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Earvin Ngapeth : "Quand je suis seul à la maison, c'est du rap français qui tourne"

Qu'il soit sur un terrain de volley ou à écrire des textes de rap, Earvin Ngapeth invente, réinvente et crée. Ce dernier a raconté à Konbini sa musique, ses années de foot à Saint-Raphaël, sa nouvelle vie italienne et même ses petits surnoms.

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Le football avait Éric Cantona, le handball Jackson Richardson et depuis quelques années, le volleyball a Earvin Ngapeth. Âgé d'à peine 25 ans, il a déjà été sélectionné à 166 reprises en équipe de France. Avec cette dernière, il a remporté le championnat d'Europe et la Ligue mondiale en 2015 — et, accessoirement, le titre de "Most Valuable Player". Le réceptionneur-attaquant de Casa Modena est plus qu'un simple joueur : c'est un créateur. De fait, l'univers d'Earvin Ngapeth s'étend bien au-delà du volleyball.

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Tu es réputé pour être l'un des joueurs les plus créatifs du volley mondial. Tu es aussi un grand amateur de rap, au point d'écrire tes propres morceaux. Le rap, ça t'aide dans ta vie de sportif ?

J'en fais beaucoup plus à l'étranger que lorsque je suis en France, parce qu'à l'étranger je n'ai rien à faire [rires] ! Quand je suis à la maison, à part le sport et ma petite famille, je reste tranquille. Dès que j'ai un jour de repos, je peux écrire, rentrer en studio ou enregistrer dix sons d'affilée si l'occasion se présente.

Quels sont tes derniers coups de cœur ? Quels artistes ? Et d'où te vient cette passion du rap ?

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En ce moment, j'écoute le dernier album de Nino, et aussi Sofiane et Rohff [il prend son téléphone]. Je vais te dire direct : Kalash Criminel, Dosseh... Voilà, que du français. J'ai grandi dans un endroit où on écoutait que du rap français et c'est bizarre à dire, mais je n'aime moins le rap américain. En boîte, s'il y a du rap américain, ça va me faire bouger mais quand je suis tout seul à la maison, c'est que du rap français qui tourne.

Le rap, c'est une passion de la musique avant tout. Mon père n'écoutait pas de rap à la maison. C'était de la musique du pays [le Cameroun, ndlr], beaucoup de kompa ou de bikoutsi. Ma mère, rien à voir puisqu'elle écoutait Alain Souchon, Charles Aznavour ou Axelle Red. Je crois qu'avec mes potes, on a plus commencé à faire du rap qu'à en écouter. Un grand de chez nous organisait souvent des scènes avec, à la fin, des open mic. C'est parti comme ça.

Tu as signé un album de rap, Klimatizason, sous le pseudo Klima. Pourquoi ce pseudonyme ? As-tu d'autres surnoms à part Klima ?

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Oh, c'est à l'ancienne, ça fait sept ans qu'il est sorti cet album ! C'est le premier truc officiel que j'ai sorti sur Internet, je devais avoir 16 ou 17 ans. Aujourd'hui, c'est inaudible [rires] ! Klima, ce sont mes potes qui m'ont surnommé comme ça parce qu'ils disaient que j'avais un problème avec le climat. J'étais né à Fréjus, j'arrivais à Poitiers... Laisse tomber ! Je me plaignais tout le temps. Pour les surnoms, il y a Pepeth parce que c'est le surnom de mon père, donc tous les gens du volley m'appelent Pepeth. Vivin, ça c'est ma mère, la famille. Et Nga, c'est pour les potes.

Tu es joueur de volley mais tu es également un “omnivore” de sport. Quels autres sports aimes-tu ?

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Que je kiffe regarder ou pratiquer ? Ceux que je préfère pratiquer, c'est le foot et le basket, parce que ce sont ceux que j'ai pratiqués avant de me mettre au volley. Mon père est Camerounais donc le foot, c'est la religion là-bas. Il m'a appelé Earvin en hommage à Magic Johnson. On avait 15 000 cassettes des Lakers que je devais me taper même si j'avais pas envie de les regarder [rires] ! En revanche je n'en regarde pas trop à la télé, parce que j'y ai probablement trop joué. Mais je ne suis jamais contre un petit match au stade.

D'ailleurs, tu as joué au foot avec Layvin Kurzawa (international français de football et joueur du PSG) en club à Saint-Raphaël, c'est ça ?

Ouais, ça remonte à longtemps, on était tout petits. Enfin, moi j'étais déjà grand, mais lui était tout petit [rires] ! Moi, je jouais à gauche, lui à droite en attaque. Mais je peux te dire qu'il était déjà au-dessus.

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Un ami t'a surnommé le Diego Maradona du volley, tu portes le numéro 9 dans ton club du Casa Modena et tu utilises souvent le pied en match. Franchement, si tu devais choisir, quel footballeur serais-tu ?

J'aurais envie de te dire Samuel Eto'o par rapport au Cameroun, mais honnêtement, parfois, il en fait un tout petit peu trop. Bon allez, Eto'o pour le Cameroun et Zizou pour la France, parce qu'il nous fait rêver depuis qu'on est gosse. Et si je devais choisir un footballeur actuel, je dirais Pogba parce qu'il amène à cette nouvelle génération de footballeurs des choses qu'elle n'aurait pas osé se permettre auparavant. Les petits pas de danse, le style capillaire... Et puis ça a l'air d'être un mec qui a la tête sur les épaules. Les gens peuvent prendre ça pour de l'arrogance, je ne le connais ni d'Ève ni d'Adam, mais j'ai l'impression que ça n'est pas ça. Il vit juste sa life.

Ça fait plusieurs années que tu évolues en Italie, d'abord au Piemonte Volley et maintenant à Modène. Tu peux nous raconter un peu comment tu t'y sens ?

Franchement, je kiffe. Je suis bien et je sais ce que c'est d'être bien, je suis allé jouer en Russie. Même en Sibérie [au Kouzbass Kemerovo en 2013, ndlr] ! Je ne peux pas me plaindre : la ville est belle et vit pour le club, Casa Modena est une institution historique du volley européen, mon petit et ma compagne sont bien intégrés là-bas. C'est une chance. C'est comme Poitiers : pas trop grand, pas trop petit, tout le monde se connait.

Si tu devais faire un choix ?

Ah, c'est Poitiers ! Tous les copains sont là-bas [sourire]. Mais je me sens à Modène comme à la maison.

Par adidas, publié le 10/11/2016

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