérification de nos équipes, ce n’est pas elle L’Impératrice.

"Flore identifie plus le projet grâce à sa voix très particulière. Cela dit, on s’en sert plus comme d’un instrument, avec ses harmonies, sa tessiture. Grâce à elle on peut enrichir l’instrumental sans rien en perdre. Et puis ça nous a apporté une nouvelle manière de composer, en pensant des lignes de chant, des paroles avant de créer une instru autour. Et puis une fille dans un groupe de cinq mecs ça apporte forcément de la douceur."

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© Jérémy Toix

Douceur et sensualité

Et de la douceur, il y en a dans l’imaginaire du groupe. Du clip au double sens ultra sexualisé d’ Agitations Tropicales à l’hommage à l’univers de Wes Anderson - quand même bien chaud - de Vanille Fraise, une forme de sérénité enfantine se dégage. Un confort, une tranquillité apaisante qui donne envie de se laisser porter en se rappelant la saveur sucrée de nos tendres années. Mais pour Charles, ce n’était pas mieux avant pour autant.

"Ce qui était beau avant c’est que des mecs créaient des vraies tendances musicales, ce qu’on a moins tendance à faire. Mais y’a eu tellement de choses faites avant nous que c’est un écrin, une bibliothèque dans laquelle on prend plein de chose. Je ne dis pas que plus personne ne crée aujourd’hui mais tout le monde revisite plein de choses et chacun avec sa propre sensibilité donc ça peut avoir l’air moins nouveau. On essaie de rester fidèle à ce qu’on aime et qu’on a toujours écouté, de la musique de film, du hip hop, du disco, du funk mais en repensant tout ça. Et notre manière de faire tout ça fait qu’on est ce qu’on est et qu’on est L’Impératrice."

L’Impératrice revendique donc une approche plus pop de la musique plutôt qu’un délire ultra pointue qui perde les gens comme il en existe beaucoup sur la scène parisienne. Et c’est peut-être finalement ça qui donne son titre à L’Impératrice : elle prend soin des oreilles et des âmes de ses sujets.

02. L'Impératrice _ photo Flavien Prioreau

© Flavien Prioreau

Dans cette logique, Son Altesse Impériale se produira au festival Ma Terrazza qui se tient du 8 au 11 septembre au Flow sur le Port des Invalides. Ses sujets pourront s’y délasser sur le rooftop ou sur la plage éphémère, bercés par les meilleurs sons de cette fin d’été. 

Ma Terrazza // Entrée libre dans la limites des places disponibles

Le Flow, 4 Port des Invalides, 75007 Paris.

 

LINE UP ▬▬▬▬▬▬▬▬

 

Jeudi 08 Septembre :

DÉLICIEUSE MUSIQUE (DJ SET)

LA FEMME (LIVE)

IZZY BIZU (LIVE)

FOLAMOUR (DJ SET)

 

Vendredi 09 Septembre (à partir de 19h) :

ASTRE (DJ SET) / Fubiz

KLINGANDE (LIVE-DJ SET)

PYRAMID (DJ SET)/ Fubiz

 

Samedi 10 Septembre (à partir de 19h)

ANTIS (DJ SET)

MANIGANCE (DJ SET) / Ed Banger

BREAKBOT (DJ SET) / Ed Banger

 

Dimanche 11 Septembre (à partir de 15h) :

ELIAS (DJ SET) / Wad Magazine

L’IMPERATRICE (LIVE)

 

 

Par Ma Terrazza, publié le 06/09/2016

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